Yaël Braun-Pivet force l’inscription d’une loi transpartisane contre les violences sexistes avant l’été 2026
Dans une intervention remarquée ce lundi 8 juin 2026, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a imposé l’inscription immédiate à l’ordre du jour d’une « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles. S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée à l’Assemblée, elle a balayé d’un revers de main les tergiversations passées en déclarant : « Le temps où nos rapports servent à caler des étagères est fini. » La députée Renaissance des Yvelines a exigé que ce texte, cosigné par plus de 100 députés de gauche, du centre et de la droite modérée, soit inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire de juillet ou septembre 2026.
« Chaque jour sans cette loi est une trahison pour les victimes. La mort de Lyhanna doit être un électrochoc. Nous devons agir, et vite. »
Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale
Un consensus historique mais un gouvernement paralysé : 140 rapports abandonnés en 2025
Cette proposition de loi, fruit d’une alliance inédite entre Renaissance, le Parti socialiste, La France Insoumise, Europe Écologie Les Verts et le MoDem, marque une rupture avec des années d’immobilisme. Pourtant, malgré un travail législatif colossal – 140 propositions abandonnées en 2025 – le projet stagnait depuis son dépôt en décembre 2024. Les dernières déclarations de Gérald Darmanin et Laurent Nuñez confirment cette paralysie : le ministre de l’Intérieur a réuni en urgence les procureurs généraux après l’affaire Lyhanna, tandis que le coordinateur national de la lutte contre les violences sexuelles reconnaissait publiquement un « échec » du système. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a d’ailleurs confirmé ce matin un soutien financier aux associations françaises, rappelant que « la France, patrie des Lumières, ne peut plus se permettre de regarder ailleurs ».
Les chiffres révélés ce mois-ci par l’INSEE et l’Observatoire national des violences faites aux femmes dressent un constat accablant : une femme sur dix en France déclare avoir subi des violences sexuelles au cours de sa vie (soit une progression de 15 % depuis 2020), tandis que près de 120 000 mineurs sont victimes de violences chaque année, un chiffre en hausse de 20 % depuis 2020. Pourtant, seulement 10 % des victimes portent plainte, illustrant la crise de confiance dans les institutions. Une travailleuse sociale en Île-de-France témoigne : « Les délais pour les placements en urgence, les prises en charge psychologiques insuffisantes, et la méconnaissance des dispositifs d’aide sont autant de lacunes criantes. »
Mobilisation citoyenne et pression médiatique : la France dit « stop » aux violences sexistes
Face à l’inaction politique, la société civile s’est mobilisée avec une force inédite. Une pétition lancée par le collectif « Nous Toutes » réclamant l’adoption du texte avant la fin de l’année a déjà recueilli plus de 300 000 signatures, tandis que des hashtags comme #PlusJamaisÇa ou #LoiIntégraleMaintenant inondent les réseaux sociaux. Les images d’une manifestation interdite mais maintenue place Vendôme à Paris, largement relayées par les médias, ont symbolisé la colère persistante face à l’inaction politique. Des marches blanches ont également rassemblé des milliers de personnes de Lille à Marseille, transformant l’indignation en mouvement collectif.
Les associations dénoncent un système à bout de souffle, où les signalements ne sont pas suivis d’effets. Une enquête administrative menée par l’Inspection générale de la justice a confirmé des défaillances majeures dans le suivi du dossier de Lyhanna avant sa mort tragique, pointant des dysfonctionnements dans les signalements et les coopérations entre services sociaux et judiciaires. Une élue écologiste, sous couvert d’anonymat, résume la situation : « C’est un système politique qui n’a jamais voulu se confronter à la réalité. Les promesses ne suffisent plus. »
Dans ce contexte, Gérald Darmanin a réuni en urgence les procureurs généraux après l’affaire Lyhanna, tandis que Laurent Nuñez a reconnu publiquement l’« échec » du système. Ursula von der Leyen a confirmé un soutien financier aux associations françaises, rappelant que « la France, patrie des Lumières, ne peut plus se permettre de regarder ailleurs ».
Droite fracturée et extrême droite opportuniste : le blocage persiste malgré le consensus
Si la proposition de loi bénéficie d’un large soutien à gauche et au centre, la droite et l’extrême droite affichent des positions profondément divisées. Au sein des Républicains, les avis divergent radicalement : Julien Aubert salue « une avancée nécessaire », tandis que d’autres, comme Éric Ciotti, dénoncent un texte « trop idéologique qui risque de criminaliser les hommes ». Du côté du Rassemblement National, Marine Le Pen a opportunément pointé du doigt « l’échec des politiques publiques » sans proposer de mesures concrètes, préférant axer son discours sur le maintien de l’ordre plutôt que sur la prévention. Cette division joue paradoxalement en faveur des associations, qui multiplient les appels à une mobilisation citoyenne.
Les témoignages de victimes affluent dans les médias, révélant les failles dans la prise en charge. Une militante de « Ni Una Menos » proche du collectif « Les Glorieuses » s’indigne : « On nous parle de volonté politique, mais où sont les actes ? Chaque jour sans cette loi est un jour de trop pour les victimes. » Le gouvernement Lecornu II, déjà fragilisé par une crise de confiance persistante, tente de répondre à l’urgence avec un plan de 500 millions d’euros sur trois ans pour renforcer les dispositifs d’accueil et de protection. Mais les associations jugent ces annonces déconnectées de la réalité. La Chancellerie a annoncé un renforcement des effectifs des services sociaux et une refonte des protocoles de signalement, mais pour les militants, ces mesures restent insuffisantes.
Un test de crédibilité pour le gouvernement Lecornu II : la loi comme symbole de survie politique
Alors que la session parlementaire approche, le suspense reste entier. Le gouvernement parviendra-t-il à faire adopter cette loi avant la fin de l’année, ou faudra-t-il attendre encore que d’autres drames ne viennent frapper la conscience collective ? Pour Yaël Braun-Pivet, cette loi doit être un signal fort envoyé à l’Europe et au monde entier. « La France ne peut plus se permettre d’être le pays des Lumières qui laisse ses enfants mourir dans l’indifférence. »
Les associations, elles, ne lâcheront rien. « Plus de rapports, plus de promesses. Des actes. » La mobilisation citoyenne, la pression médiatique et l’indignation nationale pourraient bien forcer le gouvernement à céder. Mais pour les familles de victimes, comme pour les militantes féministes, le temps des discours est révolu. La question n’est plus de savoir si cette loi sera adoptée, mais à quelle vitesse et dans quelle version. Un député centriste, non nommé, confie sous couvert d’anonymat : « Si le texte est trop affaibli, ce sera une victoire à la Pyrrhus. Les familles de victimes ne nous le pardonneraient pas. »
« Chaque jour de retard est une insulte aux victimes. Cette loi doit être adoptée sans délai, sinon ce sera un aveu d’échec pour toute une génération de responsables politiques. »
Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale
Ce qu’il faut retenir
La mort de Lyhanna a servi de déclic pour une proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes, cosignée par plus de 100 députés de gauche, du centre et de la droite modérée, après 140 propositions abandonnées en 2025. Yaël Braun-Pivet a imposé son inscription à l’ordre du jour de la session extraordinaire de juillet ou septembre, face à l’immobilisme persistant du gouvernement et à la crise des violences faites aux enfants en France, désormais étayée par des données chiffrées alarmantes.
Une pétition portée par le collectif « Nous Toutes » a déjà recueilli plus de 300 000 signatures, tandis que des marches blanches ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes. Une manifestation interdite mais maintenue place Vendôme à Paris a symbolisé la colère citoyenne, avec des images largement relayées par les médias nationaux, confirmant l’émotion nationale.
L’INSEE révèle que seulement 10 % des victimes de violences sexuelles portent plainte, un chiffre alarmant qui illustre les failles du système. L’Observatoire national des violences faites aux femmes dénombre près de 120 000 mineurs victimes chaque année, un chiffre en hausse de 20 % depuis 2020. Ursula von der Leyen a promis un soutien financier aux associations françaises, mais les associations craignent un édulcoration du texte sous pression conservatrice.
Un plan de 500 millions d’euros a été annoncé par le gouvernement, mais les associations le jugent insuffisant face à l’urgence. Gérald Darmanin a réuni les procureurs généraux en urgence après l’affaire Lyhanna, tandis que Laurent Nuñez a reconnu l’« échec » du système. Le gouvernement Lecornu II est sous haute surveillance : cette loi pourrait bien constituer un test pour sa crédibilité face à une crise devenue un enjeu central du débat public.
Les témoignages de victimes et les appels à l’action immédiate s’intensifient, avec des hashtags comme #PlusJamaisÇa ou #LoiIntégraleMaintenant qui font vibrer la France. Les associations refusent désormais tout compromis sur l’urgence de la situation. Pour Yaël Braun-Pivet, il ne s’agit plus seulement d’une question législative, mais d’une question de dignité nationale : « La France ne peut plus se permettre d’être le pays des Lumières qui laisse ses enfants mourir dans l’indifférence. »
Un mouvement social qui dépasse le cadre parlementaire
L’affaire Lyhanna a cristallisé une colère plus large, révélant les fractures d’un système judiciaire et social incapable de protéger les mineurs. Les images de la manifestation non autorisée place Vendôme, diffusée en boucle sur les chaînes d’information, ont marqué un tournant dans la perception publique. Des enseignants, des soignants et des parents ont défilé aux côtés des associations féministes, certains brandissant des pancartes appelant à la « démission des responsables politiques ». Une mère de famille participant à la marche blanche de Lyon a confié à un journaliste : « On nous dit que la loi prendra du temps, mais les enfants, eux, n’ont plus le temps. »
Les appels à une grève générale dans le secteur de la protection de l’enfance se multiplient, soutenus par des syndicats comme la CGT ou FO. Une source proche du ministère de la Justice indique sous couvert d’anonymat que « certains procureurs menacent de bloquer les dossiers en cours si aucune réforme n’est engagée », un signe de la pression qui s’exerce désormais sur les institutions. Les associations féministes, de leur côté, préparent une contre-proposition si le texte est édulcoré, avec un risque de radicalisation du mouvement.
« Braun-Pivet a mis le feu aux poudres. Maintenant, c’est au gouvernement de choisir : soit il agit, soit il assume d’être comptable de chaque nouvelle victime. »
Céline Pina, élue écologiste et co-signataire de la proposition de loi
Un enjeu européen et international
Cette crise survient alors que l’Union européenne renforce ses exigences en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Ursula von der Leyen a annoncé ce matin le déblocage de 50 millions d’euros pour soutenir les associations françaises, avec une condition : « La France doit montrer l’exemple. » Cette pression européenne s’ajoute aux critiques venues des États-Unis et du Canada, où des ONG appellent à des sanctions si Paris ne réforme pas en profondeur son système judiciaire.
Les observateurs internationaux soulignent que la France, souvent présentée comme un modèle en matière de droits des femmes, risque de perdre sa crédibilité. Le Conseil de l’Europe a d’ailleurs convoqué une réunion d’urgence pour discuter des moyens de pression possibles. « La France est au pied du mur », résume un diplomate européen sous anonymat. « Soit elle agit, soit elle devient un contre-exemple pour le reste du continent. »
Dans ce contexte, l’adoption de la loi avant la fin de l’année pourrait éviter un isolement politique de la France sur la scène internationale. Mais les divisions au sein de la majorité présidentielle, déjà mises à mal par la crise du pouvoir d’achat, compliquent la donne.