# Le gouvernement renonce à travailler le 1er-
Mai : syndicats en liesse, commerçants en colère
**Paris, 14 avril 2026** – Le gouvernement a officiellement abandonné son projet de loi visant à assouplir le statut du 1er-Mai, un recul qui suscite des réactions contrastées. Alors que les syndicats y voient une victoire historique, les commerçants de proximité dénoncent une règle « absurde » qui pénalise leur activité. Une décision qui illustre les tensions autour du temps de travail et du pouvoir d’achat, dans un contexte de remise en cause des acquis sociaux.
## Un recul
face à la pression syndicale
Le gouvernement a renoncé à légiférer sur l’extension du travail le 1er-Mai, un jour férié et chômé depuis plus d’un siècle en France. Cette volte-face intervient après une levée de boucliers des syndicats, qui y ont vu une attaque de plus contre les droits des travailleurs. « Les syndicats lisent ce projet au prisme de toutes les menaces actuelles sur le temps de travail, qu’il s’agisse des retraites ou de la durée légale », analyse Danielle Tartakowsky, historienne des mouvements sociaux et autrice de *La part du rêve : histoire du 1er mai en France*.
Pour l’historienne, cette crispation s’inscrit dans un contexte plus large de remise en cause du « progrès social ». « On ne peut pas résoudre le problème du pouvoir d’achat en faisant travailler les salariés le dimanche ou les jours fériés », rappelle la CFTC dans un communiqué. « La question de la subordination est majeure : dans les petites entreprises, le salarié n’est pas en mesure de refuser les incitations financières », souligne Tartakowsky.
## Les commerçants en première ligne
Malgré ce recul, certains artisans refusent de se soumettre à cette règle qu’ils jugent obsolète. Julien Corlay, boulanger à Bruz (Ille-et-Vilaine), a décidé d’ouvrir son commerce le 1er-Mai, en violation du Code du travail. « On a envie d’ouvrir parce que notre clientèle nous attend. Ce sont des journées très rentables », explique-t-il. Un choix risqué : en cas de contrôle, il risque une amende de 750 euros par salarié travaillant ce jour-là.
Pour fonctionner normalement, le boulanger a besoin de trois salariés. Il a déjà trouvé des volontaires, séduits par un salaire doublé. « On finit le mois avec un salaire plus élevé, ce n’est pas négligeable quand le pouvoir d’achat est faible », confie Thomas Frinquard, pâtissier. Alicia Urek, vendeuse, abonde : « La loi devrait évoluer pour faire vivre l’artisanat. Pourquoi le 1er-Mai serait-il différent des autres jours ? »
## Une règle contestée, des clients divisés
Les clients, eux, sont partagés. Certains y voient une opportunité : « S’il n’y a pas d’obligation pour les employés, pourquoi pas ? » Une autre cliente, plus critique, estime que « c’est un privilège de ne pas travailler ce jour-là ». Un débat qui rappelle que le 1er-Mai, à l’origine une journée internationale de lutte pour la réduction du temps de travail, est aujourd’hui perçu comme un acquis social.
Danielle Tartakowsky rappelle que cette date n’est pas typiquement française. « En 1889, les organisations socialistes internationales décident de organiser une journée pour demander la limitation à 8 heures de la durée du travail », explique-t-elle. « C’est la première fois qu’une lutte s’engage à l’échelle mondiale, donnant naissance à ce que Marx appelait la ‘classe pour soi’ ». Une revendication qui dépasse le cadre national et s’inscrit dans une vision plus large de la justice sociale.
## Un compromis fragile ?
Le gouvernement tente de désamorcer la crise en engageant un dialogue avec les commerces de proximité, tout en maintenant le 1er-Mai comme jour férié. Une solution de compromis qui ne satisfait ni les syndicats, ni les artisans. Pour ces derniers, la règle actuelle est « absurde » : « Il faut montrer qu’on peut faire une petite révolte, il faut ouvrir sinon on ne sera jamais entendus », martèle Julien Corlay.
Ce bras de fer illustre les tensions persistantes autour du temps de travail, dans un pays où les débats sur le pouvoir d’achat et les droits sociaux restent vifs. Alors que la gauche plurielle et les syndicats célèbrent cette victoire, la
droite et une partie du patronat dénoncent un statu quo qui pénalise l’économie locale.
## Réactions politiques et perspectives
Fabien Roussel (PCF) a réagi aux entrevues entre les dirigeants du RN et des grands patrons en ces termes : *« C’est certainement parce que le RN a des propositions très libérales »*. Une critique qui s’inscrit dans le contexte plus large de la « guerre des droites en France », un des *hot topics* actuels.
Alors que les élections de 2027 approchent, ce recul du gouvernement pourrait bien devenir un symbole des divisions politiques sur la question sociale. Pour Danielle Tartakowsky, il rappelle que le 1er-Mai reste « une journée de revendications, de solidarité internationale et de projection vers un avenir plus juste ».
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*\*Pour aller plus loin* :
- [Pourquoi le gouvernement veut-il créer un « état d’alerte de sécurité nationale » ?](lien)
- [Gauche plurielle : Lionel Jospin, une figure emblématique du PS](lien)
- [Crise des finances publiques : quelles solutions pour l’État ?](lien)