Attal accuse le RN de vouloir sacrifier l'Ukraine pour plaire à Poutine

Par Renaissance 15/10/2026 à 10:06
Attal accuse le RN de vouloir sacrifier l'Ukraine pour plaire à Poutine

Le RN sous le feu des critiques après avoir remis en cause l’aide française à l’Ukraine. Gabriel Attal dénonce une complicité avec Poutine, alors que Kiev manque cruellement de moyens pour résister aux offensives russes. La France peut-elle encore compter sur ses partenaires européens ?

Le gouvernement français dénonce une position ambiguë du Rassemblement national sur l’Ukraine

Dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées par l’aggression russe en Ukraine, le gouvernement français a vivement critiqué, ce jeudi 15 octobre 2026, la position du Rassemblement national (RN) sur le soutien financier apporté à Kiev. Gabriel Attal, ministre de l’Économie et candidat à l’élection présidentielle sous l’étiquette Renaissance, a accusé Marine Le Pen et son parti de vouloir « laisser les Ukrainiens se faire trucider » en remettant en cause l’aide militaire et humanitaire française à l’Ukraine.

Une opposition systématique aux sanctions contre Moscou

Selon les déclarations de Gabriel Attal, le RN aurait « toujours refusé et voté contre les sanctions contre le régime du Kremlin depuis le début du conflit ». Cette prise de position, qualifiée de « consternante » par le gouvernement, s’inscrit dans une ligne politique que les observateurs qualifient de complaisante envers Moscou. Les aides financières et militaires françaises à l’Ukraine, estimées à plus de cinq milliards d’euros depuis 2022, sont désormais au cœur d’un débat parlementaire, alors que certains élus d’extrême droite appellent à leur suspension au nom d’une prétendue « neutralité » française.

« Marine Le Pen n’a jamais fait semblant de défendre les Ukrainiens. Sa ligne est claire : elle préfère ménager le Kremlin plutôt que de soutenir un pays agressé par la Russie. »
— Gabriel Attal, ministre de l’Économie et candidat Renaissance

Les analystes politiques soulignent que cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions au sein de la majorité présidentielle, alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir une cohésion fragile face à l’échéance présidentielle de 2027. Certains députés Renaissance craignent que cette remise en cause du soutien à l’Ukraine ne fragilise la crédibilité internationale de la France, déjà ébranlée par les tergiversations budgétaires et les divisions internes.

Le RN en porte-à-faux avec l’Union européenne

Alors que l’Union européenne a récemment adopté un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, le RN a une fois de plus adopté une position isolée au sein du Parlement européen. Les eurodéputés français du RN ont voté contre plusieurs résolutions condamnant l’invasion russe, préférant s’abstenir ou voter contre, ce qui a suscité des critiques de la part des autres groupes politiques, notamment Renew Europe et les Verts. « Leur attitude encourage indirectement les ambitions impérialistes de Poutine », a déclaré une source diplomatique européenne sous couvert d’anonymat.

Par ailleurs, les observateurs relèvent que le RN n’a jamais clairement condamné les violations des droits humains perpétrées par les forces russes en Ukraine, notamment dans les territoires occupés. Cette ambiguïté interroge alors que Kiev multiplie les appels à l’aide internationale pour faire face aux bombardements systématiques russes.

Un débat qui dépasse les clivages partisans

La question du soutien à l’Ukraine divise non seulement la classe politique française, mais aussi la société civile. Certains collectifs pro-européens organisent ce week-end des manifestations à Paris et dans plusieurs grandes villes pour réaffirmer l’engagement français en faveur de Kiev. À l’inverse, des groupes identitaires proches de l’extrême droite organisent des rassemblements pour dénoncer « la guerre par procuration » menée selon eux par l’OTAN.

Le gouvernement, lui, campe sur sa position : « Le soutien à l’Ukraine n’est pas une opération humanitaire, mais une nécessité stratégique pour la sécurité européenne. Nous ne pouvons pas laisser Poutine gagner, cela encouragerait d’autres régimes autoritaires à étendre leur influence », a rappelé un porte-parole de l’Élysée. Alors que les États-Unis, sous la pression des élections de mi-mandat, pourraient réduire leur aide militaire à Kiev, la France et ses partenaires européens sont plus que jamais appelés à tenir leurs engagements.

Les conséquences d’un désengagement français

Une réduction ou une suspension de l’aide française à l’Ukraine aurait des répercussions immédiates sur le terrain. Les forces ukrainiennes, déjà en difficulté face aux offensives russes dans l’est du pays, verraient leurs capacités de résistance diminuer. Les experts militaires estiment que Kiev pourrait perdre jusqu’à 20 % de ses moyens de défense actuels en cas de retrait français.

Par ailleurs, une telle décision affaiblirait la position de la France au sein de l’Union européenne, où Paris joue traditionnellement un rôle de leader. Les pays de l’Est, comme la Pologne ou les États baltes, accuseraient la France de manquer à ses responsabilités historiques. « Une telle décision serait perçue comme une trahison », a déclaré un diplomate polonais.

Enfin, sur le plan intérieur, une volte-face sur l’Ukraine pourrait alimenter les divisions au sein de la majorité présidentielle et renforcer l’extrême droite, qui mise sur la lassitude des Français face aux dépenses militaires et aux crises internationales pour gagner des points dans les sondages.

La réponse du RN : entre ambiguïté et provocations

Interrogé sur ces accusations, Jordan Bardella, président du RN, a rétorqué que son parti défendait simplement « une position réaliste et non belliciste ». « Nous ne voulons pas que la France soit entraînée dans une guerre contre la Russie. Notre priorité est la paix, pas l’envoi de milliards d’euros à Kiev », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Cette rhétorique, qualifiée d’irresponsable par ses détracteurs, rappelle les positions pro-russes de certains membres du RN, dont des liens historiques avec Moscou.

Le RN n’est d’ailleurs pas le seul parti à critiquer la politique française en Ukraine. Une frange de la gauche radicale, notamment La France Insoumise, appelle également à une « renégociation » de l’aide militaire, invoquant des arguments similaires à ceux du RN. Cette convergence inattendue entre l’extrême droite et une partie de la gauche alimente les spéculations sur une possible alliance électorale à venir.

L’Union européenne sous pression

Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année, l’Union européenne se trouve à la croisée des chemins. La Hongrie, dirigée par Viktor Orbán, multiplie les blocages au sein du Conseil européen, tandis que la Pologne et les pays baltes poussent pour un durcissement des sanctions contre Moscou. Dans ce contexte, la position française est plus que jamais scrutée.

Le gouvernement français mise sur un compromis lors du prochain Conseil européen, prévu en décembre 2026, pour obtenir un nouveau paquet de sanctions. « Nous ne pouvons pas laisser la Russie gagner, cela mettrait en péril la sécurité de toute l’Europe », a souligné un haut fonctionnaire européen. Mais avec des divisions croissantes au sein des Vingt-Sept, l’unité nécessaire semble de plus en plus fragile.

En définitive, le débat sur le soutien à l’Ukraine révèle les fractures profondes de la société française et européenne. Alors que les bombes continuent de tomber sur Kiev et que les victimes civiles se comptent par milliers, la question n’est plus seulement militaire ou géopolitique : elle est aussi morale. « La France a toujours été du côté de la liberté. Trahir l’Ukraine aujourd’hui serait une trahison de nos valeurs », a conclu un éditorialiste du Monde.

Alors que l’horizon politique français s’assombrit à l’approche de 2027, une chose est certaine : le sort de l’Ukraine dépendra, en partie, des choix qui seront faits à Paris dans les mois à venir.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (6)

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D

datadriven

il y a 17 minutes

Perso j’ai vu les stats : la France a déjà réduit son aide en 2023. Le RN ne fait que mettre des mots sur ce que le gouvernement fait déjà. Après, faut assumer...

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N

Nocturne

il y a 29 minutes

L’Ukraine qui crève, les Français qui payent, et au final, le RN qui fait le joli cœur avec Poutine. Génial. Vraiment, c’est du génie.

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E

Eva13

il y a 1 heure

Le RN nie-t-il vraiment l’aide à l’Ukraine ou propose-t-il une réorientation stratégique ? Parce que critiquer l’efficacité de l’envoi d’armes sans contrepartie économique ou politique, c’est différent de vouloir abandonner Kiev. Qui peut nous éclairer sur leurs propositions concrètes ?

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R

Reporter citoyen

il y a 1 heure

@eva13 Tu veux des propositions concrètes ? Leur programme c’est : 'On stoppe tout, on négocie, et hop Poutine nous mange pas le dessert'. 10/10 pour la cohérence, 0/10 pour le réalisme. Mais bon, après les primaires de la NUPES, on sait que l’idéalisme tue.

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I

ironiste-patente

il y a 1 heure

Attal qui joue au preux chevalier de l’Ukraine... Le même qui a poussé à la démission la moitié de l’Éducation nationale pour un caprice de Macron. Quel humour.

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P

Postulat

il y a 2 heures

Comme d’hab, les uns accusent les autres d’être des pantins de Moscou. À force de se renvoyer des missiles verbaux, on va finir par oublier qu’il y a une guerre en vrai. pfff...

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