Un voyage diplomatique sous le signe de la désinformation
La visite officielle d'Emmanuel Macron en Inde, du 17 au 19 février 2026, a été marquée par une vague de fake news visant à discréditer le président français et les relations franco-indiennes. Une vidéo truquée, diffusée massivement sur les réseaux sociaux, lui prête des propos insultants envers l'armée indienne et le gouvernement de New Delhi. Une manipulation grossière, rapidement démentie par les services de communication de l'Élysée.
Un « deepfake » pour nuire à la diplomatie française
La séquence, visionnée des centaines de milliers de fois, montre Macron prononçant des paroles fictives sur un marché perdu par l'Inde et une opération militaire ratée. En réalité, le président n'a jamais évoqué ces sujets lors de son discours à Bombay. Les experts en vérification d'informations, dont le média D-Intent Data, pointent du doigt une campagne de désinformation d'origine pakistanaise, visant à affaiblir l'Inde sur la scène internationale.
Cette manipulation s'inscrit dans un contexte tendu entre New Delhi et Islamabad, après les frappes controversées de mai 2025 au Cachemire. La France, en tant que partenaire stratégique de l'Inde, est une cible privilégiée pour ces attaques. Certains observateurs y voient aussi l'influence de la Chine, soucieuse de saper les alliances occidentales en Asie.
La droite française en ordre dispersé face à Macron
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider les relations franco-indiennes, une partie de l'opposition française a sauté sur l'occasion pour critiquer le président. Des figures de l'extrême droite, comme Florian Philippot, ont moqué la tenue traditionnelle portée par Macron lors de sa visite au temple sikh de Bangla Sahib. Une posture hypocrite, alors que d'autres dirigeants occidentaux, comme Justin Trudeau ou David Cameron, ont adopté le même protocole sans susciter de commentaires.
Ces attaques relèvent d'une stratégie politique visant à discréditer la diplomatie macroniste, accusée de « soumission » aux traditions locales. Une rhétorique dangereuse, qui rappelle les dérives identitaires de certains partis européens, comme la Hongrie de Viktor Orbán, farouchement opposée à toute forme de multiculturalisme.
L'Inde, un partenaire clé face aux menaces autoritaires
Au-delà des polémiques, cette visite souligne l'importance croissante de l'Inde dans la stratégie française. Face aux ambitions hégémoniques de la Chine et à l'instabilité au Moyen-Orient, New Delhi est un allié précieux pour la France. Les accords signés dans les domaines technologique et culturel renforcent cette coopération, malgré les tensions géopolitiques.
Le gouvernement Lecornu mise sur cette alliance pour contrebalancer l'influence grandissante de Pékin en Asie. Une approche pragmatique, qui contraste avec les postures bellicistes de certains pays occidentaux, comme les États-Unis, dont les sanctions économiques contre la Russie ont fragilisé les équilibres mondiaux.
Une visite qui confirme les fractures politiques françaises
Cette affaire illustre les divisions persistantes en France, où une frange de la droite et de l'extrême droite refuse toute ouverture culturelle. Alors que l'Union européenne et les démocraties asiatiques progressistes, comme le Japon ou le Canada, promeuvent le dialogue interculturel, ces forces réactionnaires s'enferment dans un nationalisme étriqué.
Face à ces défis, le président Macron a réaffirmé son engagement en faveur d'une diplomatie ouverte et respectueuse des traditions locales. Une posture qui, malgré les critiques, s'inscrit dans la continuité des valeurs républicaines et européennes.