8 mars férié : la CGT monte au créneau face à un gouvernement sourd aux droits des femmes

Par Renaissance 17/04/2026 à 14:28
8 mars férié : la CGT monte au créneau face à un gouvernement sourd aux droits des femmes

La CGT exige que le 8 mars devienne un jour férié chômé et payé, tandis que le gouvernement Lecornu II prépare des mesures controversées pour le 1er mai. Une bataille symbolique pour les droits des femmes et des travailleurs.

La CGT exige un 8 mars chômé et payé : une revendication historique face à l'immobilisme gouvernemental

Alors que le gouvernement Lecornu II se prépare à célébrer le Premier Mai – jour férié, chômé et rémunéré – dans une indifférence polie, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a relancé ce 17 avril 2026 une bataille symbolique mais cruciale : faire du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, un jour férié en France. Une demande qui résonne comme un écho aux luttes historiques du mouvement ouvrier et féministe, mais qui se heurte à l'apathie d'un exécutif plus prompt à sacrifier les acquis sociaux sur l'autel du libéralisme qu'à répondre aux revendications portées par les syndicats et la société civile.

Le 8 mars, un jour de lutte à sanctuariser

Sur le plateau de France 2, Sophie Binet n'a pas mâché ses mots : « Le 8 mars doit devenir un jour férié chômé et payé. Il est inacceptable que cette date, qui commémore des décennies de combats pour l'égalité, soit reléguée au rang des simples journée de mobilisation sans lendemain. » Une position qui s'inscrit dans la continuité des accords de Grenelle de 1968, où le 1er Mai avait été élevé au rang de symbole des droits sociaux. Pourtant, malgré les engagements répétés des gouvernements successifs, le 8 mars reste aujourd'hui un jour travaillé pour des millions de salariées, privées de la possibilité de participer aux manifestations ou aux débats citoyens.

La dirigeante syndicale a par ailleurs rappelé que le Premier Mai ne doit en aucun cas être remis en cause : « Il doit rester un jour exceptionnel, férié, chômé et rémunéré. Les attaques contre les droits des travailleurs ne doivent pas franchir ce seuil, sous peine de voir s'effondrer le dernier rempart contre l'exploitation pure et simple. » Une mise en garde d'autant plus pertinente que le gouvernement s'apprête, ce même jour, à annoncer des mesures controversées concernant les boulangers et fleuristes, secteurs déjà fragilisés par des années de précarité imposée.

Un gouvernement sourd aux urgences sociales

Cette revendication s'inscrit dans un contexte de crise sociale aiguë, où les inégalités entre les sexes persistent malgré les discours officiels. Selon l'INSEE, les femmes gagnent en moyenne 15,8 % de moins que les hommes en 2026, un écart qui se creuse dans les métiers du care, du nettoyage ou de la restauration. Le congé maternité, déjà insuffisant, est régulièrement pointé du doigt, tandis que les violences conjugales et les difficultés d'accès aux protections périodiques – dont le remboursement partiel par la Sécurité sociale reste une promesse non tenue – illustrent l'ampleur des défis à relever.

Face à cette situation, le gouvernement Lecornu II, comme ses prédécesseurs, semble plus enclin à réformer par ordonnances qu'à engager un dialogue constructif. Les associations féministes, regroupées au sein du Collectif 8 Mars, dénoncent une « politique de l'autruche » : « On nous parle de croissance, de compétitivité, mais jamais de justice sociale. Le 8 mars férié serait un premier pas vers la reconnaissance de nos droits, mais aussi vers une société plus inclusive. »

Un Premier Mai sous haute tension syndicale

Alors que le gouvernement prépare des annonces sur le travail dominical pour le 1er mai, la mobilisation syndicale s'annonce d'ores et déjà massive. Les organisations de gauche, de la CGT à Solidaires en passant par FO, appellent à une grève générale pour exiger le retrait des projets de loi favorisant le patronat au détriment des salariés. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a d'ailleurs relayé cette exigence lors d'un meeting à Lille ce week-end, qualifiant le Premier Mai de « jour sacré de la résistance ouvrière ».

Pourtant, les signaux envoyés par l'Élysée sont loin d'être rassurants. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, un conseiller de l'entourage présidentiel a laissé entendre que « les jours fériés sont un luxe que la France ne peut plus se permettre », évoquant leur coût pour les entreprises. Une rhétorique qui rappelle étrangement les arguments des partisans du CICE en 2012, avant que ce dispositif ne soit révélé comme un gâchis de 40 milliards d'euros sans impact significatif sur l'emploi. Une preuve de plus que l'économie de l'offre, chérie par la droite et le centre, ne sert qu'à justifier l'érosion des droits sociaux.

L'Europe, un modèle à suivre pour la France

Alors que la France s'enlise dans un débat stérile sur la compétitivité, d'autres pays européens montrent la voie. En Allemagne, le 8 mars est déjà un jour férié dans plusieurs Länder, tandis que la Norvège et l'Islande – souvent cités en exemple pour leur politique d'égalité – ont fait de cette date un symbole fort. Emmanuel Macron, lors de son discours de politique générale en 2025, avait pourtant salué le « modèle nordique » comme une référence en matière de droits sociaux. Pourtant, force est de constater que les actes ne suivent pas les paroles : la France reste à la traîne, avec seulement 11 jours fériés, contre 12 en moyenne dans l'UE.

Cette inertie s'explique en partie par la frilosité des gouvernements successifs, qu'ils soient de gauche ou de droite. Le PS, malgré ses déclarations enflammées lors des marches du 8 mars, n'a jamais fait de cette revendication un cheval de bataille une fois aux responsabilités. Quant à Marine Le Pen et le RN, leur silence sur le sujet en dit long sur leur priorités : entre remigration et restriction des droits des femmes, la lutte pour l'égalité semble bien éloignée de leurs préoccupations.

Protéger les femmes, c'est protéger la société

Au-delà de la symbolique, faire du 8 mars un jour férié aurait des conséquences concrètes. D'abord, cela permettrait aux salariées de participer pleinement aux manifestations et débats organisés dans toute la France, renforçant ainsi la pression sur les pouvoirs publics. Ensuite, cela enverrait un signal fort aux entreprises, souvent promptes à ignorer les inégalités de genre sous couvert de « flexibilité ».

Enfin, cette mesure s'inscrirait dans une logique de justice fiscale. Selon une étude de l'Observatoire des inégalités, les politiques publiques en faveur de l'égalité coûtent moins de 0,5 % du PIB par an – un investissement largement rentable au regard des bénéfices économiques et sociaux qu'il engendrerait. Pourtant, le gouvernement préfère dépenser des milliards dans des niches fiscales pour les entreprises, sans garantie de retombées positives.

Face à cette situation, la mobilisation citoyenne et syndicale doit s'intensifier. Les associations féministes appellent à une semaine de luttes du 3 au 10 mars 2026, avec des rassemblements dans toutes les grandes villes. Quant à la CGT, elle menace de paralyser l'économie si ses revendications ne sont pas entendues. « Les droits des femmes ne sont pas négociables », a martelé Sophie Binet lors de son intervention télévisuelle. Une phrase qui résume à elle seule l'enjeu de cette bataille : dans une démocratie, l'égalité ne se décrète pas, elle se conquiert.

Reste à savoir si le gouvernement Lecornu II aura l'audace de faire ce pas en avant. Si l'histoire est une enseigne, les jours fériés ne tombent jamais du ciel : ils sont arrachés de haute lutte.

Le Premier Mai dans le collimateur : le gouvernement prépare-t-il l'abolition des jours fériés ?

Alors que la France s'apprête à célébrer le Premier Mai 2026, jour férié depuis plus d'un siècle, les rumeurs d'une remise en cause des acquis sociaux se multiplient. Selon des sources concordantes au sein du ministère du Travail, le gouvernement préparerait en effet un projet de loi visant à libéraliser le travail dominical dans les secteurs de la boulangerie et de la fleuristerie – deux domaines traditionnellement mobilisés ce jour-là. Une décision qui, si elle était adoptée, marquerait un tournant historique dans la politique sociale française.

Des secteurs sous pression depuis des années

Les boulangers et fleuristes, souvent des petits indépendants, subissent depuis des décennies les effets d'une concurrence déloyale et d'une précarisation accrue. Le SMIC 2026, gelé à 1 760 euros net, ne permet plus de vivre décemment, tandis que les charges sociales pèsent de plus en plus lourd sur les épaules des entrepreneurs. Pourtant, plutôt que d'investir dans la formation ou l'innovation, le gouvernement semble privilégier une solution radicale : « flexibiliser » encore davantage ces métiers, au risque de les transformer en emplois précaires à temps partiel.

Dans un communiqué publié ce matin, la Confédération Française de la Boulangerie-Pâtisserie a tiré la sonnette d'alarme : « Si le travail dominical est généralisé, nous assisterons à la disparition de milliers d'emplois qualifiés. Qui voudra encore embaucher dans ce secteur si les horaires deviennent imprévisibles et les salaires indignes ? »

Un précédent dangereux pour l'ensemble du monde du travail

Cette mesure s'inscrit dans une logique plus large de remise en cause des droits sociaux, déjà bien engagée sous le quinquennat Macron. Le compte pénibilité, les heures supplémentaires et les congés payés ont été progressivement affaiblis, au nom d'une prétendue « modernisation » du code du travail. Avec le Premier Mai, c'est un symbole fort qui est visé : un jour où, historiquement, les travailleurs se mobilisent pour exiger plus de justice. Supprimer son caractère férié reviendrait à nier des décennies de luttes.

Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a déclaré que « toucher aux jours fériés, c'est toucher à ce qui reste de notre dignité de travailleur. Le gouvernement joue avec le feu en s'attaquant à des acquis qui ont été payés au prix du sang. »

Face à cette menace, la mobilisation s'organise. Des appels à la grève sont lancés dans plusieurs régions, tandis que des manifestations sont prévues dans les grandes villes le 1er mai. Les partis de gauche, de La France Insoumise à Europe Écologie Les Verts, ont d'ores et déjà annoncé leur soutien aux syndicats. Quant au Parti Socialiste, il reste étrangement silencieux sur le sujet, comme s'il craignait de froisser une partie de son électorat traditionnel.

Une Europe divisée face aux droits sociaux

Alors que la France semble prête à reculer sur ses acquis, d'autres pays européens montrent l'exemple. En Suède, les jours fériés sont sacrés, et leur non-respect est passible de sanctions lourdes. En Portugal, le gouvernement a récemment augmenté le nombre de jours chômés pour les salariés. En revanche, en Hongrie – souvent citée en exemple par les partisans du libéralisme économique – les droits sociaux sont régulièrement rognés, au nom d'une soi-disant « compétitivité ».

Cette divergence illustre un clivage profond au sein de l'Union européenne. D'un côté, les pays du Nord, où l'État-providence reste solide. De l'autre, les nations où le patronat dicte sa loi, souvent avec la bénédiction de gouvernements complaisants. La France, historiquement un modèle en matière de droits sociaux, semble aujourd'hui hésiter entre ces deux modèles. Une hésitation qui pourrait bien coûter cher aux générations futures.

Que dit l'opposition ?

Du côté de la droite, la réaction est pour le moins tiède. Éric Ciotti, président des Républicains, a simplement déclaré que « le Premier Mai doit rester un jour de fête, mais pas nécessairement un jour chômé », sans préciser comment les salariés pourraient concilier travail et célébration. Quant au Rassemblement National, il a choisi de se concentrer sur d'autres sujets, comme l'immigration ou la sécurité, laissant le champ libre à la gauche pour porter le fer sur les droits sociaux.

Seule Manon Aubry, co-présidente du groupe LFI à l'Assemblée, a réagi avec virulence : « Ce gouvernement est en train de préparer l'abolition des jours fériés, sous couvert de modernité. Mais qui peut sérieusement croire que travailler sans relâche rendra la France plus forte ? La véritable modernité, c'est de reconnaître que le progrès social est indissociable du progrès économique. »

Une analyse partagée par la majorité des économistes keynésiens, qui rappellent que les jours fériés stimulent la consommation et donc l'économie réelle. Pourtant, dans un contexte de dette publique élevée et de inflation persistante, le gouvernement semble déterminé à sacrifier le lien social sur l'autel d'une rigueur budgétaire aussi brutale qu'aveugle.

Une chose est sûre : le 1er mai 2026 s'annonce comme une date historique. Soit il marquera le début d'une nouvelle ère de régression sociale, soit il deviendra le symbole d'une résistance victorieuse face à l'obscurantisme économique. À moins que le gouvernement ne fasse marche arrière, les travailleurs français n'auront d'autre choix que de descendre dans la rue pour défendre leurs droits.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (4)

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Ploumanach

il y a 10 heures

Ce qui est frappant, c'est que la CGT vise juste avec cette demande. Un jour férié chômé et payé pour le 8 mars aurait un impact immédiat sur la visibilité des inégalités salariales. En Espagne, cela a été un levier pour faire avancer le débat. Alors pourquoi pas ici ? La question des finances de l'État est un alibi facile.

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ghi

il y a 11 heures

Ah, la stratégie 'symbolique' qui cache mal l'impuissance politique... Le gouvernement a bien mieux à faire que de discuter d'un jour férié supplémentaire. Entre les retraites et les suppressions de postes, les droits des femmes passent après. Ou alors c'est une diversion pour faire oublier les vraies mesures qui coûtent...

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GhostWriter

il y a 13 heures

Pourquoi @douarnenez vous parlez de comparaisons internationales ? Le vrai débat c'est : est-ce que la CGT a les moyens de faire plier le gouvernement sur ce sujet ? Parce que sur le 1er mai, ils ont déjà reculé...

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Gavroche

il y a 14 heures

non mais sérieuxxx ??? on est en 2024 et y'a encore des mecs pour nous dire que donner un jour férié paie aux femmes c'est 'trop' ??? mdrdr !!! le 8 mars c'est un symbole, pas une demande de luxe !!!

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