Glucksmann enflamme la primaire : l'école publique sacrifiée, la jeunesse abandonnée

Par Éclipse 08/10/2026 à 10:20
Glucksmann enflamme la primaire : l'école publique sacrifiée, la jeunesse abandonnée

Glucksmann dénonce l’abandon de l’école publique, symbole d’un système éducatif en faillite. Primaire socialiste : l’urgence de sauver la jeunesse face à Macron, Le Pen et l’extrême droite. Décryptage.

L’héritage maudit d’une décennie de déni : comment l’école française, jadis fierté nationale, est devenue le symbole d’un pays qui renie son avenir

Le Premier ministre, héritier d’une politique de dix années d’injustices et de dépenses sociales inversées, a cru pouvoir étouffer les colères par des annonces budgétaires symboliques. Un milliard d’euros pour l’Éducation, une giclée de centimes sur le prix du gazole… Des miettes, alors que les services publics s’effondrent et que le transfert des richesses vers les plus aisés s’accélère. « Les mains liées ? Non, les yeux fermés. » C’est en ces termes que Raphaël Glucksmann, cofondateur de Place Publique et candidat à la primaire sociale-démocrate, a balayé d’un revers de manche les mesures cosmetiques d’un gouvernement aux abois, lors d’une interview choc sur les 4V ce jeudi 8 octobre 2026.

Des lycéens en colère, un système éducatif en lambeaux

Face à lui, une jeunesse qui refuse de se taire. Depuis des semaines, les blocages de lycées se multiplient, portés par des revendications qui, pour une fois, ne divisent pas : des enseignants devant leurs élèves, des classes démesurées, un système Parcoursup devenu synonyme d’angoisse et d’injustice. Glucksmann ne mâche pas ses mots :

« Ces revendications sont basiques, elles sont légitimes. Mais au-delà des mots, il y a l’ampleur du désastre. »

En Seine-Saint-Denis, l’absence chronique d’enseignants prive les élèves d’une année et demie de scolarité sur l’ensemble de leur parcours. Une aberration européenne. La France, patrie de Jules Ferry, est désormais lanterne rouge du continent en matière d’éducation publique. Comment en est-on arrivé là ? « Parce que nous avons les enseignants les plus maltraités d’Europe », assène le candidat, pointant du doigt une politique qui a fait de l’école un variable d’ajustement budgétaire plutôt qu’un pilier républicain.

Sa proposition ? Une loi de programmation Éducation-Culture sur cinq ans, pour enfin donner à l’école française les moyens de ses ambitions. « Redonner un avenir à ces jeunes qui ont toutes les raisons d’être en colère. » Mais le temps presse. Marine Le Pen, aux portes du pouvoir, incarne aujourd’hui l’alternative pour une France qui, désespérée, se tourne vers les extrêmes. Et si l’abandon de l’école publique était le premier pas vers l’abandon de la République ?

Parcoursup, symbole d’une méritocratie en faillite

Parmi les cibles des lycéens, le dispositif Parcoursup cristallise les frustrations. Glucksmann ne propose pas sa suppression pure et simple, mais une refonte radicale. « Il faut le transformer en profondeur, voire le remplacer. » Un aveu d’échec pour un outil conçu comme une machine à trier les rêves, où l’origine sociale pèse plus lourd que les compétences. Comment croire encore en une école républicaine quand l’accès à l’enseignement supérieur ressemble à une loterie truquée ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la France consacre moins de 5 % de son PIB à l’éducation, contre près de 7 % en moyenne dans les pays nordiques. Résultat ? Une fracture territoriale qui oppose les métropoles aux zones rurales, les quartiers aisés aux banlieues populaires. « L’école française a été façonnée par l’idéal républicain. Aujourd’hui, elle en devient le fossoyeur. »

Maintien de l’ordre : la doctrine française à l’épreuve des blocages lycéens

Autre front brûlant : la gestion des mouvements sociaux. Alors que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, promet une suspension temporaire des grenades assourdissantes, Glucksmann enfonce le clou. Pour lui, le problème est systémique. « Regardez l’Allemagne. Leur doctrine de maintien de l’ordre est radicalement différente. Pourquoi charger des lycéens assis pacifiquement devant leur établissement ? »

Sa solution ? Une interdiction totale des armes létales, y compris les LBD utilisés en tir tendu. « Deux poids, deux mesures. On peut être ferme avec les casseurs, mais il faut dissocier radicalement ces éléments violents des manifestants pacifiques. » Une position qui tranche avec la logique sécuritaire prônée par une partie de la droite, pour qui l’ordre public prime sur le dialogue social.

Glucksmann insiste :

« La violence des casseurs est inacceptable, mais la réponse doit être proportionnée. Une jeunesse qui bloque un lycée pour défendre son avenir mérite une écoute, pas une charge. »

Primaire socialiste : entre chaos et espoir de renaissance

Sur le front politique, le candidat se défend de tout « hold-up » sur le Parti socialiste. « J’ai conduit deux fois la liste socialiste aux européennes. Ma vie politique est indissociable de ce parti. » Pourtant, les critiques fusent. Certains lui reprochent de vouloir instrumentaliser la primaire pour servir ses ambitions personnelles, alors que la gauche se cherche désespérément une boussole face à la montée de l’extrême droite.

Glucksmann balaie ces accusations d’un revers de main. Pour lui, la primaire, chaotique mais nécessaire, est l’occasion de solder les comptes. « Nous sommes la seule famille politique à avoir engagé un processus démocratique pour trancher nos divergences. C’est notre force, pas notre faiblesse. »

Le défi est de taille : unir une gauche divisée avant que l’histoire ne lui donne raison trop tard. « Marine Le Pen n’est pas une menace future, c’est une menace immédiate. Si nous échouons à nous rassembler, ce sera elle qui façonnera la France de demain. »

Le cri d’alarme d’une génération sacrifiée

Derrière les chiffres et les polémiques politiques, il y a des visages. Ceux de lycéens qui, chaque matin, affrontent des classes surchargées, des professeurs absents, un système qui les prédestine à l’échec. Glucksmann en a rencontré à Marseille, il en rencontrera à Nancy. Mais il refuse le rôle du manifestant. « Mon rôle n’est pas d’être dans les cortèges, c’est de proposer des solutions. »

Pourtant, les rues parlent pour lui. Les blocages, les sit-ins, les slogans « On veut des profs, pas des CRS » résonnent comme un avertissement. La France de 2026 est à la croisée des chemins : soit elle relève l’école, symbole de son identité, soit elle scelle son déclin. Glucksmann en est convaincu : l’abandon de l’école publique, c’est l’abandon de soi-même.

Et si, finalement, le vrai enjeu de cette primaire n’était pas seulement de choisir un candidat… mais de sauver une nation ?


L’école française en chiffres : un désastre annoncé

Selon les dernières données de l’OCDE, la France consacre 4,9 % de son PIB à l’éducation, contre une moyenne de 6,5 % dans les pays de l’Union européenne. Résultat :

  • Un taux d’encadrement parmi les plus bas d’Europe : 1 enseignant pour 19 élèves en moyenne, contre 1 pour 12 en Finlande.
  • Un taux d’absentéisme enseignant record : 10 % des heures de cours non assurées en 2025, avec des pics à 15 % dans les académies les plus défavorisées.
  • Un décrochage scolaire en hausse : 1 élève sur 5 quitte le système scolaire sans diplôme, un chiffre qui atteint 30 % dans les quartiers prioritaires.
  • Des inégalités territoriales criantes : un lycéen de Seine-Saint-Denis a 50 % de chances en moins d’accéder à une filière sélective qu’un élève parisien.

Ces chiffres, Glucksmann les brandit comme une preuve : « L’école française n’est pas malade, elle est assassinée. Et ceux qui la tuent ne portent pas de cagoule. Ils ont des costumes. »

La doctrine Glucksmann : désescalade et plan Marshall pour l’éducation

Face à ce constat, le candidat socialiste propose un plan en trois volets :

1. Un choc de moyens :

  • Augmentation de 30 % du budget de l’Éducation nationale d’ici 2030.
  • Réduction du nombre d’élèves par classe à 20 en primaire et 25 au collège.
  • Recrutement massif d’enseignants, avec une revalorisation salariale de 20 % sur cinq ans.

2. Une réforme structurelle :

  • Abolition de Parcoursup au profit d’un système centralisé et transparent, inspiré des modèles nordiques.
  • Création d’un « Service Public de l’Orientation » pour accompagner chaque élève dans son parcours.
  • Développement des internats d’excellence dans les territoires ruraux et les quartiers prioritaires.

3. Une révolution pédagogique :

  • Généralisation des classes à effectifs réduits en REP et REP+.
  • Formation continue obligatoire pour les enseignants, avec un accent sur les méthodes innovantes.
  • Développement des dispositifs de mixité sociale pour lutter contre la ségrégation scolaire.

« Ce n’est pas une question de budget, c’est une question de volonté politique. Nous avons les moyens, il nous manque le courage. »

La gauche face à son miroir : entre division et urgence historique

Alors que la primaire socialiste approche à grands pas, Glucksmann incarne une ligne claire : ni compromis avec le libéralisme, ni alliance avec les écologistes de droite. « La gauche doit choisir. Soit elle reste un club de notables, soit elle redevient un mouvement populaire. »

Ses adversaires, comme Olivier Faure, misent sur une stratégie plus conciliante, tandis que d’autres, à l’image de Jean-Luc Mélenchon, jouent la carte de la radicalité. Mais pour Glucksmann, le temps des tergiversations est révolu. La France n’a plus les moyens d’attendre.

Dans les couloirs des lycées, les slogans résonnent comme un ultimatum : « L’école ou le chaos. » La question n’est plus de savoir si la gauche peut gagner, mais quand elle osera enfin se battre pour ce qui compte.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (3)

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Kaysersberg

il y a 11 minutes

@poseidon Ah ouais, comme d'hab ? Sauf que là, c'est pas juste une promesses de plus, c'est un système entier qui craque. Tu veux qu'on parle des 70% de classes surchargées en REP ? Parce que moi, je peux. Et tu veux qu'on parle des profs qui démissionnent en masse ? Parce que moi, j'ai des potes dans le métier...

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Patrick du 67

il y a 1 heure

Et vous trouvez ça normal ? Des générations sacrifiées sur l'autel des combines politiques... Franchement, à force de voir ça, on finit par plus rien comprendre.

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I

Isabelle du 61

il y a 2 heures

Encore un qui tape sur le système pour se faire mousser... Et après on va nous dire que c'est la faute à Macron. Bon, allez, un café et on passe à autre chose.

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