Un rôle actif malgré les divisions européennes
Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans sa deuxième semaine, Emmanuel Macron se rend à Chypre ce lundi 9 mars 2026 pour afficher la solidarité française. Une visite symbolique, alors que l'île a subi des frappes iraniennes la semaine dernière. Mais derrière cette démonstration de soutien, se cache une stratégie bien plus complexe.
La France et l'Europe en première ligne
Contrairement aux apparences, la France n'est pas un simple spectateur dans ce conflit. Le porte-avions Charles de Gaulle est positionné au large de Chypre, accompagné de navires espagnols, grecs et italiens. Une présence militaire qui rappelle l'article 42.7 du traité sur l'Union européenne : toute agression contre un État membre engage la solidarité des autres.
Bernard Guetta, eurodéputé Renew et géopolitologue, insiste sur ce rôle actif :
"La France a un rôle d'intermédiaire à jouer, voire de médiateur. Nous avons des accords de défense avec les pays du Golfe et une relation différente avec les États-Unis."
Des divisions européennes persistantes
Si l'Europe semble unie sur l'objectif final – éviter une victoire du régime iranien – les divergences sur les moyens restent profondes. L'Espagne, par la voix de son Premier ministre Pedro Sánchez, a critiqué une action militaire "unilatérale et dangereuse". Une position qui s'explique par les liens historiques de Madrid avec le Proche-Orient.
En revanche, l'Allemagne et les pays baltes adoptent une ligne plus ferme. Une division qui reflète les clivages traditionnels de l'Union européenne, mais aussi les intérêts géostratégiques de chaque pays.
Macron, médiateur malgré lui ?
Le président français a multiplié les contacts ces derniers jours, s'entretenant avec Donald Trump et le président iranien. Un rôle de médiateur que certains jugent ambitieux, voire illusoire. Pourtant, Bernard Guetta y croit :
"Il y aura un moment où il faudra des intermédiaires. La France, par sa position et ses alliances, est bien placée pour jouer ce rôle."
Reste à savoir si cette diplomatie active suffira à éviter une escalade. Les frappes iraniennes sur Chypre et les réponses israéliennes montrent que le conflit est loin d'être sous contrôle.
Un équilibre délicat
La France navigue entre deux eaux : condamner fermement l'Iran sans aliéner les États-Unis, tout en évitant de donner l'impression d'un soutien inconditionnel à Washington. Une posture qui rappelle le "en même temps" macronien, mais qui, cette fois, pourrait se révéler indispensable.
Alors que la guerre s'intensifie, la question se pose : la France a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Ou se contentera-t-elle d'un rôle de figurant, malgré les déclarations officielles ?