Une vague verte qui menace de se briser
Six ans après leur percée spectaculaire lors des municipales de 2020, Les Écologistes abordent le scrutin de 2026 dans un contexte bien moins favorable. Dans un paysage politique marqué par la montée des enjeux économiques et sécuritaires, le parti dirigé par Marine Tondelier doit faire face à une double menace : la droite unie et la gauche divisée.
Un héritage écologiste fragilisé
En 2020, les écologistes avaient conquis sept grandes villes, portée par une dynamique climatique et un contexte pandémique propice. Aujourd'hui, les sondages et les observateurs prédisent un reflux de cette influence. Les mauvais résultats aux européennes de 2024, où le parti a frôlé les 5%, et les polémiques locales ont entamé leur crédibilité.
"On est beaucoup moins 'hype' qu'en 2020", regrette un responsable écologiste.
Des alliances fragiles et des divisions internes
Les Écologistes, souvent alliés au Parti Socialiste, subissent les attaques répétées de La France Insoumise, qui a fait de ces municipales un objectif stratégique. Plusieurs élus locaux ont même rejoint les rangs insoumis, dénonçant les alliances trop fréquentes avec le PS. Une tribune signée par plus de 400 militants a également critiqué la direction du parti, provoquant une suspension de plusieurs signataires.
L'enjeu des grandes villes
Les regards se tournent vers Lyon, où Grégory Doucet affronte Jean-Michel Aulas, ou Strasbourg, où Jeanne Barseghian pourrait perdre face à Catherine Trautmann. À Lille, Stéphane Baly espère enfin conquérir la mairie, mais la division de la gauche pourrait lui être fatale.
Une campagne sous tension
Alors que la droite se présente unie dans de nombreuses villes, les Écologistes doivent aussi gérer les tensions avec leurs alliés traditionnels. "Marine Tondelier, tant qu'elle n'a pas à choisir entre LFI et le PS, elle est debout. Dès qu'elle choisit, elle tombe", analyse un cadre du parti.
Un scrutin révélateur pour 2027
Ces élections municipales pourraient bien être un premier test pour la gauche en vue de la présidentielle de 2027. Alors que Jean-Luc Mélenchon prépare une candidature autonome, Les Écologistes, engagés dans une primaire de la gauche, pourraient voir leur influence s'effriter.