Un budget controversé sous le feu des critiques
Le projet de loi de finances pour 2026 a été définitivement adopté ce lundi 2 février, après le rejet de deux motions de censure déposées par l'opposition. Une victoire pour le gouvernement Lecornu, mais aussi un symbole des divisions politiques qui traversent le pays à moins d'un an des élections présidentielles.
Des motions de censure rejetées, mais une opposition affaiblie
La première motion, portée par La France insoumise (LFI), les écologistes et les communistes, a été rejetée de justesse, avec seulement 29 voix d'écart sur les 289 nécessaires. La seconde, déposée par le Rassemblement national (RN), n'a recueilli que 135 voix, illustrant l'isolement croissant de l'extrême droite.
Pourtant, les critiques contre ce budget ne manquent pas. « Ce texte n'est pas le résultat d'un compromis démocratique, mais d'un passage en force », dénonce Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée. « Le Parti socialiste (PS) porte une responsabilité historique en soutenant un gouvernement qui refuse toute réforme structurelle ».
Un budget « austéritaire » selon la gauche
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué l'adoption du budget, qu'il présente comme un texte « responsable » et « équilibré ». « Nous avons contenu la dépense publique sans augmenter les impôts », a-t-il affirmé sur le réseau X, tout en reconnaissant que le texte avait été modifié par les amendements parlementaires.
Pourtant, les syndicats et une partie de la gauche dénoncent un budget « austéritaire », qui réduit les investissements publics tout en maintenant des niches fiscales favorables aux entreprises. « Ce budget prépare les Français à des années de rigueur, sans aucune vision pour l'avenir », critique un député écologiste.
Une campagne électorale déguisée en débat parlementaire
Le gouvernement a dû recourir à trois fois au 49.3 pour faire passer ce budget, un marqueur fort de l'opposition frontale entre la majorité et les forces politiques alternatives. « Il y a une ambiance politicienne qui sent bon la campagne », a déploré Sébastien Lecornu, faisant référence aux élections municipales et présidentielles à venir.
Cette stratégie semble payer pour l'exécutif, qui mise sur une polarisation du débat pour mobiliser son électorat. Mais pour l'opposition, cette méthode « discrédite la démocratie parlementaire » et renforce l'idée d'un pouvoir « autoritaire ».
Un contexte de crise politique et sociale
Alors que la France traverse une crise des finances publiques et une crise de la démocratie locale, ce budget s'inscrit dans une période de tensions accrues. Les manifestations contre la réforme des retraites et les mouvements sociaux récents montrent un pays divisé, où les clivages politiques se durcissent.
Dans ce contexte, l'adoption du budget 2026 pourrait bien être un tournant dans la stratégie des partis pour 2027, avec une droite en ordre de bataille et une gauche en quête d'unité.