Eric Woerth, figure controversée de la droite, quitte l'Assemblée nationale
Après plus de vingt ans de présence à l'Assemblée nationale, Eric Woerth, ancien ministre et figure emblématique de la droite française, a annoncé son départ pour briguer la présidence du PMU. Une décision qui intervient dans un contexte de crise des vocations politiques et de guerre des droites en France.
Un départ stratégique ou un aveu d'échec ?
Missionné depuis septembre 2025 par le gouvernement Lecornu pour réformer la gouvernance du PMU, Woerth a vu son mandat de député tomber automatiquement après six mois. « Je serai plus utile au PMU qu’être un député perdu dans une non-majorité », a-t-il déclaré, une pique à peine voilée contre l’instabilité politique actuelle.
« C’est un peu comme conduire une voiture sur de la glace. On n’est pas sûr de bien tenir la trajectoire. »
Ces mots révèlent une Assemblée nationale en proie à des débats violents et à une impuissance politique croissante, symptômes d’un système démocratique fragilisé. Woerth dénonce notamment « l’émiettement » des groupes politiques, un constat partagé par de nombreux observateurs.
Un parcours politique marqué par les polémiques
Ancien ministre sous Sarkozy, Woerth a été au cœur de plusieurs affaires, dont celle du financement libyen de la campagne de 2007, où il a été relaxé. Son passage à la tête de la commission des finances (2017-2022) a été salué, mais son héritage politique reste controversé, notamment en raison de son ralliement à la majorité présidentielle après des années chez Les Républicains.
La droite française en pleine recomposition
Son départ intervient alors que la droite française traverse une crise identitaire. Entre la ligne dure de l’extrême droite et les tentatives de renouvellement au centre, Woerth assure vouloir « aider celui ou celle qui voudra vraiment être président de la République », sans préciser sa préférence parmi les « quatre ou cinq candidats » en lice. Une posture ambiguë qui reflète les divisions persistantes.
Un symbole des dérives du système
Pour beaucoup, ce départ illustre les dérives du système politique français, où les carrières se construisent souvent en dehors des urnes. Alors que le gouvernement Lecornu tente de stabiliser les finances publiques, Woerth incarne une classe politique en quête de nouveaux relais d’influence, loin des réalités du terrain.
Son remplacement par sa suppléante, Véronique Ludmann, ne changera pas la donne : l’Assemblée reste un théâtre de tensions, où les réformes peinent à émerger. Un constat qui interroge sur l’avenir de la démocratie locale et nationale.