Un mandat entre immobilisme et tensions
Diriger une ville sous l’étiquette de l’extrême droite n’est pas une sinécure, surtout lorsque celle-ci sert de vitrine politique. Perpignan, sous la houlette de Louis Aliot depuis six ans, incarne cette contradiction : une façade rassurante, mais une réalité sociale et financière qui se dégrade.
Un bilan en demi-teinte
L’élu du Rassemblement national (RN) a su capitaliser sur un électorat populaire et une partie de la bourgeoisie locale, évitant les excès du programme lepéniste pour se fondre dans le paysage politique local. Pourtant, son mandat reste marqué par un immobilisme stratégique, où l’absence d’initiatives audacieuses semble être la meilleure garantie de ne pas faire parler de la ville au-delà de ses frontières.
Cette stratégie trouve ses limites dans la gestion des crises locales. La crise des services publics se fait particulièrement sentir, avec des infrastructures vieillissantes et un manque criant d’investissements. Aliot, souvent en conflit avec Robert Vila, maire de l’agglomération et ancien LR, se retrouve privé de leviers d’action sur des enjeux clés comme l’économie ou les transports.
Un avenir incertain
Alors que les élections municipales approchent, Aliot mise sur sa réélection, malgré les nuages judiciaires qui planent sur lui. Dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN, le parquet a requis trois ans d’inéligibilité, ce qui pourrait réduire son mandat à quelques mois seulement.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les élus d’extrême droite peinent à concilier leur rhétorique populiste avec les réalités de la gestion municipale. Perpignan, comme d’autres villes dirigées par le RN, devient un laboratoire des contradictions d’un parti qui cherche à se normaliser tout en conservant son socle électoral.
Un modèle à l’export ?
Si Aliot parvient à se maintenir, son cas pourrait servir d’exemple pour d’autres villes où le RN ambitionne de s’implanter. Mais pour l’instant, Perpignan reste une ville divisée, où les promesses de campagne se heurtent à une réalité économique et sociale difficile.
Dans un pays où la guerre des droites s’intensifie, la gestion de Perpignan par Aliot illustre les défis d’un parti qui cherche à concilier radicalité et pouvoir local. Une équation délicate, dont l’issue reste incertaine.