Un budget sous tension
Vendredi 16 janvier 2026, le premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé une série de concessions pour éviter une censure du Parti socialiste, mais les tensions politiques restent vives. Alors que le gouvernement tente de sauver son budget, les incertitudes persistent sur les méthodes et les équilibres financiers.
Prime d'activité et fiscalité : des mesures sociales sous pression
Face aux exigences des socialistes, Lecornu a annoncé que la prime d'activité ne serait pas réduite. Plus de 3 millions de ménages gagnant le SMIC ou légèrement plus verront leur prime augmenter de 50 euros par mois, une mesure saluée par l'opposition de gauche. « Une avancée, mais insuffisante pour compenser les effets de l'inflation », a réagi un porte-parole du PS.
Sur la fiscalité, le gouvernement a reculé : le barème de l'impôt sur le revenu sera indexé sur l'inflation, et la niche fiscale des retraités sera maintenue. « Aucune augmentation des impôts directs ou indirects », a promis Lecornu, une déclaration qui contraste avec les critiques répétées sur l'austérité budgétaire.
Étudiants et logement : des promesses sous conditions
Les étudiants bénéficieront dès mai d'un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires, et les bourses seront maintenues.
« C'est une victoire pour la jeunesse, mais le gouvernement doit aller plus loin face à la précarité étudiante »,a réagi un syndicat étudiant.
Un fonds de 400 millions d'euros est prévu pour les bailleurs sociaux, une mesure inspirée du Sénat, tandis que les APL sont sanctuarisées. Cependant, les collectivités locales devront contribuer à l'effort budgétaire, sans que le montant exact ne soit précisé.
L'impasse politique : 49.3 ou ordonnance ?
Le gouvernement n'a pas tranché sur la méthode pour faire adopter le budget : recours au 49.3 ou ordonnance budgétaire ? Une incertitude qui reflète la fragilité de la majorité présidentielle, alors que les relations avec les socialistes restent tendues.
Lecornu a assuré que le déficit serait ramené à 5 % du PIB, mais les observateurs soulignent les risques d'un budget déséquilibré. « Ce texte est meilleur, mais il reste à convaincre », a-t-il déclaré, sous-entendant que les concessions pourraient ne pas suffire.
Un budget sous influence européenne
Alors que la France doit respecter les critères de Maastricht, les mesures sociales annoncées pourraient être perçues comme un défi aux règles budgétaires européennes. « L'UE doit comprendre que la justice sociale est aussi une priorité », a déclaré un eurodéputé français.
Dans ce contexte, le gouvernement tente de rassurer Bruxelles tout en répondant aux attentes internes, un équilibre délicat alors que la campagne pour 2027 se profile.