L'UE face à l'impérialisme économique américain
Alors que les tensions commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis s'intensifient, la menace d'annexion du Groenland par Donald Trump relance le débat sur la souveraineté européenne. Face à cette provocation, Bruxelles pourrait déployer son outil anti-coercition, un arsenal juridique conçu pour contrer les pressions économiques américaines.
Un instrument dissuasif aux conséquences lourdes
Cet outil, surnommé le bazooka de défense commerciale, permet à l'UE d'imposer des mesures drastiques comme des hausses de droits de douane, des restrictions d'accès aux marchés publics ou encore le blocage d'investissements. C'est un instrument conçu pour dissuader, avec un impact commercial très fort
, explique Elvire Fabry, experte en commerce international.
La France en première ligne
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a affiché sa détermination lors d'une intervention en anglais : Nous devons aller plus loin pour protéger notre marché
. Une position soutenue par Emmanuel Macron, qui voit dans cet outil un moyen de renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe face aux caprices de l'administration Trump.
Des cibles stratégiques mais controversées
Les services financiers (Visa, Mastercard) et les géants du numérique (Netflix, Google, OpenAI) pourraient être visés. Cependant, cette stratégie comporte des risques, comme le souligne Thomas Grjebine, économiste au CEPII : Sanctionner ces entreprises aurait un effet sur les citoyens européens, qui les utilisent quotidiennement
.
Divisions européennes
Si la France pousse pour une réponse ferme, d'autres pays comme l'Allemagne et l'Italie privilégient la désescalade. Une division qui reflète les tensions au sein de l'UE sur la manière de répondre aux pressions américaines.
Un enjeu géopolitique majeur
Au-delà des questions économiques, cette crise illustre la montée des tensions entre l'Europe et les États-Unis, dans un contexte marqué par le retour des politiques protectionnistes. Pour la gauche européenne, cet épisode confirme la nécessité d'une Europe plus souveraine, capable de résister aux pressions extérieures.