Lycéens contre Macron : LFI et RN s'affrontent sur les violences et les revendications

Par Renaissance 09/10/2026 à 09:11
Lycéens contre Macron : LFI et RN s'affrontent sur les violences et les revendications

Lycéens en colère contre Macron : entre revendications légitimes et instrumentalisation par LFI, le RN accuse l’extrême gauche de chaos. La crise éducative s’aggrave, et le gouvernement Lecornu II peine à répondre à la hauteur des attentes.

Une mobilisation lycéenne instrumentée par l'extrême gauche, selon la députée RN Laure Lavalette

Alors que la France fait face à une vague de mobilisations lycéennes inédite depuis des années, la députée du Rassemblement National Laure Lavalette a dénoncé ce vendredi 9 octobre 2026 une tentative d’instrumentalisation politique du mouvement par La France Insoumise. Intervenant dans l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2, elle a distingué deux réalités dans ces manifestations : d’un côté, des lycéens légitimement excédés par les dysfonctionnements du système éducatif, de l’autre, des groupes violents soutenus par l’extrême gauche, selon ses termes.

Des revendications légitimes noyées dans le chaos

Pour Laure Lavalette, le mouvement de protestation des lycéens n’est pas homogène. Elle reconnaît des « revendications tout à fait légitimes », notamment la lutte contre l’absentéisme enseignant et la demande de classes moins chargées. « Quand vous avez 4 à 5 heures de trou dans la journée, ça pose un vrai problème », a-t-elle expliqué, évoquant sa propre expérience de mère de famille. Pourtant, selon elle, ces revendications sont détournées par une minorité violente, dont les slogans comme « Vive la Palestine » ou les tags « ACAB » trahiraient une récupération politique.

Les images de dégradations, de jets d’acide et de heurts avec les forces de l’ordre, qui se multiplient depuis le début du mouvement, seraient ainsi le fait de casseurs « soutenus par des collègues de La France Insoumise ». Laure Lavalette cite en exemple les interventions de figures de LFI aux côtés des manifestants, accusant le parti de Jean-Luc Mélenchon d’avoir « soufflé sur les braises » de la violence.

« On a vu des députés de La France Insoumise sur les barrages, on a entendu les mêmes appels à la violence. Leur chaos et leur violence sont leur façon politique de travailler. » — Laure Lavalette, députée RN du Var

Cette analyse tranchée s’inscrit dans un contexte où les autorités peinent à endiguer les violences. Depuis le début de la mobilisation, plus de 6 500 interpellations ont été recensées, dont 800 policiers blessés selon les chiffres officiels. Face à la pression, le ministre de l’Intérieur a finalement ordonné l’interdiction des grenades assourdissantes, une décision prise « sous la pression », selon Laure Lavalette. Pourtant, elle maintient une position ferme : « Par principe, nous sommes toujours du côté des forces de l’ordre ».

L’Éducation nationale, nouveau champ de bataille politique

Le débat sur l’Éducation nationale, épicentre des tensions actuelles, révèle des divergences profondes entre les forces politiques. Laure Lavalette, porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, a réaffirmé les propositions du RN en la matière : revalorisation salariale des enseignants, réduction de la taille des classes et restauration de l’autorité dans les établissements.

« On verra comment, en revalorisant leur salaire, on compte bien mettre fin à ce problème [d’absentéisme des professeurs] », a-t-elle déclaré, avant de souligner un « scandale sans précédent » : un professeur du secondaire touche en moyenne 18 % de moins que ses homologues de l’OCDE. Une situation d’autant plus intolérable que, selon elle, la démographie devrait permettre de réduire naturellement la taille des classes, sans recourir à des fermetures d’établissements.

Pourtant, ces propositions contrastent avec celles du gouvernement, dont le bilan en matière d’éducation reste contesté. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a tenté de désamorcer la crise en annonçant le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants « dans les heures qui viennent ». Une mesure saluée par certains, mais jugée insuffisante par les syndicats, qui dénoncent un « pansement sur une jambe de bois ».

La France Insoumise accusée de « chaos organisé »

Les attaques de Laure Lavalette contre La France Insoumise s’inscrivent dans une stratégie plus large du RN pour discréditer la gauche radicale. « Leur façon politique de travailler, c’est le chaos et la violence », a-t-elle asséné, en référence aux multiples appels à la mobilisation lancés par LFI depuis le début de l’année. Les accusations de récupération politique se heurtent cependant à la réalité du terrain : la mobilisation lycéenne dépasse largement les cercles militants traditionnels.

Dans plusieurs villes, comme Paris, Lyon ou Lille, des lycéens non encartés ont pris part aux blocages, portés par des revendications concrètes : meilleure prise en charge des élèves, fin des suppressions de postes et transparence sur Parcoursup. Pourtant, pour Laure Lavalette, ces jeunes seraient les victimes collatérales d’une stratégie plus large. « Ils ont poussé les casseurs à… », a-t-elle commencé, avant de se reprendre : « Non, ce sont eux qui ont poussé les casseurs à… »

Cette confusion dans le discours illustre les difficultés du RN à appréhender un mouvement social complexe. D’un côté, le parti cherche à se poser en défenseur des « vraies revendications » lycéennes, de l’autre, il alimente une rhétorique sécuritaire qui minimise la légitimité des protestations. Une ligne qui rappelle celle adoptée lors des précédentes crises, comme celle des Gilets jaunes, où le RN avait également pointé du doigt les « violences de l’extrême gauche ».

Un gouvernement en porte-à-faux

Alors que la crise éducative s’aggrave, le gouvernement Lecornu II apparaît affaibli. Le Premier ministre, dont les relations avec le président Macron sont souvent présentées comme tendues, tente de concilier fermeté et dialogue. Pourtant, ses déclarations récentes, comme celle de Laurent Nunez sur les grenades assourdissantes, trahissent une gestion à vue de la crise.

« M. Nunez, le mardi, aux questions du gouvernement, défend l’utilisation des grenades en disant que ce ne sont pas des armes létales et que les policiers français en ont besoin pour se protéger. Et un peu sous la pression, le lendemain, il dit l’inverse », a rappelé Laure Lavalette. Une volte-face qui illustre, selon elle, l’incapacité du pouvoir à trancher entre fermeté et modération.

Face à cette instabilité, les propositions du RN en matière d’éducation pourraient séduire une partie de l’électorat déçu par la gestion macroniste. Marine Le Pen doit d’ailleurs tenir une conférence de presse dédiée à l’Éducation nationale dans les prochains jours, promettant des mesures concrètes pour « restaurer l’autorité » et « réduire la taille des classes ». Un positionnement qui s’inscrit dans la droite ligne de son programme pour 2027, où l’école occupe une place centrale.

Les lycéens, entre espoir et désillusion

Dans les rues, les témoignages de lycéens se multiplient, entre espoir de changement et désillusion face à la classe politique. Certains, comme Elwan, un jeune manifestant parisien, assument pleinement leur engagement : « On n’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas des réponses. » D’autres, plus sceptiques, dénoncent un mouvement récupéré par les partis. « Ils nous utilisent pour leurs petits calculs », confie une lycéenne de Seine-Saint-Denis sous couvert d’anonymat.

Pourtant, malgré les divisions, une chose est sûre : la crise éducative a révélé une jeunesse déterminée, prête à se battre pour ses droits. Un phénomène qui dépasse les clivages traditionnels et interroge l’avenir du système éducatif français. D’autant que, selon les projections démographiques, le nombre d’élèves devrait continuer de baisser dans les années à venir, offrant une opportunité de réformer en profondeur le système… si les politiques en ont la volonté.

En attendant, les lycées restent bloqués, les forces de l’ordre en alerte, et les familles divisées. Une situation qui pose une question simple, mais cruciale : qui sera capable de répondre aux attentes d’une jeunesse en colère ?

Ce qu’il faut retenir

  • Deux conceptions de la mobilisation lycéenne s’affrontent : d’un côté, des revendications légitimes sur l’absentéisme et les classes surchargées ; de l’autre, des violences instrumentalisées par l’extrême gauche, selon le RN.
  • Le RN mise sur l’éducation pour séduire un électorat déçu, avec des propositions comme la revalorisation des salaires des enseignants et la réduction de la taille des classes.
  • Le gouvernement Lecornu II tente de gérer la crise à coup de mesures d’urgence, mais son manque de cohérence dans la gestion des violences policières affaiblit sa position.
  • La jeunesse, entre espoir et désillusion, incarne un enjeu politique majeur pour les années à venir, alors que les partis se déchirent sur la meilleure façon de répondre à ses attentes.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (4)

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H

HGW_304

il y a 3 minutes

@quimperle 'Le gouvernement est aussi utile qu'un parapluie en plein désert'... sa me fait penser à mon prof de philo l'année dernière... il nous sortait toujours des phrases comme ça mdr. Mais ouais, t'as raison, c'est ça.

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C

Crépuscule

il y a 35 minutes

Encore une crise qui va se terminer en eau de boudin comme d'hab. Les promesses de Macron ? Pff. Les lycéens en colère ? Mouais. Le gouvernement Lecornu ? Bof. Tout le monde va repartir avec son petit lot de mécontentement et puis on recommencera dans six mois. Cynisme mode on.

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I

Ironiste patenté 2022

il y a 1 heure

nooooon mais sérieux ??? les lycéens ils ont raison de râler mais LFI et RN qui se battent sur leur dos sa me donne envie de vomir... ptdr les politiques c’est tous les mêmes !!!

2
N

NightReader93

il y a 1 heure

Mais c'est quoi cette instrumentalisation des lycéens ?! On n'est plus à l'époque où on manipulait des gamins pour des intérêts partisans... Enfin si, justement, on y est. Mais bon, c'est pas une raison pour les traiter de pions. C'est quoi la position de LFI sur les violences ??? Une condamnation ? Ou juste un 'c'est la faute au gouvernement' ?

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