Marine Tondelier lance un plan choc pour les enfants : 'Un pays doit être à hauteur d'eux'

Par Mathieu Robin 17/09/2026 à 18:14
Marine Tondelier lance un plan choc pour les enfants : 'Un pays doit être à hauteur d'eux'

Marine Tondelier, candidate écologiste enceinte, dévoile un plan choc pour les enfants : centres anti-violences, ASE réformée, vacances pour tous. Une réponse urgente à l'abandon des mineurs en France ?

Une candidate enceinte à l'Élysée brise le silence sur l'enfance abandonnée

Alors que le quinquennat Macron s'essouffle, avec un gouvernement Lecornu II en survie politique, Marine Tondelier, cheffe des Écologistes et candidate à la présidentielle, a choisi de braquer les projecteurs sur un sujet trop souvent relégué aux marges des débats publics : l'enfance. Jeudi 17 septembre 2026, à quelques jours de son accouchement, elle a présenté à Arcueil (Val-de-Marne) un ambitieux programme « pour un pays à hauteur d'enfant », marquant ainsi une rupture symbolique avec une classe politique qui semble avoir oublié que la protection de la jeunesse est le fondement même d'une démocratie saine.

Cette initiative intervient dans un contexte où les violences faites aux mineurs atteignent des niveaux alarmants, tandis que les dysfonctionnements de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) s'accumulent, sans que l'exécutif ne propose de solutions structurelles. Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une prétendante à l'Élysée mène campagne enceinte, un détail qui en dit long sur l'urgence à repenser les politiques publiques en faveur des plus vulnérables.

Violences sexuelles : l'urgence d'un système à la dérive

Les chiffres sont glaçants : un enfant est victime de violences sexuelles toutes les trois minutes dans l'espace public, selon les dernières données disponibles. Face à ce fléau, Marine Tondelier propose de s'inspirer du modèle belge en déployant des centres pluridisciplinaires dédiés aux victimes mineures. Ces structures, où se croisent médecins, psychologues et magistrats, permettraient une prise en charge globale et immédiate, là où le système actuel, à bout de souffle, multiplie les parcours du combattant pour les familles. Une proposition qui contraste avec l'immobilisme du gouvernement Lecornu, dont les dernières mesures en la matière se limitent à des déclarations creuses et à des ajustements budgétaires insuffisants.

« La place des enfants dans les politiques publiques est déprimante. Comme si ce n'était pas un sujet politique et que les enfants ne devenaient politiques que lorsqu'ils obtenaient le droit de vote à 18 ans. »

Outre la création de ces centres, la candidate écologiste exige que les crimes commis contre des mineurs soient imprescriptibles, une mesure de bon sens rejetée depuis des années par une droite frileuse et une extrême droite obsédée par l'ordre moral plutôt que par la protection des victimes. Elle propose également la mise en place d'un fichier de prévention pédocriminelle, une initiative controversée mais nécessaire pour traquer les activités en ligne à risque et protéger les mineurs des prédateurs numériques.

L'ASE, un système à bout de souffle : l'heure des comptes

Les scandales se succèdent dans l'Aide sociale à l'enfance, où des enfants placés dans des familles d'accueil ou des foyers lucratifs subissent parfois des maltraitances pires que celles qu'ils ont fuies. Les Écologistes, dans leur programme, assènent un constat sans appel : le secteur lucratif doit être interdit dans la protection de l'enfance. Une mesure radicale, mais indispensable face à des acteurs privés qui privilégient souvent le profit au bien-être des enfants. Par ailleurs, Marine Tondelier plaide pour un accompagnement financier des jeunes issus de l'ASE jusqu'à 25 ans, une avancée majeure pour briser le cycle de la précarité qui frappe ces jeunes une fois adultes.

Cette proposition s'inscrit dans une logique plus large de justice sociale, là où le gouvernement actuel, sous la pression des baisses de dépenses publiques, continue de réduire les budgets alloués à la jeunesse. Les associations, déjà en colère contre les coupes dans les politiques éducatives, voient dans ce plan une lueur d'espoir, même si son financement reste à préciser.

Un pays qui oublie ses enfants : l'éducation sacrifiée

Pour Marine Tondelier, l'enfance ne se réduit pas à la protection contre les violences. Elle doit aussi pouvoir s'épanouir. C'est pourquoi les Écologistes défendent un droit aux vacances pour tous les enfants, une mesure phare qui vise à réduire les inégalités territoriales et sociales. Aujourd'hui, des milliers de familles modestes renoncent aux congés par manque de moyens, alors que l'État dépense des milliards dans des subventions inefficaces aux grandes entreprises.

Autre innovation majeure : la création d'une Assemblée nationale des enfants, tirée au sort parmi les jeunes de 12 à 17 ans, pour leur permettre de faire entendre leurs voix directement aux décideurs. Une idée inspirée des démocraties participatives, là où le gouvernement préfère les consultations bidon et les comités consultatifs sans réelle influence. Cette proposition s'inscrit dans une volonté de démocratie renouvelée, loin des cercles fermés du pouvoir actuel.

Parmi les autres mesures phares, on note l'instauration d'un statut des familles monoparentales, souvent laissées pour compte dans les politiques familiales, et la fin des remises à la rue des familles avec enfants, une pratique indigne d'un pays qui se prétend civilisé. Enfin, les Écologistes veulent créer un ministère de l'Enfance, placé sous la responsabilité directe du Premier ministre, pour coordonner une politique cohérente et ambitieuse en faveur de la jeunesse. Un ministère doté d'un budget propre, là où les crédits alloués aujourd'hui à l'enfance sont dispersés entre plusieurs ministères, sans aucune vision d'ensemble.

Un symbole fort dans un paysage politique morose

Le timing de cette annonce n'est pas anodin. Alors que le gouvernement Lecornu II, acculé par les divisions de la majorité présidentielle, tente de survivre jusqu'à l'échéance de 2027 en évitant les réformes impopulaires, Marine Tondelier choisit de rappeler que la politique ne se réduit pas aux calculs électoraux. En menant campagne enceinte, elle incarne une nouvelle forme de militantisme, où la vie personnelle et l'engagement public se rejoignent pour porter un message de rupture.

Cette initiative intervient également dans un contexte où l'extrême droite, forte de ses scores électoraux, multiplie les propositions rétrogrades sur la famille et l'éducation, souvent teintées de conservatisme moral. Face à cette menace, les Écologistes tentent de proposer une alternative crédible, en plaçant l'enfance au cœur de leur projet politique. Une stratégie qui pourrait séduire un électorat déçu par les partis traditionnels, mais aussi par les gauches divisées.

Pourtant, les défis sont immenses. Le programme présenté par Marine Tondelier, bien que détaillé, soulève des questions sur son financement. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de pression sur les dépenses publiques, comment concilier ces ambitions avec la rigueur imposée par Bruxelles ? Les Écologistes misent sur une réforme fiscale juste, avec une taxation accrue des plus riches et des multinationales, pour financer ces mesures. Une approche qui se heurte frontalement aux dogmes libéraux du gouvernement, mais qui pourrait trouver un écho dans une société de plus en plus sensible aux inégalités.

Le week-end prochain, Marine Tondelier devra concilier sa campagne avec ses obligations politiques. Elle participera à une réunion à l'Élysée sur les conflits internationaux, un sujet qui la préoccupe au plus haut point, notamment en raison de son engagement européen. Puis, en visioconférence, elle prendra part à un Conseil fédéral de son parti pour définir la stratégie présidentielle. Autant de défis qui s'ajoutent à ceux d'une grossesse à haut risque, dans un pays où la protection sociale, malgré ses failles, reste un rempart contre l'injustice.

Alors que la France s'apprête à entrer dans une année électorale décisive, où les extrêmes risquent de profiter des divisions de la gauche, Marine Tondelier offre une vision alternative : celle d'un pays qui place enfin ses enfants au centre de ses priorités. Une utopie ? Peut-être. Mais une utopie nécessaire, face à un pouvoir qui semble avoir oublié l'avenir.

Réactions et perspectives : un débat qui ne peut plus attendre

Les associations de défense de l'enfance ont salué l'initiative, même si certaines pointent du doigt le manque de détails sur le financement. « C'est une avancée majeure, mais il faut maintenant que les autres candidats s'emparent du sujet », a réagi Sophie Body-Gendrot, présidente de l'Observatoire national de la protection de l'enfance. « La question de l'enfance ne doit plus être un parent pauvre de la campagne. »

À droite, les réactions sont plus mitigées. Certains élus LR reconnaissent l'urgence de réformer l'ASE, mais rejettent l'idée d'un ministère dédié, jugé trop coûteux. Quant au Rassemblement National, il préfère mettre en avant ses propositions sur la « sécurité familiale », sans jamais évoquer les violences institutionnelles ou les inégalités structurelles qui frappent les mineurs. Une posture révélatrice de son incapacité à proposer des solutions globales.

Face à ce constat, Marine Tondelier et les Écologistes semblent déterminés à faire de l'enfance un enjeu central de la campagne. Une stratégie risquée, mais qui pourrait bien redonner un souffle à une gauche en quête de sens. Dans un pays où les jeunes générations se détournent de plus en plus de la politique, leur message a au moins le mérite de rappeler que le progrès social ne se décrète pas : il se construit, un enfant à la fois.

L'Europe et les leçons à tirer : pourquoi la France prend du retard

Alors que des pays comme la Norvège ou le Japon ont fait de la protection de l'enfance une priorité absolue, la France accumule les retards. Les centres pluridisciplinaires belges, cités en exemple par Marine Tondelier, fonctionnent depuis des années avec des résultats probants. Pourquoi notre pays, berceau des droits de l'homme, n'est-il pas capable d'offrir le même niveau de protection à ses mineurs ? La réponse tient sans doute dans un mélange de négligence politique et de manque de volonté budgétaire.

Les Écologistes, eux, misent sur l'Europe pour faire pression. Leur programme inclut une demande de coordination renforcée au niveau européen, notamment pour lutter contre les réseaux de pédocriminalité en ligne, souvent hébergés dans des pays où la législation est laxiste. Une approche réaliste, là où le gouvernement français préfère souvent agir seul, sans chercher à construire des alliances solides.

Enfin, last but not least, la candidate écologiste a rappelé l'importance de l'éducation comme levier de transformation sociale. Dans un contexte où les inégalités scolaires se creusent, elle propose de renforcer les moyens alloués aux écoles publiques, notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales. Une mesure qui s'inscrit dans la droite ligne des politiques menées par des pays comme le Canada ou les pays scandinaves, où l'école est considérée comme un pilier de la cohésion sociale.

Alors que la France s'enfonce dans une crise politique et sociale sans précédent, l'initiative de Marine Tondelier rappelle une évidence : un pays qui n'investit pas dans ses enfants prépare son propre déclin.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (4)

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Maïwenn Caen

il y a 56 minutes

@veronique-de-poitou Oui enfin attends, tu crois vraiment que c'est avec des centres anti-violences et des vacances que tu résouds le problème ? Le vrai sujet c'est la précarité des familles, les alloc ouvrières qui baissent, les HLM qui crèvent... Moi je dis que c'est du pipeau si derrière y'a pas un vrai plan social. Mais bon, après, les écolos c'est bien pour les discours, moins pour les actes... mouais.

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V

Véronique de Poitou

il y a 1 heure

nooooon mais c'est trop biennn !!! Enfin qqun qui pense aux enfants au lieu de se prendre le chou sur les retraites ou le nucléaire !! FINALEMENT un truc concret !!! mdr ils vont encore dire que c'est trop cher ou que ça va coûter des milliards mais BON SANG SA FAIT 13 ANS QU'ON EN PARLE SANS RIEN FAIRE OUIIII !!!

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B

BookWorm

il y a 2 heures

Ce plan reprend des mesures déjà évoquées en 2019 sous forme de rapports parlementaires. Le problème n'est pas l'absence de propositions, mais leur mise en œuvre incomplète. Pourquoi les mêmes constats reviennent-ils sans cesse sans changement concret ? La réforme de l'ASE, par exemple, a été promise après chaque scandale médiatique... sans suite. On attend les actes.

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Ainhoa

il y a 3 heures

Encore une candidate qui découvre les problèmes quand elle a un gosse... Génial. pk pas avant ? Trop occupé·e à faire du greenwashing ?!!

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