Jérôme Guedj, candidat socialiste, rêve d’une union face à l’extrême droite et à la radicalité
Alors que la France s’apprête à vivre un nouveau scrutin présidentiel sous haute tension, le député socialiste Jérôme Guedj, figure montante de la gauche républicaine, a martelé jeudi 27 août 2026 son ambition de fédérer une « dream team » capable de briser le scénario d’un duel implacable entre le Rassemblement national et La France insoumise. Invité de l’émission « 8h30 franceinfo », le candidat à la primaire de gauche a défendu une vision unifiée de la gauche, rejetant tant l’hégémonie de l’extrême droite que les dérives radicales qui, selon lui, menacent les fondements mêmes de la République.
Une gauche républicaine face aux extrêmes
Dans un contexte politique profondément polarisé, Jérôme Guedj a estimé que la France se trouvait « prise dans une sorte de Janus identitaire », où « d’un côté, on a le RN qui nous parle de grand remplacement, et de l’autre, LFI qui théorise une France fragmentée par les identités ». Pour le député de l’Essonne, ces deux forces, bien que diamétralement opposées dans leur discours, partagent une même logique de division sociale. « Les deux agents actifs du désarroi national, lepénisme et mélenchonisme, ont pour eux leurs névroses, leurs mots d’ordre et leurs mantras », a-t-il lancé, accusant explicitement ces deux mouvements de contribuer à une « segmentation des Français » plutôt qu’à leur rassemblement.
Face à cette menace, Jérôme Guedj a réaffirmé sa candidature à la primaire socialiste, insistant sur la nécessité de jouer « collectif » pour éviter les « aventures individuelles » et les divisions stériles. « Tous ceux qui sont attachés à une vision républicaine, universaliste et laïque de la société doivent se mobiliser massivement », a-t-il lancé, appelant à une « submersion » des militants dans le processus de désignation du candidat de la gauche. « Il faut qu’on joue collectif. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours dit qu’il fallait participer à ce processus de départage », a-t-il ajouté, sans nommer directement ses adversaires potentiels au sein du Parti socialiste.
Le livre de Guedj : une charge contre LFI et le « désarroi national »
Cette prise de position s’inscrit dans la droite ligne de son dernier ouvrage, La République, c’est nous. Pour en finir avec l’indignité, où il s’attaque frontalement à La France insoumise. Dans ce pamphlet, il dénonce une gauche radicale qui, selon lui, s’éloigne des valeurs fondamentales de la démocratie française au profit d’un discours identitaire et clivant. « Pour moi, il y a un mode de fonctionnement commun entre le RN et LFI : celui de segmenter les Français, de les enfermer dans des cases », a-t-il expliqué lors de son intervention. Une critique qui vise à distinguer sa propre ligne, celle d’une gauche ancrée dans les valeurs de solidarité, de laïcité et de progrès social, en opposition frontale avec ce qu’il considère comme une dérive populiste de la part de Jean-Luc Mélenchon et de ses partisans.
Jérôme Guedj n’a pas hésité à comparer la stratégie de LFI à celle du Rassemblement national, soulignant que les deux mouvements, malgré leurs différences idéologiques, contribuaient à alimenter un climat de défiance et de fragmentation nationale. « On est en train de perdre de vue ce qui nous unit en tant que nation », a-t-il déploré, insistant sur la nécessité de reconstruire un récit commun autour de l’idée républicaine. Pour lui, la solution passe par une alliance large de la gauche modérée, capable de proposer une alternative crédible aux Français lassés par les extrêmes et déçus par le macronisme.
Primaire socialiste : un processus sous haute tension
Le débat autour de la primaire socialiste, qui doit désigner le candidat de la gauche pour 2027, s’annonce plus que jamais comme un moment charnière. Jérôme Guedj, qui a officiellement rejoint la course, a appelé à une mobilisation sans précédent des militants pour éviter que le parti ne se fracturent davantage. « Il faut qu’il y ait une submersion » des adhérents et sympathisants, a-t-il martelé, tout en se disant prêt à soutenir le vainqueur de la primaire, quel qu’il soit. « Dans ce moment-là, il faut qu’on joue collectif », a-t-il répété, refusant de céder à la tentation de l’opposition systématique qui, selon lui, a trop souvent affaibli la gauche ces dernières années.
Cette posture contraste avec les divisions qui ont marqué le Parti socialiste ces dernières années, entre partisans d’une alliance avec les écologistes, les communistes ou même le centre, et ceux qui prônent une ligne plus radicale. Guedj, qui se présente comme un rempart contre ces divisions, mise sur une stratégie de rassemblement autour d’un projet clair : une gauche républicaine, pro-européenne et sociale, capable de séduire au-delà de son électorat traditionnel. « Il y a une alternative à ce duel annoncé, presque implacable, entre le Rassemblement national et la France insoumise, il y a une gauche républicaine. C’est celle que je veux incarner », a-t-il conclu, résumant ainsi son ambition pour les mois à venir.
Un projet politique en quête d’incarnation
Alors que les sondages placent toujours le RN en tête des intentions de vote pour 2027, et que LFI apparaît comme le principal rival à gauche, Jérôme Guedj cherche à incarner une troisième voie. Son discours, à la fois ferme et rassembleur, vise à convaincre les électeurs déçus par le quinquennat d’Emmanuel Macron, tout en se différenciant clairement de la radicalité portée par Mélenchon. « Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, c’est une question de République », a-t-il insisté, rappelant que la gauche modérée avait encore un rôle à jouer dans le paysage politique français.
Son appel à une « dream team » de la gauche républicaine pourrait bien être le coup de poker décisif pour relancer une dynamique électorale en perte de vitesse. Reste à savoir si les autres figures de la gauche, qu’elles soient socialistes, écologistes ou centristes, seront prêtes à accepter cette main tendue, ou si les vieilles querelles de chapelle l’emporteront une fois de plus. Une chose est sûre : dans un pays où l’abstention atteint des records et où les extrêmes gagnent du terrain, le temps presse pour proposer une alternative crédible et unie.