Couvre-feux et impuissance de l'État : le RN sonne l'alarme après les violences du 17 octobre

Par BlackSwan 20/10/2026 à 11:22
Couvre-feux et impuissance de l'État : le RN sonne l'alarme après les violences du 17 octobre

Couvre-feux contestés, commerces vandalisés : le RN dénonce l'incapacité de l'État après les violences du 17 octobre. Lecornu sous pression, l'extrême droite mise sur une réponse sécuritaire radicale pour 2027.

Une réponse sécuritaire jugée insuffisante face à l'ampleur des violences

Alors que les autorités se félicitent d'avoir évité de nouveaux débordements lors de la première nuit de couvre-feu instaurée dans plusieurs communes françaises, l'opposition de droite et d'extrême droite dénonce une gestion des événements catastrophique. Invité des 4 Vérités sur France 2, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a balayé d'un revers de main les déclarations triomphalistes du pouvoir en place, pointant du doigt l'incapacité chronique de l'État à protéger ses citoyens.

Pour le député du Nord, ces mesures de restriction des libertés, bien que temporairement nécessaires, ne sauraient masquer l'échec patent d'une politique sécuritaire erratique. « Cette autosatisfaction est assez insupportable en réalité », a-t-il lancé, soulignant que les couvre-feux, déjà expérimentés en 2023 lors des précédentes émeutes, ne constituent qu'un pansement sur une jambe de bois. Selon lui, « ce qu'il faut, ce sont des mesures de fermeté, une réponse pénale adaptée », une vision que Jordan Bardella, président du RN, résume par l'expression « redressement pénal ».

Des commerces dévastés, un État en défaut de responsabilité

Le bilan humain et matériel des violences des 17 et 18 octobre est accablant : plus de 3 000 commerces vandalisés, des milliers de familles endeuillées ou privées de leurs moyens de subsistance, et une psychose collective qui s'installe dans les quartiers touchés. Sébastien Chenu n'a pas mâché ses mots pour qualifier la gestion de la crise par l'exécutif : « L'État a failli, n'a pas été à la hauteur, n'a pas protégé les Français ». Une critique que l'intéressé lui-même, Laurent Nuñez, secrétaire d'État à l'Intérieur, a implicitement reconnue en pointant du doigt les failles d'un dispositif de maintien de l'ordre dépassé.

Face à l'ampleur des destructions, la question du financement des réparations se pose avec urgence. Si l'État a évoqué une prise en charge partielle des dégâts, le vice-président du RN exige une responsabilité totale : « Oui, l'État doit prendre l'entièreté des dégâts à sa charge », martèle-t-il. Pour Chenu, cette crise révèle avant tout une faiblesse idéologique profonde au sein du gouvernement, incapable selon lui de concilier fermeté et justice sociale sans tomber dans la répression aveugle.

Une commission d'enquête : une réponse politique ou un écran de fumée ?

Pour tenter de répondre à la défiance croissante des citoyens, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a proposé la création d'une commission d'enquête chargée de faire la lumière sur la stratégie de maintien de l'ordre déployée durant ces événements. Une initiative que Sébastien Chenu accueille avec une prudente circonspection : « Oui, bien sûr, c'est le minimum ». Mais il ajoute immédiatement : « J'ai le sentiment que ce gouvernement cherche à masquer ses responsabilités ».

Selon lui, cette démarche relève davantage d'une opération de communication que d'une volonté réelle d'assainir les pratiques policières et politiques. « Ce gouvernement a fait élire La France insoumise, qui est le bras politique des émeutiers », accuse-t-il, rappelant que les tensions actuelles trouvent leur source dans des années de politiques publiques inefficaces et de laxisme idéologique. Le RN, en revanche, mise sur un discours musclé : « Nous, ce qu'on attend, c'est le redressement pénal et sécuritaire », insiste Chenu, excluant toute solution palliative.

Des couvre-feux contestés, une opposition divisée

Si les mesures de couvre-feu ont été globalement bien accueillies dans certaines communes, comme Denain – où le Rassemblement national les a soutenues –, elles n'en ont pas moins suscité des remous au sein de la gauche radicale. Plusieurs élus proches de La France insoumise ont en effet saisi la justice pour contester leur légalité, invoquant des atteintes aux libertés individuelles. Une opposition qui illustre les fractures persistantes au sein de la représentation nationale, entre ceux qui prônent la fermeté et ceux qui dénoncent une dérive autoritaire.

Pourtant, les chiffres semblent donner raison aux partisans des restrictions nocturnes : aucune nouvelle exaction n'a été signalée lors de la première nuit de couvre-feu dans les villes concernées. Une accalmie temporaire qui ne suffit pas à rassurer les observateurs, tant le malaise social reste palpable. Les témoignages de commerçants victimes de pillages, les images de rues dévastées et les récits de violences policières alimentent un climat de défiance envers des institutions perçues comme désarmées face à la crise.

L'urgence d'une refonte sécuritaire, selon l'extrême droite

Dans un contexte où la violence politique et sociale s'intensifie, le Rassemblement national mise sur un discours sécuritaire radical pour séduire un électorat en quête de stabilité. Sébastien Chenu a d'ailleurs rappelé que seule la victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 pourrait garantir une réponse adaptée : « Vous n'aurez une réponse pénale adaptée et au niveau qu'à partir du moment où Marine Le Pen sera élue présidente de la République ». Une promesse électorale qui résonne avec force auprès des catégories populaires, lasse des promesses non tenues des gouvernements successifs.

Pourtant, cette rhétorique ne fait pas l'unanimité. Les associations de défense des droits humains dénoncent une instrumentalisation de la peur et craignent que les mesures d'exception ne deviennent la norme. « Nous ne pouvons pas vivre sous couvre-feu », rappelle Chenu, soulignant que ces restrictions doivent rester exceptionnelles et ciblées. Mais pour combien de temps encore ?

Un climat social explosif, un gouvernement en sursis

Les événements des 17 et 18 octobre marquent un tournant dans la gestion des tensions sociales en France. Plus qu'une simple flambée de violences, ils révèlent l'incapacité durable d'un système politique à répondre aux aspirations des citoyens. Entre le mépris affiché par certains responsables politiques et l'impunité dont bénéficient les casseurs, le sentiment d'abandon grandit dans les quartiers populaires comme dans les centres-villes.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, dans ses déclarations, a appelé à des « couvre-feux partiels et localisés », mais cette approche sélective peine à convaincre. Comment justifier que certaines communes soient épargnées tandis que d'autres sombrent dans le chaos ? La question des moyens alloués à la police et à la gendarmerie, souvent pointée du doigt pour leur insuffisance chronique, reste entière. Les syndicats de policiers dénoncent depuis des années un manque criant de moyens, tandis que les associations de victimes exigent des comptes sur la gestion des forces de l'ordre lors des interventions.

L'Europe et la communauté internationale observent avec inquiétude

À l'heure où la France s'enfonce dans une crise sécuritaire sans précédent, les partenaires européens et internationaux suivent la situation avec une attention croissante. Les capitales européennes, déjà fragilisées par la montée des populismes et des tensions internes, s'inquiètent de voir leur voisin français basculer dans une dynamique de confrontation généralisée. La Hongrie, souvent pointée du doigt pour son autoritarisme, et la Turquie, où le pouvoir musèle l'opposition, sont régulièrement citées en exemple par les détracteurs du gouvernement français – une comparaison que les autorités rejettent avec véhémence.

Pourtant, les signaux d'alerte se multiplient. Les rapports d'ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch pointent du doigt les dérives policières et les violations des droits fondamentaux, tandis que les instances européennes, comme le Parlement européen, appellent à une « réponse proportionnée et respectueuse des libertés ». Une pression diplomatique qui pourrait, à terme, contraindre Paris à revoir sa copie.

Que retenir des violences du 17 octobre ?

Au-delà des images chocs de commerces en flammes et de rues jonchées de débris, les violences des 17 et 18 octobre soulèvent des questions bien plus profondes. Comment en est-on arrivé à une telle dégradation du lien social ? Pourquoi l'État, malgré les milliards injectés dans les forces de l'ordre, semble-t-il incapable d'endiguer la spirale de la violence ? Et surtout, comment éviter que ces événements ne deviennent le prélude à une crise plus large, politique cette fois ?

Pour le Rassemblement national, la réponse est claire : il faut un changement de cap radical, avec une priorité absolue donnée à la sécurité et à la restauration de l'ordre public. Une vision qui séduit une partie de l'électorat, mais qui inquiète les défenseurs des libertés individuelles. Pour les autres forces politiques, la tâche est immense : réconcilier fermeté et justice sociale, ordre et égalité. Un équilibre d'autant plus difficile à trouver que le gouvernement actuel, miné par les divisions et les scandales, peine à incarner une autorité crédible.

Alors que les appels à la démission de Sébastien Lecornu se multiplient et que les rumeurs d'un remaniement ministériel agitent l'Élysée, une certitude s'impose : la France traverse une période charnière. Entre couvre-feux et promesses électorales, entre répression et dialogue social, le pays doit choisir la voie qui lui permettra d'éviter le pire. Une chose est sûre, dans ce climat de défiance généralisée, les solutions ne viendront ni de l'immobilisme ni des recettes éculées du passé.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (4)

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LogicLover

il y a 15 minutes

Les couvre-feux en eux-mêmes ne sont pas une solution mais le RN a raison sur un point : l'incapacité de l'État à anticiper ces débordements. En 2017, déjà, les émeutes post-élections avaient révélé les mêmes failles. Il manque une doctrine claire, pas juste des mesures à l'emporte-pièce.

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OffTheGrid

il y a 1 heure

nooooon mais c'est affolant !!! on se croirait dans un film d'horreur et le gouvernement fait semblant de dormir ???

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Marguerite de Corse

il y a 42 minutes

@offthegrid Tu exagères un peu, quand même ! C'est vrai que c'est grave, mais il faut pas tout mélanger non plus... Les émeutes, c'est pas juste de la colère, c'est aussi du calcul politique.

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ironiste-patente

il y a 1 heure

L'État qui gère ? Non mais on rêve, là... Ils sont où les gros bras, Lecornu ?

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