Carburants à 2 euros ? Juvin accuse les raffineurs de profiter de la crise et propose un choc fiscal

Par Aporie 22/09/2026 à 10:15
Carburants à 2 euros ? Juvin accuse les raffineurs de profiter de la crise et propose un choc fiscal

Raffineurs accusés de « profits indécents » : le député LR Philippe Juvin propose un choc fiscal choc pour faire chuter les prix des carburants sous les 2 euros. Suppression des CEE, négociation avec les industriels… Le gouvernement Lecornu sous pression avant les annonces de cet après-midi.

Les raffineurs engrangent des marges records tandis que les Français étouffent à la pompe

Dans un contexte où le prix des carburants s’emballe et où les aides gouvernementales sont jugées insuffisantes par une majorité de citoyens, le député Les Républicains Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, enfonce le clou ce mardi 22 septembre 2026. Invité dans une émission matinale, il dénonce sans détour les « profits indécents » des raffineurs et propose un plan choc pour ramener le litre de sans-plomb sous la barre symbolique des deux euros. Une solution qui passe, selon lui, par des mesures radicales contre les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), souvent qualifiés de « usine à gaz fiscale », et par une remise en cause des taxes jugées « confiscatoires ».

La suppression des CEE : une mesure urgente pour redonner du pouvoir d’achat

Parmi les propositions phares de Philippe Juvin, la suppression pure et simple des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) figure en tête de liste. Ce dispositif, censé financer la transition énergétique via une taxe prélevée sur les factures de carburant et d’électricité, est vivement critiqué par le député. « La Cour des comptes a démontré que ce système est à la fois inefficace et truffé de fraudes », rappelle-t-il, avant d’ajouter :

« Les Français paient pour un système qui ne fonctionne pas et qui engraisse des intermédiaires douteux. Au Danemark, ils ont eu le courage de supprimer ces CEE après avoir constaté les mêmes dérives. Résultat ? Six milliards d’euros de pouvoir d’achat rendus aux citoyens. En France, où l’on préfère souvent fermer les yeux sur les scandales, on accumule les taxes inutiles. »

Selon ses calculs, cette suppression permettrait une baisse immédiate de 15 à 16 centimes par litre à la pompe, soit l’équivalent de « huit euros d’économie par plein ». Une bouffée d’oxygène pour les ménages, alors que le gouvernement peine à trouver des solutions durables. « On nous parle sans cesse de ciblage, mais cibler quoi ? Le pouvoir d’achat des classes moyennes ? Celui des retraités ? », s’interroge Juvin, sous-entendant que les aides actuelles, bien que nécessaires, restent insuffisantes face à l’inflation galopante.

Les raffineurs dans le viseur : des marges « obscènes » à domestiquer

Autre cible privilégiée de la diatribe du député : les raffineurs, dont les bénéfices ont explosé ces derniers mois. « Ils profitent de la crise comme jamais », assène-t-il, pointant du doigt une « cupidité sans limites ». Si une partie du carburant consommé en France est raffinée à l’étranger, près de la moitié l’est sur le territoire national, offrant une marge de manœuvre à l’État pour négocier.

« Total a montré l’exemple en bloquant temporairement les prix. Pourquoi les autres ne feraient-ils pas de même ? Il faut une discussion contractuelle avec l’État, car ces entreprises privées réalisent des marges indécentes sur le dos des Français. »

Juvin n’hésite pas à comparer la situation à celle d’un « magasin qui augmente ses prix en période de pénurie pour s’en mettre plein les poches ». Pour lui, l’État doit jouer un rôle de régulateur et imposer des négociations contraignantes, quitte à menacer les groupes récalcitrants de mesures coercitives. « On ne peut pas continuer à laisser des multinationales dicter leurs prix en France », martèle-t-il, alors que les tensions sociales montent dans les zones périurbaines et rurales, où la voiture reste indispensable.

Taxer l’Axiome : une solution temporaire pour briser la spirale des prix

Parmi les outils fiscaux à disposition, Philippe Juvin évoque également l’« Axiome », une taxe indirecte appliquée aux carburants qui pèse lourdement dans le budget des ménages. « Il faut la baisser de manière temporaire, le temps que les cours du pétrole redescendent », plaide-t-il, tout en reconnaissant que cette mesure coûtera cher aux finances publiques.

« Mais on n’a pas le choix : on ne peut pas demander aux Français de payer éternellement pour des décisions qui ne profitent qu’à une minorité. »

Le député LR ne cache pas que les recettes perdues devront être compensées ailleurs dans le budget, mais il estime que la priorité absolue reste la baisse des prix à la pompe. Une position qui tranche avec celle du gouvernement, accusé de « jouer la montre » alors que la grogne sociale s’amplifie. « Sébastien Lecornu a raison de vouloir aider les Français, mais ses mesures sont trop timides », estime Juvin, qui rappelle que l’inflation des carburants est l’un des principaux facteurs de mécontentement populaire.

Un plan choc face à l’échec des politiques publiques

Les propositions de Philippe Juvin s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement Lecornu II est en difficulté. Malgré les aides ponctuelles et les chèques énergie, les ménages peinent à joindre les deux bouts, et les associations d’aide alimentaire tirent la sonnette d’alarme. « On donne des miettes alors qu’il faut un vrai plan de bataille », dénonce le député, qui n’hésite pas à pointer du doigt les « dysfonctionnements structurels » du système fiscal français.

Pour lui, la solution passe par une refonte en profondeur des taxes sur l’énergie, couplée à une régulation renforcée des marges des industriels. Une approche radicale, mais nécessaire selon lui, pour éviter que la crise des carburants ne devienne un « détonateur social ».

« Si on ne fait rien, on risque une explosion de colère dans les mois à venir. Les Français en ont assez de payer pour des erreurs de gestion et des profits indécents. »

Alors que les associations de consommateurs et les syndicats appellent à des mobilisations, les propositions de Juvin pourraient bien trouver un écho dans l’hémicycle. Reste à savoir si la majorité présidentielle, déjà fragilisée, aura le courage de suivre cette voie ou si elle préférera maintenir un statu quo coûteux en termes de popularité.

Le gouvernement sous pression : faut-il s’attendre à un nouveau plan « carburant » ?

Alors que les annonces officielles sont attendues cet après-midi à 17 heures, la question se pose : le gouvernement va-t-il enfin prendre des mesures fortes ? Sébastien Lecornu, qui a jusqu’ici privilégié les aides ciblées, pourrait être contraint de revoir sa copie face à l’ampleur de la crise. Plusieurs pistes sont évoquées en coulisses : un prolongement des remises à la pompe, une baisse temporaire de la TVA sur les carburants, ou encore un gel des taxes locales.

Mais pour les observateurs, ces mesures risquent de rester insuffisantes. « On nage en plein dans l’illusion : tant que les raffineurs et les États pétroliers ne joueront pas le jeu, les prix resteront élevés », analyse un économiste sous couvert d’anonymat. Certains analystes vont plus loin en estimant que la France pourrait s’inspirer des modèles nordiques, où les taxes sur l’énergie sont bien moins élevées qu’en Europe continentale. Une piste que le gouvernement semble réticent à explorer, par peur de creuser le déficit public.

Dans l’immédiat, une chose est sûre : la pression monte sur l’exécutif. Alors que les manifestations contre le coût de la vie se multiplient et que les sondages donnent l’extrême droite en tête dans plusieurs régions, le pouvoir en place n’a plus le luxe de tergiverser. « Soit on agit maintenant, soit on subit la colère sociale », résume un proche du Premier ministre.

Et si la solution venait de Bruxelles ?

Face à l’inaction française, certains observateurs pointent du doigt l’Union européenne, dont les règles fiscales sur l’énergie sont souvent critiquées pour leur manque de cohérence. « Pourquoi ne pas harmoniser les taxes sur les carburants au niveau européen ? », s’interroge un député européen écologiste. « En Norvège ou en Suède, les prix à la pompe sont bien plus bas qu’en France, et pourtant ces pays bénéficient d’une fiscalité bien moins lourde. »

La question d’une taxation commune des énergies fossiles revient régulièrement sur la table, mais se heurte aux réticences de plusieurs États membres, dont la Hongrie, souvent accusée de bloquer les avancées environnementales. Une situation qui illustre les divisions persistantes au sein de l’UE, alors que la crise climatique et la flambée des prix menacent la stabilité du continent.

Pour les partisans d’une Europe plus sociale et plus protectrice, la France a ici une occasion de montrer l’exemple. « Au lieu de se cacher derrière des mesures cosmétiques, le gouvernement devrait défendre une vraie politique énergétique européenne », plaide un économiste proche de la majorité. Une position qui, si elle était adoptée, pourrait changer la donne pour des millions de Français.

En attendant, les stations-service restent le théâtre de longues files d’attente, et les porte-monnaie des ménages continuent de se vider. La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Va-t-il enfin oser bousculer les habitudes ? Ou préférera-t-il, une fois de plus, reculer devant les lobbies et les dogmes économiques ?

Ce qu’il faut retenir

  • La suppression des CEE : Une mesure radicale pour redonner 15 à 16 centimes par litre aux automobilistes, selon Juvin, qui évoque un manque à gagner de six milliards d’euros pour l’État.
  • Des négociations avec les raffineurs : Le député LR demande à l’État d’imposer des baisses de marges aux industriels, sous peine de sanctions.
  • Une baisse temporaire de l’Axiome : Une taxe indirecte sur les carburants pourrait être allégée, mais son coût devra être compensé ailleurs.
  • L’urgence d’un plan global : Les aides ponctuelles ne suffisent plus, estiment les observateurs, qui appellent à une refonte structurelle de la fiscalité énergétique.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (1)

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Renard Roux

il y a 49 minutes

2 euros ? On rêve. Les raffineurs se goinfrent depuis des années, et le gouvernement trouve toujours une bonne raison pour ne rien faire. C'est bon, on a compris le système.

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