Perpignan sous Aliot : une gestion discrète mais une ville en crise

Par SilverLining 22/02/2026 à 15:20
Perpignan sous Aliot : une gestion discrète mais une ville en crise

Perpignan sous Louis Aliot : entre immobilisme et crise des services publics, la ville vitrine de l’extrême droite française fait face à des défis majeurs.

Un mandat entre immobilisme et tensions

Diriger une ville sous l’étiquette de l’extrême droite n’est pas une sinécure, surtout lorsque celle-ci sert de vitrine politique. Perpignan, sous la houlette de Louis Aliot depuis six ans, incarne cette contradiction : une façade rassurante, mais une réalité sociale et financière qui se dégrade.

Un bilan en demi-teinte

L’élu du Rassemblement national (RN) a su capitaliser sur un électorat populaire et une partie de la bourgeoisie locale, évitant les excès du programme lepéniste pour se fondre dans le paysage politique local. Pourtant, son mandat reste marqué par un immobilisme stratégique, où l’absence d’initiatives audacieuses semble être la meilleure garantie de ne pas faire parler de la ville au-delà de ses frontières.

Cette stratégie trouve ses limites dans la gestion des crises locales. La crise des services publics se fait particulièrement sentir, avec des infrastructures vieillissantes et un manque criant d’investissements. Aliot, souvent en conflit avec Robert Vila, maire de l’agglomération et ancien LR, se retrouve privé de leviers d’action sur des enjeux clés comme l’économie ou les transports.

Un avenir incertain

Alors que les élections municipales approchent, Aliot mise sur sa réélection, malgré les nuages judiciaires qui planent sur lui. Dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN, le parquet a requis trois ans d’inéligibilité, ce qui pourrait réduire son mandat à quelques mois seulement.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les élus d’extrême droite peinent à concilier leur rhétorique populiste avec les réalités de la gestion municipale. Perpignan, comme d’autres villes dirigées par le RN, devient un laboratoire des contradictions d’un parti qui cherche à se normaliser tout en conservant son socle électoral.

Un modèle à l’export ?

Si Aliot parvient à se maintenir, son cas pourrait servir d’exemple pour d’autres villes où le RN ambitionne de s’implanter. Mais pour l’instant, Perpignan reste une ville divisée, où les promesses de campagne se heurtent à une réalité économique et sociale difficile.

Dans un pays où la guerre des droites s’intensifie, la gestion de Perpignan par Aliot illustre les défis d’un parti qui cherche à concilier radicalité et pouvoir local. Une équation délicate, dont l’issue reste incertaine.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (2)

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FXR_569

il y a 2 jours

Perpignan illustre parfaitement les limites d'une gestion municipale axée sur le symbole plutôt que sur les réalités sociales. Entre 2014 et 2020, le budget consacré aux services publics a baissé de 12% (source : rapport de la chambre régionale des comptes). Quand on voit l'état des écoles et des transports, ça ne surprend pas. Le problème, c'est que l'extrême droite préfère les discours chocs aux solutions concrètes.

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Tmèse

il y a 2 jours

@fxr-569 Franchement, t'exagères un peu non ? Aliot a au moins nettoyé les rues et mis fin à l'insécurité dans le centre-ville. Après, ok, y'a des trucs qui marchent pas, mais c'est pareil dans toutes les villes de France. Et puis, t'as des chiffres pour tout, mais t'as des solutions toi ?

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