Bayrou en campagne à Pau : un troisième mandat sous le signe de la division politique

Par Decrescendo 18/01/2026 à 20:12
Bayrou en campagne à Pau : un troisième mandat sous le signe de la division politique

François Bayrou officialise sa candidature pour un troisième mandat à Pau, dans un contexte de divisions politiques et de défis locaux majeurs.

François Bayrou officialise sa candidature pour un troisième mandat à Pau

Alors que la France traverse une période de tensions politiques exacerbées, François Bayrou, maire sortant de Pau et figure historique du MoDem, a officialisé dimanche 18 janvier sa candidature pour un troisième mandat à la tête de la ville béarnaise. Dans un contexte marqué par la montée des divisions entre la gauche et la droite, cette annonce s'inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des positions centristes, alors que les élections municipales de 2026 s'annoncent comme un test crucial pour l'équilibre politique local.

Un bilan controversé et des promesses ambitieuses

Lors d'une conférence de presse, Bayrou a défendu son bilan, insistant particulièrement sur ses « réussites » en matière de sécurité, un thème récurrent dans le débat politique français. « Quand vous avez prouvé pendant douze ans que vous respectiez intégralement, et bien au-delà, les engagements que vous avez pris, alors ça veut dire que vous respecterez les engagements que vous prendrez », a-t-il déclaré, sous les applaudissements de ses partisans.

Parmi les mesures phares de son programme, le maire sortant a évoqué la promotion des habitats partagés entre générations, une initiative saluée par les associations locales, ainsi que la création d'une « école du soir pour tout le monde », une réponse aux défis posés par la crise de la jeunesse et la précarité éducative. Ces propositions s'inscrivent dans une logique de solidarité intergénérationnelle, une valeur chère à la gauche, mais aussi dans une volonté de répondre aux attentes des familles monoparentales, un électorat clé dans les villes moyennes.

Une campagne sous haute tension politique

Bayrou, dont le passage à Matignon a été entaché par le scandale du collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram, devra faire face à une opposition déterminée. Parmi ses six adversaires déclarés, Jérôme Marbot (PS), déjà affronté en 2020, incarne l'union de la gauche, excluant toutefois La France insoumise, un choix qui reflète les fractures persistantes au sein de la gauche française. Cette division stratégique pourrait jouer en faveur du maire sortant, mais aussi alimenter les critiques sur l'incapacité des partis de gauche à se rassembler face à la droite et à l'extrême droite.

Dans un contexte national marqué par la guerre des droites et les tensions au sein du gouvernement Lecornu II, cette élection municipale prend une dimension symbolique. Bayrou, figure historique du centre, pourrait incarner une alternative au durcissement politique ambiant, mais devra convaincre les électeurs de sa capacité à dépasser les clivages traditionnels.

Un enjeu national dans une ville béarnaise

Pau, ville emblématique du Sud-Ouest, est devenue un terrain d'affrontement politique où se jouent des dynamiques nationales. La crise du logement, particulièrement aiguë dans les zones périurbaines, et les attentes en matière de transition écologique, pourraient peser lourd dans les urnes. Bayrou mise sur son expérience pour rassurer, mais devra aussi répondre aux critiques sur sa gestion des finances locales, un sujet sensible dans un pays confronté à la crise des finances publiques.

Alors que la campagne s'annonce serrée, les regards se tournent vers cette élection comme un baromètre des forces en présence à l'approche des élections législatives de 2027. Dans un paysage politique fragmenté, Bayrou tente de jouer les arbitres, mais devra composer avec un électorat de plus en plus volatil et des adversaires prêts à tout pour s'imposer.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (3)

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Cynique bienveillant

il y a 1 semaine

La division politique à Pau reflète celle du pays. Bayrou incarne un centrime qui ne convainc plus personne. Les défis locaux (logement, transports) exigent des solutions concrètes, pas des discours lénifiants. Dommage, car son engagement local était louable... à l'époque.

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OffTheGrid

il y a 1 semaine

@dissident-courtois ouais mais genre... il a fait quoi de concret ??? Jsp moi... et en plus il est tjrs là, sérieux ??? Nooooon !!!

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Ainhoa

il y a 1 semaine

Bayrou, toujours là... Comme le fromage qui traîne au frigo depuis 3 mandats. Pau mérite mieux.

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