Lula élu au Brésil : un espoir mondial face à l’extrême droite
Alors que le Brésil célèbre la victoire de Lula face à Bolsonaro, un soulagement s’impose non seulement pour les Brésiliens, mais aussi pour tous ceux qui défendent la démocratie et l’environnement. Avec 60 % de la forêt amazonienne située sur son territoire, le Brésil reste un acteur clé dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sous le mandat de Bolsonaro, la déforestation avait atteint des niveaux alarmants, tandis que Lula, lors de ses précédents mandats, avait réussi à inverser cette tendance. Son élection marque donc un tournant pour la planète, mais aussi pour les institutions démocratiques, régulièrement mises à mal par l’extrême droite. Les observateurs internationaux soulignent que cette victoire envoie un signal fort : l’autoritarisme n’est pas une fatalité.
En France, cette actualité résonne particulièrement alors que les tensions sociales s’intensifient. Pendant que le gouvernement français feignait l’immobilisme, les lycéens, les étudiants et les syndicats ont pris les devants, forçant enfin Sébastien Lecornu à recevoir les représentants des mouvements sociaux ce lundi 26 octobre. Une semaine après des manifestations massives, où entre 450 000 et 800 000 personnes avaient défilé selon les sources, le gouvernement se retrouve acculé. La colère est légitime : Parcoursup, ce système opaque et injuste, doit disparaître. Non seulement il stresse les élèves et leurs familles, mais il perpétue des inégalités sociales inacceptables dans un pays qui se veut républicain et méritocratique.
Crise éducative : Parcoursup, symptôme d’un système à bout de souffle
Les revendications des lycéens sont claires : des moyens matériels de base – papiers dans les toilettes, portes fermées, tables et chaises en nombre suffisant – et la fin d’un algorithme qui trie les élèves comme des marchandises. Pourtant, Sébastien Lecornu, après un mois de silence, tente de sauver la face en promettant des annonces aujourd’hui. Trop peu, trop tard. La suppression de Parcoursup ne peut plus attendre : elle est une nécessité pour redonner confiance à une jeunesse sacrifiée par des années de politiques éducatives austéritaires. Comment justifier que la France, pays des Lumières, maintienne un système qui exclut les plus modestes ?
Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là. Les classes surchargées, les professeurs sous-payés, et l’abandon progressif de l’Éducation nationale par l’État révèlent une vérité crue : le gouvernement n’a plus les moyens de sa politique. Les syndicats, dont la CGT, appellent désormais à une grève générale à partir du 5 novembre. Une mobilisation qui s’inscrit dans une convergence des luttes inédite, regroupant fonctionnaires, écologistes, féministes et retraités. Car la colère ne concerne pas seulement les lycéens : 23 % des Français ne mangent pas à leur faim, un chiffre qui devrait faire honte à toute une classe politique.
Ultra-droite : une impunité qui menace la République
Pendant que les forces de l’ordre répriment avec une violence disproportionnée des lycéens pacifiques bloquant leurs établissements, les groupes d’ultra-droite défilent impunément, défiant les couvre-feux et tabassant des manifestants. À Nice, Montpellier ou Rouen, des affrontements ont éclaté, mais le ministère de l’Intérieur se retranche derrière un argument fallacieux : « il y avait trop de manifestations à gérer ». Une excuse indigne. Protéger les citoyens, qu’ils soient manifestants ou non, est le premier devoir de l’État. Or, force est de constater que lorsque des milices d’extrême droite agissent, les forces de l’ordre semblent paralysées.
Cette impunité des mouvements fascisants n’est pas nouvelle, mais elle atteint aujourd’hui un niveau dangereux. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, évoque des décisions administratives comme la dissolution de groupuscules, mais ces mesures restent timorées. Comment expliquer que des lycéens subissent une répression historique pour un blocage pacifique, tandis que des militants d’extrême droite organisent des contre-manifestations violentes sans être inquiétés ? Il y a là une injustice flagrante, qui mine la crédibilité de nos institutions.
Les exemples ne manquent pas : à Lyon, un groupe d’ultra-droite a défié un couvre-feu en pleine nuit, sans réaction des autorités. À Paris, des militants d’extrême droite ont agressé des manifestants, là encore sans conséquences. Cette deuxième justice, qui épargne les ennemis de la République tout en écrasant ses défenseurs, est intolérable. Elle prépare le terrain à une radicalisation encore plus inquiétante.
Trappes : un attentat islamophobe qui révèle les failles de la lutte antiraciste
L’attentat de Trappes, où un homme a ouvert le feu devant une mosquée, fait resurgir des questions douloureuses. Classé comme « crime raciste » par Emmanuel Macron, l’événement a aussi été qualifié d’islamophobe par le maire de la ville. Une précision sémantique qui n’est pas anodine. En effet, l’islamophobie n’est pas un mot tabou : l’ONU en a même fait une journée internationale, le 15 mars. Pourtant, certains responsables politiques, par calcul ou par lâcheté, refusent de l’employer.
Pour Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, il n’y a pas de doute :
« Aller tirer sur des personnes devant une mosquée, je ne sais pas comment appeler cela autrement que de l’islamophobie. »Et elle ajoute : « Un million de personnes se disent victimes de racisme dans ce pays. Je veux que nous puissions leur dire que nous sommes à leurs côtés, que ce sujet est pris au sérieux. » Une position courageuse, alors que l’extrême droite instrumentalise systématiquement les questions identitaires pour diviser la société.
Pourtant, les signes d’alerte se multiplient. En 2026, la France compte encore plus d’un million de personnes victimes de discriminations raciales ou religieuses. Comment justifier que l’État ne prenne pas la mesure de ce fléau ? L’inaction des pouvoirs publics nourrit un terreau fertile pour la haine. Les discours de haine en ligne, les violences policières ciblant les minorités, et l’impunité des groupes violents créent un climat de peur. Trappes n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg.
Convergence des luttes : la résistance s’organise
La mobilisation du 24 octobre a marqué un tournant. Pour la première fois, étudiants, ouvriers, retraités et militants écologistes ont défilé ensemble, unis par une même colère : celle d’un système qui les a abandonnés. La grève générale prévue à partir du 5 novembre pourrait bien être le catalyseur d’un mouvement social historique. Les revendications sont claires : augmentation du SMIC, lutte contre la précarité alimentaire, défense des services publics.
Face à cette lame de fond, le gouvernement Lecornu semble désemparé. Après avoir tenté de nier la crise, puis de la réprimer, il tente aujourd’hui de temporiser. Mais les mesures annoncées – si tant est qu’elles le soient – seront-elles suffisantes ? Rien n’est moins sûr. Les Français, eux, ont déjà tranché : ils ne veulent plus de cette politique du mépris.
Dans ce contexte, la question de l’extrême droite devient centrale. Son ascension, observable dans toute l’Europe, n’est pas un hasard. Elle résulte de l’échec des gouvernements à répondre aux besoins des classes populaires et moyennes. En France, le Rassemblement National, porté par Jordan Bardella, capitalise sur cette colère en proposant des solutions simplistes et dangereuses. Pourtant, son discours n’est qu’un paravent pour masquer l’absence de projet politique cohérent.
La solution ? Une mobilisation unie, de gauche à gauche, capable de proposer un contre-modèle. Les écologistes, avec Marine Tondelier, en sont les fers de lance. Mais ils ne pourront agir seuls. Il est temps que la gauche toute entière – socialistes, communistes, insoumis, écologistes – s’unisse pour barrer la route à l’extrême droite et construire une société plus juste.
Car une chose est certaine : l’impunité des mouvements d’extrême droite ne peut plus durer. Soit la République se ressaisit, soit elle risque de sombrer dans le chaos.
La France à un carrefour
Entre les menaces de l’ultra-droite, les crises sociales à répétition et l’urgence climatique, la France de 2026 se trouve à un carrefour historique. Les choix qui seront faits dans les mois à venir détermineront l’avenir du pays pour des décennies. La démocratie est en jeu. Et face à elle, une extrême droite toujours plus audacieuse, toujours plus violente.
Les prochains jours seront décisifs. Les syndicats ont donné le signal de la résistance. À la gauche de montrer qu’elle est capable d’incarner l’espoir. Et à l’État de prouver qu’il reste le garant des droits et des libertés de tous, sans distinction.
La bataille sera rude. Mais elle est nécessaire.