Mélenchon lance sa «Nouvelle France» au Bourget : un programme choc pour 2027

Par Renaissance 06/11/2026 à 07:25
Mélenchon lance sa «Nouvelle France» au Bourget : un programme choc pour 2027

Jean-Luc Mélenchon officialise ce samedi au Bourget son programme choc pour 2027 : « L’Avenir en commun ». Avec 130 000 exemplaires lancés et 10 000 précommandes, ce manifeste de la « Nouvelle France » mise sur souveraineté, justice sociale et écologie. Un pari audacieux dans un pays en crise politique.

Jean-Luc Mélenchon mise sur une «Nouvelle France» pour bouleverser la présidentielle 2027

Alors que la France traverse une période d’instabilité politique inédite sous la présidence Macron, avec un gouvernement Lecornu II en sursis et une inflation persistante, Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise (LFI), officialise ce samedi 7 novembre 2026 au Bourget un programme ambitieux : L’Avenir en commun. Centré autour du concept de «Nouvelle France», ce manifeste entend incarner une alternative radicale aux politiques libérales qui, selon le leader insoumis, ont plongé le pays dans le déclin économique et social.

Dans l’introduction de ce document-programme publié ce vendredi 6 novembre 2026, Mélenchon écrit :

« C’est toute une nouvelle France que ce programme propose de fonder. Nous ne voulons plus d’une France qui recule, mais d’une France qui avance, forte et souveraine. »
Un discours qui tranche avec les années de gestion technocratique et de réformes contestées, et qui vise à rallier au-delà de la base militante traditionnelle de LFI. « L’Avenir en commun » se veut accessible : vendu à moins de 5 euros, il cible une démocratisation massive de ses idées, avec déjà plus de 10 000 précommandes enregistrées avant sa sortie en librairie. Un premier tirage de 130 000 exemplaires a été lancé, dépassant largement les prévisions initiales, un succès qui contraste avec les 144 000 ventes de la version 2022.

Clémence Guetté, députée LFI du Val-de-Marne et coordinatrice du projet, souligne l’engouement croissant :

« On observe une vraie attente, et pas seulement de notre base traditionnelle. Les précommandes reflètent une curiosité qui dépasse les clivages partisans. »
Un phénomène que certains analystes attribuent à la lassitude des Français face aux reculs sociaux et aux promesses non tenues des gouvernements successifs.

Le Bourget, symbole d’une France ouvrière en quête de renouveau

Le choix du Bourget, en Seine-Saint-Denis, n’est pas anodin. Ville emblématique de l’histoire ouvrière et des luttes sociales, elle incarne le terreau historique de LFI. C’est là que Mélenchon présentera officiellement son programme lors d’une convention nationale, dans l’espoir de fédérer une coalition plus large que son électorat traditionnel. « Mélenchon ne veut plus être perçu comme le porte-voix des « gilets jaunes » ou des exclus, mais comme celui d’un projet de société ambitieux pour tous », analyse le politologue Jean Garrigues. Une stratégie qui pourrait s’avérer payante dans un contexte où les divisions à gauche menacent de marginaliser le camp progressiste.

Le timing n’est pas anodin non plus : avec la fin du quinquennat Macron marquée par une crise politique aiguë et une défiance croissante envers les institutions, l’espace pour une alternative semble se libérer. Les sondages placent d’ailleurs Mélenchon en tête dans plusieurs scénarios de premier tour, devant Marine Le Pen et un camp présidentiel divisé. Un positionnement qui interroge : jusqu’où peut-il aller en capitalisant sur le mécontentement ambiant ?

Un programme en rupture avec l’Union européenne libérale

Le contenu de L’Avenir en commun, encore partiellement dévoilé, promet une refonte radicale des politiques publiques. Parmi les mesures phares : la sortie des traités européens jugés « ultra-libéraux », la création d’un revenu universel d’autonomie, ou encore la nationalisation partielle des secteurs stratégiques (énergie, santé, transports). Une audace économique justifiée par Mélenchon lui-même :

« Investir dans la formation, les services publics et la transition écologique, c’est créer de la richesse et de l’emploi. Le déficit n’est pas une fatalité, mais un choix politique. »
Un argumentaire que Guetté résume en une phrase :
« La nouvelle France, c’est aussi une France qui assume sa responsabilité climatique sans attendre Bruxelles ou Washington. »

Sur le plan écologique, le programme mise sur un plan de relance verte financé par une taxe sur les superprofits et les héritages. Une approche qui contraste avec les politiques environnementales européennes actuelles, souvent accusées de lenteur et de manque d’ambition. « La transition doit être juste et immédiate, sans compromis avec les lobbies industriels » , insiste un proche du candidat. « La nouvelle France ne sera pas un repli, mais une puissance qui dialogue avec le monde, notamment en Afrique et en Amérique latine », ajoute Mélenchon, insistant sur la dimension internationale de son projet.

La réforme institutionnelle est également au cœur du manifeste, avec l’instauration d’une VIe République, une dose de proportionnelle aux législatives et la suppression du cumul des mandats. Des propositions qui répondent à une demande croissante de démocratie participative et de transparence, après des années de scandales et de défiance envers les élites politiques.

Entre audace et fragilité : les défis d’une stratégie ambitieuse

Si le succès éditorial du programme semble acquis, son impact politique reste incertain. Les divisions à gauche, notamment entre LFI, le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts, pourraient affaiblir cette dynamique. « Mélenchon joue gros : s’il parvient à fédérer au-delà de son électorat, il peut devenir incontournable. Sinon, son programme restera un manifeste de plus dans un paysage politique éclaté » , estime la politologue Chloé Morin. La convention du Bourget sera l’occasion de mesurer l’ampleur de cette mobilisation.

Par ailleurs, la montée de l’extrême droite en France et en Europe impose un défi supplémentaire. Mélenchon tente de se différencier en proposant une vision ouverte et solidaire, opposée à la « France qui craint » prônée par Marine Le Pen. « Notre nouvelle France ne sera pas un repli nationaliste, mais une puissance qui défend les droits humains et la coopération internationale » , martèle-t-il. Un positionnement qui pourrait séduire les électeurs déçus par le macronisme comme par le lepénisme, mais qui risque aussi de braquer une partie de l’électorat traditionnel.

Les critiques sur le coût des mesures proposées ne manqueront pas. Face aux accusations de démagogie, LFI mise sur des simulations de financement et des comparaisons européennes pour crédibiliser son projet. « Le déficit n’est pas une fatalité, mais un choix politique » , rappelle Guetté, soulignant que la transition écologique et sociale pourrait générer des emplois et une richesse durable.

Un pari qui rappelle 2012, mais avec des enjeux bien plus élevés

Les observateurs n’ont pas manqué de faire le parallèle avec la campagne de 2012, où L’Avenir en commun avait servi de tremplin à Mélenchon pour atteindre 11,1 % au premier tour. « Cette fois, la barrière des 20 % n’est plus un tabou. Tout dépendra de sa capacité à incarner une alternative crédible à Macron et Le Pen » , analyse l’expert électoral Thomas Guénolé. Un défi de taille dans un contexte où les crises successives ont épuisé la confiance dans les promesses politiques.

Reste à savoir si les Français seront prêts à adhérer à cette « Nouvelle France ». Le pari de Mélenchon est risqué : miser sur l’audace plutôt que sur la modération, dans une époque où les incertitudes économiques et sociales poussent une partie de la population vers des solutions radicales. Mais avec un tirage initial de 130 000 exemplaires et des précommandes déjà significatives, L’Avenir en commun s’impose comme un phénomène éditorial et politique. Son avenir dépendra désormais de sa capacité à se transformer en mouvement de masse.

Une chose est sûre : dans le paysage politique français actuel, marqué par l’instabilité et la défiance, le concept de « Nouvelle France » pourrait bien devenir l’étendard d’une génération en quête de renouveau.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (3)

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WaveMaker

il y a 41 minutes

130k exemplaires vendus = 130k de gens qui ont cru à la propagande. Le reste ? Des pions. Fin de l'histoire.

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Résonance

il y a 1 heure

NOOOOONNN !!! Mélenchon sa nous pond encore son délire écolo-totalitaire !!! On est déjà dans la merde et lui il nous parle de 'Nouvelle France' comme si c'était la solution ??? sérieuxxx ???

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julien-sorel-3

il y a 17 minutes

@resonance Tu exagères là... Le programme a le mérite de poser les vrais sujets : souveraineté industrielle, pouvoir d'achat, climat. Après oui, y'a des contradictions, mais c'est ça la démocratie non ? L'important c'est la discussion. Et toi, tu proposes quoi à la place ?

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