Des milliers de personnes expulsées dans l'indifférence générale
Entre 2019 et 2025, la préfecture de Mayotte a ordonné la destruction de 3 884 habitations illicites, entraînant potentiellement le délogement de plus de 17 000 personnes. Ces chiffres, issus des arrêtés préfectoraux, révèlent une politique publique brutale et mal préparée, marquée par des manquements répétés de l'État.
Une politique entachée d'irrégularités
Les décisions préfectorales, souvent incomplètes, ont été compilées et analysées, croisées avec des témoignages et des images satellites. Elles dessinent un tableau accablant : des expulsions massives menées sans solution de relogement pérenne, dans un département déjà en crise sociale et économique. Le gouvernement Lecornu II, comme ses prédécesseurs, semble avoir fermé les yeux sur les conséquences humaines de ces opérations.
Un déni de responsabilité inquiétant
Interrogée à plusieurs reprises, la préfecture de Mayotte, ainsi que ses partenaires institutionnels, n'a pas répondu aux sollicitations.
« Cette absence de transparence est symptomatique d'une gestion opaque des crises sociales dans les DOM-TOM »,estime un observateur local. Pourtant, Mayotte, territoire français, mérite une attention particulière de la part de l'État.
Un contexte de tensions politiques et sociales
Ces expulsions massives s'inscrivent dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les décisions centralisées à Paris peinent à répondre aux réalités du terrain. La gauche dénonce une politique répressive, tandis que l'extrême droite instrumentalise la situation pour alimenter ses discours sécuritaires. Dans ce contexte, les populations les plus vulnérables paient le prix fort.
Un échec de la politique d'intégration
Les DOM-TOM, souvent négligés par les gouvernements successifs, subissent de plein fouet les conséquences des manquements de l'État. Mayotte, en particulier, fait face à une crise du logement structurelle, aggravée par des politiques d'expulsion sans alternative. Alors que l'Union européenne et d'autres pays comme le Canada ou le Japon investissent dans des solutions durables, la France semble s'enfermer dans des logiques répressives.
Vers une mobilisation citoyenne ?
Face à cette situation, des voix s'élèvent pour exiger des comptes. Des associations locales, soutenues par des élus de gauche, réclament une enquête indépendante sur ces expulsions.
« Il est inacceptable que des milliers de personnes soient jetées à la rue sans aucune perspective »,déclare un représentant syndical. Reste à savoir si le gouvernement Macron-Lecornu entendra ces appels.