5 novembre : la CGT lance un appel historique pour des hausses de salaires et la fin de la précarité

Par Aporie 02/11/2026 à 10:30
5 novembre : la CGT lance un appel historique pour des hausses de salaires et la fin de la précarité

La CGT appelle à une mobilisation massive le 5 novembre pour exiger des hausses de salaires immédiates et la fin de l’austérité. Une journée historique en vue contre la politique économique du gouvernement Lecornu II.

Une mobilisation historique annoncée pour le 5 novembre

Alors que le pays fait face à une crise économique et sociale sans précédent, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a appelé à une mobilisation massive ce jeudi 5 novembre. Dans un entretien télévisé ce lundi 2 novembre, elle a réaffirmé les revendications portées par l’intersyndicale : des augmentations immédiates des salaires, une revalorisation du SMIC de 10 %, ainsi qu’une réforme profonde des services publics et des conditions de travail. Une journée de grève et de manifestations s’annonce comme un tournant dans le rapport de force entre les travailleurs et le gouvernement Lecornu II.

Les syndicats ne se contentent plus de dénoncer les politiques économiques d’Emmanuel Macron, désormais perçues comme un succession d’échecs aux conséquences dramatiques. « Le gouvernement a déversé des milliards sur les multinationales et les milliardaires, mais il a appauvri les travailleurs et les travailleuses », a déclaré Sophie Binet lors de son intervention. Selon elle, la situation est d’autant plus critique que le PIB français a reculé au troisième trimestre 2026, signe d’une économie en récession. Pourtant, les solutions existent : « Augmenter les salaires, c’est relancer l’économie », martèle-t-elle, citant en exemple l’Espagne, où une politique de hausse des revenus des ménages a permis une croissance robuste tout en réduisant la dette.

Une jeunesse en première ligne contre les réformes Macron

Les étudiants et les lycéens, particulièrement touchés par les mesures gouvernementales, ont déjà commencé à se mobiliser. Depuis plusieurs jours, des blocages de lycées et d’universités ont eu lieu à Paris, Lille et Toulouse, tandis que le gouvernement tente de calmer le jeu en annonçant des ajustements sur Parcoursup. Pourtant, ces annonces sont jugées insuffisantes et trop tardives par les syndicats et les associations étudiantes. « Repousser la fin de Parcoursup à 2028, alors que ce gouvernement ne sera plus en place, n’est pas une solution crédible », a souligné Sophie Binet. Les jeunes demandent une fin immédiate de la sélection à l’entrée de l’université et des garanties sur le financement des établissements.

Cette mobilisation étudiante s’inscrit dans un mouvement plus large, où la colère contre les inégalités sociales et la précarité prend une ampleur inédite. Les syndicats, qui appellent à une convergence des luttes, espèrent attirer dans la rue non seulement les salariés du privé, mais aussi les fonctionnaires, les retraités et les précaires. « Le 5 novembre doit être une grande journée de convergence », a insisté la dirigeante de la CGT, rappelant que les dernières mobilisations massives, comme celle contre la réforme des retraites en 2023, avaient rassemblé plus de 2 millions de manifestants selon les syndicats.

SMIC à 10 % : une mesure « indispensable » selon la CGT

Au cœur des revendications figure la hausse immédiate du SMIC de 10 %. Sophie Binet a balayé les arguments du gouvernement et du patronat, qui brandissent la menace d’une perte de 250 000 emplois en cas de revalorisation salariale. « Les licenciements s’enchaînent déjà, et notre pays est en récession. Le problème n’est pas les salaires, mais la politique économique qui sacrifie les travailleurs au profit des actionnaires », a-t-elle rétorqué. Pour étayer ses propos, elle a rappelé que la Consommation des ménages, moteur de la croissance française, est en berne, car les citoyens n’ont plus les moyens de consommer suffisamment.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les dernières estimations, plus de 60 % des Français déclarent avoir du mal à joindre les deux bouts, tandis que l’inflation continue de rogner leur pouvoir d’achat. Les syndicats dénoncent une politique de l’offre qui, depuis des années, favorise les grandes entreprises et les ultra-riches, au détriment des classes moyennes et populaires. « Il faut changer de cap et passer à une politique de la demande », a plaidé Sophie Binet, citant l’exemple de l’Espagne, où la croissance a été dopée par une hausse des salaires et une relance de la consommation.

Un parcours de manifestation contesté à Paris

Alors que les syndicats préparent les cortèges pour le 5 novembre, la préfecture de police a semé la confusion en refusant d’homologuer le parcours traditionnel entre la place de la Bastille et la place de la Concorde. « Ce n’est pas sérieux de travailler dans ces conditions », a dénoncé Sophie Binet, soulignant que cette première interdiction de manifester dans les centres-villes est un signe inquiétant de restriction des libertés. « Une manifestation doit pouvoir se voir et être visible. On ne va pas se cacher en allant manifester sur le périphérique ! » a-t-elle lancé, rappelant que les revendications pour le 5 novembre sont exigeantes et légitimes.

Cette décision de la préfecture s’inscrit dans une stratégie plus large de répression des mouvements sociaux, selon plusieurs observateurs. En effet, depuis le début du quinquennat Macron, les autorités ont multiplié les restrictions sur les rassemblements, les dispersions préventives et les contrôles au faciès. Les syndicats dénoncent une atteinte à la démocratie, tandis que les associations de défense des droits humains alertent sur une montée des violences policières lors des manifestations.

Un budget 2027 jugé « catastrophique » par les syndicats

En plus des revendications salariales, la CGT et ses partenaires appellent à une révision en profondeur du projet de budget du gouvernement. Sophie Binet a qualifiait le texte de « catastrophique pour le pays », soulignant que les mesures prévues ne font que creuser les inégalités et affaiblir les services publics. « Le gouvernement continue de couper dans les dépenses sociales, tout en accordant des avantages fiscaux aux grandes entreprises. C’est une logique insoutenable », a-t-elle déclaré.

Parmi les mesures les plus contestées figurent la baisse des dotations aux collectivités locales, qui menace l’équilibre des budgets municipaux, et la réduction des crédits alloués à l’éducation et à la santé. Les syndicats craignent que ces choix budgétaires n’aggravent encore la crise des services publics, déjà mise à mal par des années d’austérité. « Nous ne voulons pas d’un budget qui sacrifie les plus fragiles au nom de la rigueur budgétaire », a martelé Sophie Binet.

Une semaine sociale chargée avant le 5 novembre

La journée du 5 novembre s’inscrit dans une semaine sociale intense, marquée par des mobilisations déjà en cours. Les étudiants et les lycéens, en première ligne, ont multiplié les actions de protestation, tandis que les syndicats préparent activement la grève générale. À Paris, comme dans de nombreuses villes de France, des assemblées générales sont organisées dans les entreprises pour mobiliser les salariés autour des revendications communes : hausse des salaires, défense des services publics et justice sociale.

Les observateurs s’interrogent cependant sur l’ampleur réelle de la mobilisation. Si les indicateurs syndicaux sont au vert, certains craignent que la lassitude des Français, après des années de mouvements sociaux, ne limite la portée de cette journée. Pourtant, Sophie Binet reste confiante : « Les salariés sont prêts à se battre. Ils n’ont plus le choix. »

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de désamorcer la crise en multipliant les annonces, les syndicats maintiennent la pression. Le 5 novembre pourrait bien devenir un moment charnière dans la lutte pour une société plus juste, où le travail ne serait plus une variable d’ajustement, mais une priorité.

Un appel à l’unité des forces progressistes

Face à la montée des inégalités et à l’affaiblissement des protections sociales, la CGT mise sur une alliance inédite entre les différents secteurs de la société. « Nous voulons une convergence des luttes », a répété Sophie Binet, soulignant que les revendications des salariés du privé, des fonctionnaires, des retraités et des jeunes sont liées. « Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons faire plier le gouvernement. »

Cette stratégie d’unité rappelle celle qui avait permis la mobilisation massive contre la réforme des retraites en 2023. Pourtant, cette fois, les enjeux sont encore plus larges : il s’agit non seulement de protéger les acquis sociaux, mais aussi de construire un nouveau modèle économique, fondé sur la justice sociale et la durabilité. « Nous ne voulons plus d’une économie qui enrichit une minorité au détriment de la majorité », a conclu Sophie Binet.

Alors que la date du 5 novembre approche, la question reste entière : les Français répondront-ils massivement à l’appel des syndicats ? Une chose est sûre : la pression sur le gouvernement ne fera que s’intensifier dans les semaines à venir.

L’économie française en chute libre : un cercle vicieux à briser

Les chiffres sont accablants. Selon les dernières estimations de l’INSEE, le PIB français a reculé de 0,3 % au troisième trimestre 2026, plongeant le pays dans une récession technique. Cette situation, couplée à une inflation persistante et à un chômage en hausse, illustre l’échec des politiques économiques menées depuis plusieurs années. Pourtant, les solutions existent : comme l’a rappelé Sophie Binet, des pays comme l’Espagne ou le Portugal ont réussi à relancer leur économie en augmentant les salaires et en soutenant la consommation.

Le problème, selon les syndicats, réside dans la politique de l’offre prônée par l’exécutif, qui consiste à réduire les impôts des entreprises et des plus aisés dans l’espoir de stimuler l’investissement. Pourtant, les résultats sont sans appel : les très grandes entreprises françaises ont enregistré des bénéfices records ces dernières années, tandis que les salaires stagnent et que le pouvoir d’achat s’effondre. « On nous dit que la croissance viendra des entreprises, mais comment ces dernières peuvent-elles prospérer si les ménages n’ont plus les moyens de consommer ? » s’interroge Sophie Binet.

Cette logique économique, inspirée des théories libérales, a été largement critiquée par les économistes keynésiens, qui prônent au contraire une politique de la demande. En augmentant les salaires et en soutenant les ménages, l’État pourrait relancer la consommation, donc la production, et in fine la croissance. « C’est un cercle vertueux », explique un économiste proche de la CGT. « Mais il faut oser le briser, car cela implique de remettre en cause les privilèges des plus riches. »

Face à cette situation, les syndicats appellent à une mobilisation sans précédent. Le 5 novembre pourrait bien être le premier pas vers une nouvelle ère économique, où le travail ne serait plus un fardeau, mais une source de dignité et de prospérité partagée.

Les services publics au bord de l’implosion

La crise économique ne touche pas seulement les ménages, mais aussi les services publics, déjà fragilisés par des années d’austérité. Les hôpitaux, les écoles et les transports sont en première ligne, victimes de budgets en baisse et de pénuries de personnel. Les syndicats dénoncent une politique de démantèlement pur et simple des services essentiels, au nom de la maîtrise des dépenses.

« Le gouvernement nous parle de rigueur, mais c’est une rigueur punitive », a dénoncé Sophie Binet. « On nous dit que les services publics coûtent trop cher, alors qu’ils sont la colonne vertébrale de notre société. » Les exemples sont légion : des services d’urgence saturés dans les hôpitaux, des classes surchargées dans les écoles, des retards et suppressions de trains dans les transports. Les fonctionnaires, déjà sous-payés, sont en première ligne pour subir les conséquences de ces coupes budgétaires.

Pourtant, les syndicats rappellent que les services publics sont un levier de croissance. Un système de santé performant, une éducation de qualité et des transports efficaces sont des investissements, pas des coûts. « Si nous voulons une économie dynamique, il faut commencer par investir dans les infrastructures sociales », plaide Sophie Binet.

La mobilisation du 5 novembre sera aussi l’occasion de rappeler au gouvernement que les services publics ne sont pas négociables. Les syndicats appellent à une grève massive des fonctionnaires, qui pourrait paralyser de nombreux secteurs clés : éducation, santé, administration. « Nous ne laisserons pas le gouvernement sacrifier nos services publics sur l’autel de la rigueur budgétaire », a prévenu Sophie Binet.

Alors que la France s’enfonce dans la crise, une question se pose : un changement de cap est-il encore possible ? Les syndicats en sont convaincus. Le 5 novembre pourrait bien être le jour où les Français diront « assez » à une politique économique qui n’a que trop duré.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (4)

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Ophélie

il y a 5 minutes

ptdr la même rengaine depuis 30 ans… On va encore faire semblant de manifester, les médias vont nous traiter de casseurs, et à la fin y’aura rien. Ou alors juste une hausse symbolique de 2% qui servira à rien pcq l’inflation est à 5%…

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WaveMaker

il y a 33 minutes

Les salaires qui stagnent et les prix qui explosent. Comme d'hab. Et après on nous parle de pouvoir d'achat…

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EdgeWalker

il y a 1 heure

Nooooon mais c’est pas possible ça !!! Les patrons vont encore nous prendre pour des poupées gonflables… On est en 2024 ou en 1945 ??? Mdrrrrrr

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Nolwenn de Nivernais

il y a 58 minutes

Cette mobilisation de la CGT tombe à pic vu l’inflation qui grignote le pouvoir d’achat depuis 2 ans (+5,2% en moyenne selon l’INSEE). Le problème, c’est que le gouvernement répond toujours par des promesses creuses. On a déjà vu ça en 2018 avec les Gilets jaunes… Bref, c’est du théâtre.

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