Extrême droite : qui mène vraiment Reconquête, Zemmour ou sa compagne ?

Par Anachronisme 22/10/2026 à 19:18
Extrême droite : qui mène vraiment Reconquête, Zemmour ou sa compagne ?

Reconquête : derrière Éric Zemmour, Sarah Knafo s’impose-t-elle comme la véritable dirigeante du parti d’extrême droite ? Une enquête exclusive révèle les tensions internes et les ambitions cachées d’une figure montante.

Un parti sous tension : l’ombre croissante de Sarah Knafo sur Éric Zemmour

Dans les coulisses d’un parti d’extrême droite en pleine recomposition, les tensions entre influence et pouvoir se cristallisent autour d’une figure montante : Sarah Knafo. Alors qu’Éric Zemmour reste officiellement le visage de Reconquête pour la prochaine présidentielle, les observateurs s’interrogent sur la réalité de son leadership. Plusieurs témoignages, recueillis dans le cadre d’une enquête approfondie, révèlent une dynamique interne où la compagne du leader occuperait une place centrale, éclipsant progressivement le rôle de son compagnon. Une situation qui interroge sur la stratégie politique du parti et ses conséquences pour l’échiquier politique français.

Une campagne avortée et des rancœurs persistantes

Les récentes défaites électorales de Reconquête, marquées par l’échec cuisant de la candidature Zemmour en 2022 et l’absence de députés à l’Assemblée nationale, ont laissé des traces. Parmi les déçus de cette aventure politique, Jacline Mouraud, figure médiatique des Gilets jaunes devenue brièvement porte-parole de Reconquête, livre un témoignage accablant. « Je n’ai été qu’un alibi dans cette campagne », confie-t-elle, évoquant une instrumentalisation cynique de son image pour donner une caution « populaire » au parti. « Ils se sont juste servis de moi pour dire : ‘Vous avez vu ? On a une Gilet jaune !’, c’est tout. »

Si Mouraud critique sévèrement Éric Zemmour pour son manque d’écoute, c’est envers Sarah Knafo que son amertume est la plus vive. La jeune femme, alors en pleine ascension au sein du parti, est décrite comme une figure « omniprésente, omnipotente », dont l’influence aurait étouffé toute velléité d’autonomie parmi les militants. « Tous ceux qui ont travaillé à cette campagne s’en sont rendu compte : tout passait par elle. Les gens disaient : ‘Le problème, c’est Sarah Knafo.’ ‘Qui est le candidat ? Est-ce que c’est Éric Zemmour ou Sarah Knafo ?’ »

Cette domination, selon Jacline Mouraud, aurait atteint son paroxysme lors du lancement de la plateforme de Sarah Knafo en avril 2026, un outil présenté comme une contribution au programme présidentiel… mais sans consultation préalable des instances du parti. Une initiative qui, pour certains observateurs, ressemble à une stratégie de « prise de pouvoir déguisée ».

La plateforme de Sarah Knafo : un signal fort ou une manœuvre personnelle ?

Le projet, intitulé sobrement « Construire le programme qui manque à la France », a de quoi interroger. Dans une vidéo de lancement, Sarah Knafo s’adresse directement aux militants, promettant de « construire avec vous » le futur programme de Reconquête. Pourtant, les contours de ce projet restent flous : à qui est-il destiné ? À quel candidat ? À quel parti ? Geoffrey Fournier, militant historique et responsable du pôle Programme, avoue son scepticisme. « Ce n’est pas un site pour préparer le candidat Zemmour, ce n’est pas un site pour faire la promotion de Reconquête ou de ses cadres, c’est un site pour faire sa promotion à elle. »

Les réunions hebdomadaires du pôle Programme, autrefois centrées sur Éric Zemmour, se sont progressivement raréfiées. En contrepartie, les soutiens à Sarah Knafo se multiplient au sein de l’appareil du parti. Une dynamique qui rappelle, pour ses détracteurs, les méthodes des régimes autoritaires où le culte de la personnalité l’emporte sur les structures collectives. « La couplisation de la politique aura perdu Éric Zemmour, lui qui dénonçait dans Le Premier Sexe les dérives du ‘mâle dominant’ », ironise Jacline Mouraud. « Là, il n’est plus le mâle dominant, il est le mâle soumis. Le mâle dominant, c’est Sarah Knafo. »

Un parti en quête de renouvellement ou au bord de la scission ?

Cette situation expose Reconquête à de profondes divisions internes. Certains y voient une opportunité de modernisation, où une femme ambitieuse pourrait incarner un nouveau visage pour l’extrême droite française. D’autres, plus nombreux, y perçoivent une dérive dangereuse, où le pouvoir se concentre entre les mains d’une seule personne, au mépris des règles démocratiques internes. Un militant anonyme du parti confie, sous couvert d’anonymat : « On a l’impression que Sarah Knafo prépare déjà son propre départ, comme si elle considérait que Zemmour n’est plus qu’un marchepied. »

Les observateurs politiques soulignent que cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large, où les partis d’extrême droite européens cherchent à se réinventer pour séduire un électorat féminin et urbain. Pourtant, le cas de Reconquête pose une question cruciale : une telle stratégie peut-elle fonctionner sans aliéner les militants historiques, souvent attachés à des valeurs traditionnelles ?

L’Europe et ses partenaires face à l’évolution de l’extrême droite française

Alors que la France reste un acteur clé au sein de l’Union européenne, les hésitations de Reconquête sur des sujets comme l’immigration ou la souveraineté européenne suscitent l’inquiétude à Bruxelles. Les partenaires européens, notamment en Scandinavie ou en Europe de l’Est, observent avec méfiance cette évolution, où la radicalité semble céder la place à une stratégie de normalisation. « Une extrême droite qui mise sur une figure féminine pour adoucir son image court le risque de berner une partie de l’opinion, alors que ses fondements idéologiques restent inchangés », analyse un analyste politique basé à Strasbourg.

Dans ce paysage politique en mutation, une chose est certaine : l’histoire de Reconquête, et celle d’Éric Zemmour, pourraient bien être réécrites par une femme. Mais à quel prix pour la démocratie française ?

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (1)

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Véronique de Poitou

il y a 1 heure

Non mais sérieux??? Après tout ce qu'on a vu avec les autres partis de merde, ils veulent nous faire croire que c'est une meuf qui dirige?? nooooon, ça me donne envie de gerber... et en plus ils osent parler de démocratie??? mdr

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