Macron à l'ONU : la France en première ligne contre le chaos mondial

Par Anadiplose 23/09/2026 à 09:15
Macron à l'ONU : la France en première ligne contre le chaos mondial

Macron à l'ONU : la France tente de sauver le multilatéralisme face à la loi du plus fort. Gaza, Ukraine, IA… Le président français alerte sur le chaos mondial et plaide pour un ordre international repensé.

À New York, Macron alerte sur les fractures mondiales et plaide pour un ordre international repensé

Dans un discours historique devant l’Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre 2026, le président français Emmanuel Macron a dressé un constat sans appel : le monde glisse vers une ère de désordre institutionnel, où la loi du plus fort menace de remplacer le multilatéralisme. Face à une scène internationale de plus en plus fragmentée, le chef de l’État a appelé à une mobilisation urgente pour sauver ce qu’il qualifie de « société internationale civilisée », au moment où les conflits, les inégalités et les tensions géopolitiques s’intensifient.

« Ne cédons pas », a martelé Macron, répété à plusieurs reprises comme un leitmotiv. Son intervention, la dernière de son deuxième mandat à la tribune de l’ONU, s’est voulue à la fois un plaidoyer pour l’avenir et un avertissement contre les dérives d’un monde où les empires et les puissances dominantes cherchent à imposer leur volonté par la force, sans égard pour les règles communes. Selon lui, cette tendance, qu’il qualifie de « retour de l’impérialisme et de l’arrogance », risque de plonger la communauté internationale dans une ère de concentration du pouvoir et d’abus, où quelques États imposeraient leur domination économique et militaire au détriment de la majorité.

Multilatéralisme en péril : la France défend une « justice pour tous »

Macron a longuement développé l’idée que l’Organisation des Nations unies, pilier du système international, doit retrouver sa vitalité originelle. Pour lui, le multilatéralisme n’est pas une option, mais une nécessité face à l’émergence de puissances qui bafouent les souverainetés nationales. « Nous devons défendre un intérêt commun, une justice pour tous », a-t-il insisté, soulignant que la survie même du système onusien est en jeu. Le monde n’est pas condamné à vivre dans l’état de nature, où la loi de la jungle primerait sur le droit, a-t-il lancé, invitant ses homologues à rejeter cette fatalité.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays, notamment la Russie et la Chine, sont régulièrement accusés de menacer la stabilité mondiale par des actions unilatérales. La France, sous la direction de Macron, se présente ainsi comme une force modératrice, défendant une vision où les règles internationales ne sont pas négociables. Pourtant, cette posture soulève des questions : dans un monde où les rapports de force dictent souvent les relations entre États, une telle ambition est-elle encore réaliste ?

Les observateurs notent que l’appel de Macron intervient à un moment où l’Europe elle-même est fragilisée par les divisions internes, notamment après la montée des extrêmes en Allemagne et les tensions persistantes au sein de l’Union européenne. La France, malgré ses efforts, peine à incarner une unité européenne face à ces défis, ce qui affaiblit sa capacité à peser sur la scène internationale.

Gaza et Cisjordanie : la France en première ligne pour la paix israélo-palestinienne

Sur la question israélo-palestinienne, Macron a réitéré son soutien à une solution à deux États, qu’il présente comme la seule voie pour garantir une paix durable entre Israël et le peuple palestinien. « La sécurité d’Israël et son avenir passent par une solution à deux États », a-t-il affirmé, qualifiant la situation de Gaza de « spectacle qui nous fait honte à tous ». Il a également pointé du doigt les actions israéliennes en Cisjordanie, estimant que l’Autorité palestinienne, bien que contestée, reste le partenaire légitime des négociations.

Ces déclarations ont immédiatement suscité une vive réaction de la part d’Israël. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a qualifié les propos de Macron d’« absurdité grotesque », accusant la France de minimiser la menace posée par le Hamas. Pourtant, Macron a défendu sa position en soulignant que la Cisjordanie, contrairement à Gaza, n’est pas sous contrôle du Hamas, mais de l’Autorité palestinienne. Cette distinction est cruciale, a-t-il argumenté, car elle montre que la solution à deux États reste possible, à condition que les parties en présence acceptent de faire des concessions.

La position française, bien que critiquée par certains, s’inscrit dans une volonté de jouer un rôle actif dans le processus de paix. Cependant, les chances d’un règlement semblent plus lointaines que jamais, alors que les tensions en Cisjordanie s’aggravent et que les colonies israéliennes continuent de s’étendre. La France, avec d’autres pays européens, tente de maintenir une pression diplomatique, mais son influence est limitée par le manque de consensus au sein de la communauté internationale.

Ukraine : Macron plaide pour une trêve hivernale et la sécurité alimentaire

Face à la guerre en Ukraine, Macron a appelé à un double moratoire : l’un sur les frappes contre les infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine, l’autre sur les attaques en mer Noire. Ces mesures, selon lui, permettraient de prévenir une escalade dangereuse à l’approche de l’hiver, alors que les prix de l’énergie flambent et que les populations civiles paient le prix fort. « Un hiver sans gel des infrastructures énergétiques, c’est une nécessité humanitaire », a-t-il déclaré.

« Nous ne pouvons pas laisser des millions de personnes dans le froid et la précarité, alors que la solution est à portée de main : un cessez-le-feu, ne serait-ce que temporaire. »

Macron a également insisté sur l’urgence de libérer les céréales bloquées en Ukraine, une question cruciale pour les pays en développement. La mer Noire, corridor vital pour les exportations agricoles, doit être sécurisée pour éviter une crise alimentaire mondiale. Cette proposition s’inscrit dans une logique de désescalade, mais elle se heurte à l’intransigeance des belligérants, qui refusent pour l’instant tout compromis.

La France, membre de l’Union européenne, tente de jouer un rôle de médiateur, mais son action est souvent limitée par les divisions au sein de l’UE et les tensions entre les États-Unis et la Russie. Macron, bien que critique envers la politique américaine sous l’administration Trump, a appelé à une coordination renforcée avec les partenaires européens pour éviter une fragmentation des efforts diplomatiques.

Intelligence artificielle : la France veut briser la dépendance aux géants américains et chinois

Dans un discours qui a également marqué les esprits, Macron a lancé un appel à une coalition des États indépendants pour développer une intelligence artificielle « open source », c’est-à-dire accessible à tous et non contrôlée par les grandes puissances. L’objectif ? Éviter que l’IA ne devienne un outil de domination entre les mains des États-Unis et de la Chine, qui dominent actuellement le secteur.

« Nous ne devons pas devenir les vassaux de l’un ou de l’autre », a-t-il lancé, proposant une mutualisation des capacités de calcul et des investissements pour créer une IA « partagée et transparente ». Cette initiative, si elle se concrétisait, pourrait marquer une avancée majeure pour les pays qui refusent de dépendre des géants technologiques. Pourtant, la faisabilité d’un tel projet reste incertaine, alors que les investissements nécessaires sont colossaux et que les intérêts géopolitiques des États divergent souvent.

La France, avec d’autres pays européens comme l’Allemagne ou les pays nordiques, cherche ainsi à s’imposer comme un acteur majeur dans la course à l’IA, tout en défendant une vision éthique et inclusive du développement technologique. Mais cette ambition se heurte à la réalité des rapports de force économiques, où les États-Unis et la Chine restent les leaders incontestés.

Un discours en demi-teinte, entre idéalisme et réalité

Le discours de Macron à l’ONU a été salué par une partie de la communauté internationale, notamment en Europe, où son plaidoyer pour le multilatéralisme et la justice sociale a trouvé un écho. Cependant, ses propositions concrètes, qu’il s’agisse de Gaza, de l’Ukraine ou de l’IA, peinent à convaincre les sceptiques. Peut-on encore croire en un ordre international basé sur le droit quand les puissances dominantes privilégient la force ?

La France, malgré ses ambitions, reste un acteur de taille moyenne sur la scène mondiale. Son influence est réelle, mais limitée par les réalités géopolitiques. Macron, en quittant la tribune de l’ONU pour la dernière fois de son mandat, laisse derrière lui une question ouverte : celle de l’avenir du multilatéralisme dans un monde où les rapports de force priment sur les valeurs.

Alors que les tensions s’accumulent et que les crises s’enchaînent, une chose est certaine : l’appel de Macron à ne pas céder au chaos résonne comme un avertissement, mais aussi comme un défi pour les générations futures.

Face à la montée des extrêmes en Europe et aux menaces qui pèsent sur la démocratie, son discours sonne comme un rappel : le combat pour un monde plus juste n’est pas encore perdu, mais il exige une mobilisation sans faille.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (3)

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Q

Quimperlé

il y a 56 minutes

Macron à l'ONU ? L'ONU c'est comme l'OM : ça fait rêver mais au final y'a que les mecs en costard qui gagnent. Comme d'hab.

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A

Anne-Sophie Rodez

il y a 17 minutes

@quimperle Tu simplifies à l'extrême. Le multilatéralisme c'est le seul rempart contre l'unilatéralisme américain ou chinois. Regarde le Covid : sans coordination, on serait tous morts. Mais tu préfères peut-être le chaos, c'est ton droit...

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Etchecopar

il y a 1 heure

nooooon mais ils vont arreter un jour à faire les grands discours??? on a vu ce que ça donne en 2022 avec la retraitssssééé 43 ans... mdrr 😭😭😭

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