Nuñez défend l’arsenal anti-manifs : gaz lacrymo et grenades sous le feu des critiques

Par Aurélie Lefebvre 02/11/2026 à 21:25
Nuñez défend l’arsenal anti-manifs : gaz lacrymo et grenades sous le feu des critiques

Nuñez refuse de renoncer aux grenades et au gaz lacrymogène malgré les critiques des députés et les blessures de manifestants. Une ligne dure qui divise alors que les tensions sociales montent avant l’élection présidentielle.

Laurent Nuñez maintient ses méthodes controversées de maintien de l’ordre

Face aux vives critiques des députés de gauche concernant l’usage des grenades et du gaz lacrymogène par les forces de l’ordre, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a réaffirmé lundi 2 novembre 2026 sa détermination à ne renoncer à aucun moyen intermédiaire pour garantir la sécurité des policiers lors des rassemblements. Interpellé lors d’une audition budgétaire devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, il a justifié cette position par la nécessité de protéger les agents « pris à partie » dans des contextes de violences urbaines.

Cette déclaration intervient alors que le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un contexte de tensions sociales persistantes, tente de concilier fermeté policière et apaisement des tensions. Les députés de l’opposition, notamment La France insoumise, ont vivement reproché à l’exécutif une politique de maintien de l’ordre jugée répressive, voire dangereuse pour les manifestants, notamment les lycéens blessés lors des récentes mobilisations.

« La répression n’existe pas », selon Nuñez

Répondant point par point aux interpellations, Laurent Nuñez a balayé les accusations de répression d’un revers de main. « La répression, elle n’existe pas », a-t-il lancé à l’adresse de la députée Gabrielle Cathala (LFI), avant d’ajouter : « Nous, on est là pour éviter les troubles à l’ordre public. » Le ministre a par ailleurs salué les manifestations qui se déroulent « sans heurt », se disant « content » lorsque les rassemblements s’achèvent sans intervention musclée.

« Moi, j’interviens quand il y a des violences et uniquement dans ce cas-là. Les gens qui pètent les vitrines et s’en prennent aux forces de l’ordre en balançant des cocktails Molotov doivent savoir qu’ils s’exposent à une réponse proportionnée. »

Cette ligne dure s’inscrit dans un contexte où les violences urbaines, comme celles observées lors des dernières mobilisations, ont atteint une ampleur inédite, avec des dégradations et des pillages de grande envergure. Nuñez a d’ailleurs confirmé qu’il serait de nouveau auditionné le lendemain par la commission d’enquête dédiée à la gestion des troubles du 17 octobre 2026, journée marquée par des scènes de chaos dans plusieurs villes.

Gaz lacrymogène : un outil « sans danger », selon les autorités

Le ministre a également réfuté les inquiétudes concernant les effets du gaz lacrymogène sur la santé, notamment chez les femmes, après que des manifestantes aient rapporté des troubles menstruels consécutifs à son inhalation. « Je n’ai pas connaissance du caractère nocif du gaz lacrymogène », a-t-il déclaré, s’appuyant sur des études menées entre 2021 et 2022 qui, selon lui, « ne constataient aucune atteinte durable ». « Les effets disparaissent très rapidement », a-t-il assuré, avant de conclure : « Je ne suspendrai pas par principe de précaution l’utilisation du gaz lacrymogène. »

Cette position, qui contraste avec les alertes sanitaires relayées par des associations et des médecins, risque de relancer le débat sur l’impact réel des armes de maintien de l’ordre. En Europe, plusieurs pays, comme l’Allemagne ou les pays scandinaves, ont déjà restreint l’usage de ces dispositifs en raison de leurs effets collatéraux, tandis que la Hongrie et d’autres régimes illibéraux en font un usage massif sans encadrement.

Un gouvernement sous pression avant l’échéance présidentielle

Alors que le quinquennat d’Emmanuel Macron approche de son terme, la gestion des crises sociales devient un enjeu majeur pour l’exécutif. Les tensions entre forces de l’ordre et manifestants, couplées aux divisions au sein de la majorité présidentielle, alimentent un climat politique déjà tendu. Les prochains mois s’annoncent décisifs, avec une opposition déterminée à faire entendre sa voix, tandis que l’extrême droite, en progression dans les sondages, pourrait capitaliser sur le mécontentement ambiant.

Dans ce contexte, la fermeté affichée par Laurent Nuñez semble répondre à une stratégie plus large visant à dissuader les violences avant les prochaines échéances électorales. Pourtant, les images de policiers en intervention musclée, couplées aux récits de blessés parmi les manifestants, risquent d’alimenter les critiques contre un gouvernement perçu comme sourd aux revendications sociales.

Les prochaines semaines diront si cette politique de « tolérance zéro » parviendra à rétablir un climat de confiance, ou si elle creusera davantage le fossé entre les institutions et une partie de la population.

Les violences policières, un débat récurrent en Europe

La question du maintien de l’ordre divise largement en Europe, où les pratiques varient d’un pays à l’autre. En Espagne, les autorités ont récemment durci leur discours face aux mouvements sociaux, tandis que dans les pays baltes, les forces de l’ordre font face à des accusations de brutalité lors des manifestations pro-européennes. À l’inverse, des États comme la Norvège ou la Finlande privilégient des méthodes moins coercitives, privilégiant le dialogue et la médiation.

En France, le débat sur l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles prend une dimension particulière à l’approche de l’élection présidentielle. Les associations de défense des droits humains, comme Amnesty International, appellent régulièrement à une réforme des pratiques policières, pointant du doigt l’usage disproportionné de la force. Pourtant, le gouvernement reste sourd à ces revendications, arguant que la priorité doit être donnée à la protection des agents et des biens publics.

Alors que les prochaines mobilisations s’annoncent d’ores et déjà tendues, l’issue de ce bras de fer entre l’État et les citoyens pourrait bien redéfinir le visage de la démocratie française dans les années à venir.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (1)

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B

Beauvoir

il y a 1 heure

Nooooon mais sérieux ??? ils vont nous gazer jusqu’à l’élection présidentielle ou quoi ??? ptdr on est dans quel pays la ??? franchement la dégoutance totale...

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