L'UE face à l'impérialisme économique américain
Le président français Emmanuel Macron a appelé dimanche ses partenaires européens à activer l'instrument anticoercition de l'Union européenne pour contrer les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump. Le milliardaire américain, déterminé à s'approprier le Groenland, territoire autonome danois, a accru la pression en menaçant d'imposer des droits de douane de 10% dès le 1er février, puis de 25% en juin, tant que Washington n'obtiendra pas satisfaction.
Un outil conçu pour résister aux chantages économiques
Adopté en juin 2023, cet instrument européen vise à punir tout pays utilisant des sanctions économiques pour faire pression sur un État membre. Selon les textes de l'UE, la coercition économique existe lorsqu'un pays tiers interfère dans les choix souverains légitimes de l'UE.
Initialement pensé pour répondre aux tensions entre la Lituanie et la Chine, cet outil n'a jamais été utilisé. Pourtant, son activation avait été évoquée au printemps 2025 face aux droits de douane américains, mais les 27 États membres avaient alors préféré le dialogue.
Macron mise sur la solidarité européenne
Le président français estime que toutes les voies diplomatiques ont été épuisées et que l'UE doit désormais muscler sa réponse face à des menaces tarifaires inacceptables. « L'activation de l'instrument anticoercition devrait être explicitement envisagée, car il a été conçu précisément pour faire face à des situations d'intimidation économique de cette nature », a déclaré Valérie Hayer, présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen.
La France s'apprête à convaincre ses partenaires, notamment l'Allemagne, l'Italie et la Pologne, de soutenir cette mesure. « La puissance du marché européen est réelle, et les États-Unis ne peuvent s'en passer », a souligné l'eurodéputée Laurence Farreng.
Un mécanisme complexe mais puissant
L'UE peut recourir à diverses représailles : gel d'accès aux marchés publics, blocage d'autorisations de mise sur le marché de certains produits, ou encore blocage d'investissements. La Commission européenne dispose de quatre mois pour évaluer la situation, puis le Conseil de l'UE doit approuver la mesure à la majorité qualifiée.
Si l'Allemagne, l'Italie et la Pologne s'opposent à cette mesure, l'UE pourrait se retrouver dans une situation délicate, face à un président américain de plus en plus agressif.
Le Groenland, un enjeu stratégique
Le territoire autonome danois, riche en ressources naturelles, est au cœur des ambitions géopolitiques de Donald Trump. Des manifestations massives ont eu lieu au Groenland pour dénoncer ces ambitions, avec des slogans comme « Nous ne sommes pas à vendre ».
Alors que la France et l'UE cherchent à défendre leur souveraineté économique, la question se pose : jusqu'où ira Trump pour imposer sa vision ?