Carburants : le RN dénonce une mesure trop timide du gouvernement et réitère ses propositions

Par Camaret 08/10/2026 à 09:28
Carburants : le RN dénonce une mesure trop timide du gouvernement et réitère ses propositions

Le Rassemblement National juge la baisse des prix des carburants insuffisante et dénonce un gouvernement en retard sur ses propositions depuis des mois. Une mesure purement conjoncturelle selon l'opposition de droite.

Une mesure jugée insuffisante par l'opposition de droite

Au lendemain de l'annonce par le Premier ministre d'une libération partielle des réserves stratégiques de gazole pour faire baisser les prix à la pompe, le député Rassemblement National (RN) de l'Oise, Philippe Ballard, a réagi vivement. Dans un entretien exclusif, il a qualifié cette initiative de « purement conjoncturelle » et surtout de beaucoup trop limitée pour répondre à l'urgence sociale que représente la flambée des prix des carburants.

Une baisse éphémère et insuffisante

Selon Sébastien Lecornu, la mise à disposition de dix millions de barils de gazole, acquis avant la hausse des cours, devrait permettre une baisse mécanique des prix à la pompe entre 12 et 18 centimes par litre. Une mesure saluée par certains économistes, mais considérée comme « dérisoire » par l'opposition. Pour Philippe Ballard, cette décision intervient trop tard et ne répond pas aux attentes des automobilistes, déjà fortement touchés par la crise du pouvoir d'achat.

« Les Français méritent mieux qu'une rustine conjoncturelle », a-t-il déclaré, rappelant que le RN propose depuis des mois une baisse structurelle de la TVA sur les carburants. Une mesure qui, selon lui, permettrait une baisse durable des prix et éviterait les effets d'aubaine des gouvernements successifs, toujours prompts à réagir « au bord de la falaise ».

Un gouvernement en retard sur ses promesses

Le député de l'Oise a également pointé du doigt le manque de réactivité de l'exécutif. « En mars dernier, ils refusaient de libérer les stocks. Aujourd'hui, ils agissent sous la pression médiatique et sociale », a-t-il souligné. Une critique qui s'inscrit dans un contexte plus large de méfiance croissante envers les mesures gouvernementales, perçues comme des « pansements » plutôt que comme des solutions durables.

Pour le RN, la solution passe par une réduction de la TVA à 5,5 % sur les carburants, une mesure déjà adoptée dans d'autres pays européens comme l'Allemagne ou les pays nordiques. Une proposition qui, selon Ballard, aurait un double avantage : soulager les ménages et stimuler l'économie en évitant les risques de récession liés à la hausse des coûts de transport.

Le RN persiste et signe : ses propositions restent ignorées

Alors que la crise des carburants s'inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales – avec des mouvements de lycéens toujours actifs – le gouvernement semble une fois de plus « pris à contre-pied » par la réalité. Les propositions du RN, bien que récurrentes dans le débat public, peinent à trouver un écho favorable au sein de la majorité présidentielle, pourtant affaiblie par des divisions internes et une crédibilité en berne.

« Qu'ils prennent nos amendements et on fera gagner de l'argent aux caisses de l'État », a lancé Philippe Ballard, suggérant que les mesures proposées par son parti pourraient réduire les dépenses publiques tout en améliorant le pouvoir d'achat. Une critique acerbe envers une politique économique qu'il qualifie de « désastreuse » et « improvisée ».

Un débat qui dépasse les carburants

Cette polémique s'inscrit dans un climat politique déjà tendu, où les questions de souveraineté énergétique et de transition écologique sont au cœur des tensions. Alors que l'Union européenne tente de coordonner une réponse commune à la crise énergétique, la France, comme d'autres États membres, peine à mettre en place des mesures cohérentes et pérennes.

Les observateurs soulignent que la dépendance aux importations et la spéculation sur les marchés aggravent la situation, rendant les mesures conjoncturelles comme celle annoncée par le gouvernement insuffisantes à long terme. Certains économistes plaident pour une révision des politiques fiscales sur les carburants, tandis que d'autres appellent à un plan massif d'investissement dans les énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux hydrocarbures.

L'Europe face à la crise énergétique

Contrairement à certains pays voisins, comme la Norvège ou les Pays-Bas, qui ont su anticiper les risques de pénurie et mettre en place des mécanismes de protection des consommateurs, la France semble « condamnée à réagir dans l'urgence ». Une situation qui interroge sur l'efficacité des politiques menées depuis plusieurs années, alors que les réserves stratégiques françaises, bien que solides, ne suffisent pas à couvrir tous les besoins.

Les experts rappellent que les marchés énergétiques restent soumis à des fluctuations imprévisibles, notamment en raison des tensions géopolitiques. La Russie, par exemple, continue d'utiliser ses ressources comme un « levier de pression » sur les pays européens, tandis que la Chine renforce son influence sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Que retenir de cette polémique ?

Au-delà des calculs politiques, cette affaire révèle une fracture profonde entre les attentes des Français et les réponses apportées par les pouvoirs publics. Alors que le gouvernement mise sur des « solutions d'urgence », l'opposition de droite, emmenée par le RN, exige des mesures structurelles pour redonner du pouvoir d'achat aux ménages.

Dans un contexte où la confiance dans les institutions est au plus bas, cette polémique pourrait bien servir de catalyseur à de nouvelles mobilisations sociales. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le gouvernement saura enfin anticiper plutôt que subir les crises qui secouent le pays.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (4)

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E

Elizondo

il y a 33 minutes

Ce qui est amusant, c'est que les deux camps se renvoient la balle depuis des mois. En 2018, Macron avait gelé les taxes... avant de les réaugmenter trois mois plus tard. La vraie solution ? Une TVA à taux zéro sur les carburants, comme en Allemagne. Mais chut, c'est tabou.

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Robert T.

il y a 5 minutes

@elizondo Oui enfin l'Allemagne a aussi des réserves stratégiques et une industrie pétrolière locale... Ici on est dépendant à 99% des importations. Comparaison n'est pas raison.

Par contre tu as raison sur un point : cette mesure est purement électoraliste, comme en 2022. Le RN propose quoi ? Supprimer la TICPE ? Bonne chance pour financer les routes...

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A

Avocat du diable 2023

il y a 56 minutes

Et vous trouvez ça normal que le gouvernement se congratule pour une baisse de 10 centimes alors que le litre à déjà baissé de 30 centimes tout seul grâce au marché ? Éhonté.

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M

Malo du 40

il y a 1 heure

Ah mais bien sûr, le RN qui nous parle de carburants... pendant que leurs mecs votent contre les aides aux agriculteurs qui crèvent ET contre la baisse de la TVA sur l'essence l'année dernière !!! mdrrr Prenez-nous pour des cons.

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