Deux influenceuses ciblées par la justice : la répression contre les voix de la gauche ?

Par Camaret 03/11/2026 à 21:28
Deux influenceuses ciblées par la justice : la répression contre les voix de la gauche ?

Deux influenceuses engagées à gauche visées par la justice pour avoir relayé un appel à manifester : un nouveau symbole de la répression croissante contre les voix dissidentes en France ?

Un climat de chasse aux sorcières contre les militantes ?

Deux créatrices de contenu engagées à gauche, suivies par des dizaines de milliers d’abonnés, se retrouvent aujourd’hui au cœur d’une vague de répression judiciaire sans précédent. Leur crime ? Avoir relayé, à travers leurs réseaux sociaux, l’appel à une mobilisation sociale massive prévue le 24 octobre dernier. Une opération de signalement coordonnée, via la plateforme Pharos, a conduit à leur mise en cause pour « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit », une qualification juridique souvent utilisée pour étouffer les voix dissidentes sous le prétexte sécuritaire.

Parmi les cibles désignées par la justice figure @O.s.m.o.s.e, une influenceuse suivie par près de 44 200 abonnés sur Instagram. Arrêtée le 22 octobre dans des circonstances floues, elle a été placée en garde à vue avant d’être remise en liberté sous contrôle judiciaire. Son tort ? Une publication, désormais effacée, recensant méthodiquement les « cibles » à « viser et casser » lors de la journée de mobilisation. L’enquête, ouverte par le parquet de Vesoul, repose sur un signalement anonyme déposé sur Pharos, un outil souvent critiqué pour son manque de transparence et son usage détourné à des fins politiques.

Interrogée, la jeune femme conteste farouchement avoir rédigé ce message, tout en reconnaissant qu’il avait été publié sur son compte. Dans un témoignage poignant, elle dénonce un « climat de répression intense », où le gouvernement privilégierait la « stratégie de la terreur » plutôt que de répondre aux revendications sociales.

« Le pouvoir en place préfère écraser les voix qui dérangent plutôt que d’affronter les problèmes de fond. On assiste à une criminalisation systématique de l’engagement militant. »

Manon Delcourt, nouvelle figure d’une répression ciblée

Une autre influenceuse, Manon Delcourt, 149 000 abonnés sur Instagram, a elle aussi été frappée par les foudres de la justice. Arrêtée à l’aéroport d’Orly le 22 octobre, elle a subi 26 heures de garde à vue pour trois publications partagées sur le réseau X, signalées le 16 octobre via Pharos. Les chefs d’accusation initialement retenus ? « Provocation directe à un acte de terrorisme au moyen d’un service de communication en ligne », une qualification juridique lourde qui, si elle avait été confirmée, aurait pu entraîner des peines sévères.

Son avocate, Maître Sonia Boundaoui, a dénoncé dans un communiqué une « instrumentalisation du droit » pour museler la parole militante. « Ces procédures s’inscrivent dans une logique de criminalisation de l’expression politique, alors que les mobilisations sociales répondent à des urgences économiques et sociales criantes. La justice devrait protéger les citoyens, pas les poursuivre pour avoir exercé leur droit de critique. »

Dans un contexte où les réseaux sociaux sont devenus un terrain de bataille politique essentiel, ces affaires soulèvent une question cruciale : jusqu’où l’État est-il prêt à aller pour étouffer les contestations ? Avec plus de 10 000 signalements reçus depuis le début de l’année sur Pharos pour des contenus liés aux mouvements sociaux, le doute n’est plus permis : la France glisse vers un état d’urgence permanent, où la liberté d’expression n’est plus qu’un lointain souvenir pour ceux qui osent défier l’ordre établi.

Une justice à deux vitesses ?

Ces poursuites surviennent alors que les mobilisations contre la politique économique du gouvernement se multiplient. Depuis des mois, les syndicats, les associations et les citoyens dénoncent un démantèlement systématique des services publics, des hausses d’impôts injustes et une gestion autoritaire du pays. Pourtant, face à ces critiques, l’exécutif préfère recourir à des méthodes dignes des régimes les plus répressifs, plutôt que d’engager un dialogue constructif.

Les défenseurs des droits humains s’alarment : en ciblant des influenceuses au profil militant, c’est l’ensemble du mouvement social qui est visé. Les réseaux sociaux, outils de mobilisation et de contre-pouvoir, deviennent ainsi des terrains minés, où chaque publication peut se transformer en piège judiciaire. Les avocats spécialisés en la matière parlent d’un « nouveau McCarthyisme numérique », où la peur de la dénonciation collective pousse à l’autocensure.

Pire encore, ces affaires révèlent une collusion troublante entre les plateformes numériques et les autorités. Pharos, géré par les services de police, fonctionne comme une boîte noire où les signalements anonymes sont traités sans aucune garantie de transparence. « On assiste à une privatisation de la répression, où des entreprises privées collaborent avec l’État pour museler les opposants. C’est une menace directe pour la démocratie. », s’indigne un juriste spécialisé dans les libertés numériques.

Le gouvernement Lecornu face à la colère sociale

Avec un taux d’approbation en chute libre et une opposition qui gagne en influence, le gouvernement de Sébastien Lecornu semble déterminé à user de tous les moyens pour maintenir son emprise sur le pouvoir. Les dernières élections législatives, marquées par une forte abstention et une poussée des partis contestataires, ont confirmé l’urgence d’une réponse politique. Pourtant, au lieu de proposer des réformes ambitieuses, l’exécutif choisit la voie de la répression, comme en témoignent ces affaires d’influenceuses.

Les associations dénoncent une stratégie de diversion : en criminalisant les voix militantes, le gouvernement cherche à détourner l’attention des échecs de sa politique économique. Les chiffres sont accablants : le chômage persiste, le pouvoir d’achat s’effrite, et les services publics s’effondrent. Pourtant, plutôt que de répondre aux attentes des citoyens, l’État préfère les traiter en ennemis.

Dans ce contexte, les affaires d’@O.s.m.o.s.e et de Manon Delcourt ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Derrière elles, des centaines de militants, de syndicalistes et de simples citoyens pourraient bientôt subir le même sort. La question n’est plus de savoir si la répression va s’étendre, mais à quelle vitesse elle va engloutir les dernières libertés qui nous restent.

Un vent de protestation qui résiste

Malgré la répression, les mobilisations continuent. Les réseaux sociaux, bien que sous surveillance accrue, restent des lieux de résistance où s’organisent les contre-pouvoirs. Les influenceuses ciblées par la justice sont devenues des symboles de cette lutte, incarnant la résistance face à un État de plus en plus autoritaire.

Les appels à la solidarité se multiplient. Des collectifs de défense des libertés numériques ont lancé des cagnottes en ligne pour soutenir les personnes poursuivies. Des manifestations improvisées devant les commissariats où ont eu lieu les gardes à vue ont eu lieu, malgré les interdictions de rassemblement. La colère sociale ne s’éteindra pas sous les coups de la répression.

Alors que le gouvernement tente d’étouffer les voix dissidentes, il ne fait que nourrir la révolte. Chaque arrestation, chaque garde à vue, chaque condamnation arbitraire devient un nouveau ferment de contestation. Dans les rues, sur les réseaux, dans les assemblées, le message est clair : le peuple ne se laissera pas faire.

La France, berceau des Lumières et patrie des droits de l’homme, glisse pourtant vers un modèle où la liberté d’expression n’est plus qu’un lointain idéal. Ces affaires d’influenceuses ne sont pas des exceptions, mais les symptômes d’une maladie bien plus profonde : l’abandon des valeurs démocratiques au profit d’un autoritarisme rampant.

Reste à savoir si les citoyens sauront se mobiliser à temps pour enrayer cette dérive. Une chose est sûre : tant que le gouvernement refusera le dialogue et privilégiera la répression, la colère ne fera que grandir.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (3)

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NightReader93

il y a 27 minutes

Pourquoi on vise toujours les mêmes ? Parce que c'est plus facile de faire peur aux petits que de régler les vrais problèmes ? @max-490 tu en penses quoi toi ?

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I

ironiste-patente

il y a 51 minutes

Deux influenceuses qui appellent à manifester = deux terroristes ? Ouuuuh, la République va s'écrouler...

0
B

Borrégo

il y a 1 heure

Censure ou justice ? La question ne se pose même pas pour beaucoup...

0
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