PS : Glucksmann hésite à affronter Royal dans la primaire

Par Éclipse 10/07/2026 à 17:11
PS : Glucksmann hésite à affronter Royal dans la primaire

PS : Glucksmann pourrait bouder la primaire et affronter Royal en solo. Une gauche divisée risque-t-elle de saboter ses chances face à Macron et l’extrême droite en 2027 ?

Une primaire socialiste sous tension : Glucksmann en quête d’une stratégie

Alors que le Parti socialiste (PS) s’apprête à organiser une primaire fermée pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2027, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann et son mouvement Place publique jouent les équilibristes entre participation et boycott. Une posture qui révèle les fractures persistantes au sein de la gauche, dans un contexte où l’union des forces progressistes semble plus que jamais indispensable face à la montée des extrêmes.

Une primaire imposée sans concertation

Jeudi, les militants socialistes ont massivement voté en faveur d’une primaire restreinte aux partis de l’arc social-démocrate, intégrant notamment Place publique. Pourtant, l’entourage de Glucksmann n’a pas caché son irritation : « On nous a inclus dans le périmètre de cette primaire sans nous demander notre avis », confie une source proche de l’eurodéputé. Une méthode que certains y voient comme une tentative de récupération par les caciques du PS, soucieux de maintenir leur influence.

« Les socialistes disent que Raphaël Glucksmann a besoin du PS, mais manifestement le PS a besoin de lui », estime un proche du député européen. Une réalité qui contraste avec les ambitions affichées par Ségolène Royal, qui a d’ores et déjà annoncé sa candidature, ou encore Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, en lice depuis juin. Une configuration qui, selon Place publique, frise l’absurdité et pourrait mener à une fragmentation mortifère de la gauche.

Candidature « sèche » : une option envisagée ?

Face à ce qui ressemble à un piège politique, l’équipe de Glucksmann n’écarte pas l’hypothèse d’une candidature directe, sans passer par la case primaire. « On n’exclut pas une candidature sèche, sans primaire », a indiqué un collaborateur de l’eurodéputé à l’issue d’une réunion interne. Une stratégie risquée, mais qui reflète le désarroi d’un mouvement tiraillé entre allégeance et indépendance.

Pourtant, les règles du jeu restent floues. « Il n’y a pas de calendrier, ni de condition pour pouvoir candidater à cette primaire », rappelle l’entourage de Glucksmann, citant en exemple la candidature tardive de Ségolène Royal en 2007. Une flexibilité qui interroge sur la solidité des engagements du PS en faveur d’une démocratie interne apaisée.

Un PS en quête de légitimité, une gauche en quête d’unité

Le parti de Olivier Faure mise sur cette primaire pour redorer son blason après des années de déclin électoral. Mais l’initiative semble mal engagée. Les tensions avec Place publique, mouvement fondé par Glucksmann en 2018, illustrent les difficultés à rassembler une gauche plurielle. « On ne va pas se lancer dans un traquenard », assène une source au sein de Place publique, évoquant les risques d’une campagne interne éreintante et peu propice à l’union.

Les prochains jours s’annoncent décisifs. Des rencontres sont prévues entre représentants de Place publique et du PS pour tenter d’éviter un clash. Mais le temps presse : l’échéance de 2027 se rapproche, et avec elle, la menace d’une nouvelle division des voix progressistes au profit des partis de droite ou d’extrême droite.

Royal, Bouamrane… et Glucksmann ?

Le nom de Glucksmann plane comme une ombre sur la primaire. Son profil d’eurodéputé engagé en faveur d’une Europe forte et de causes humanitaires en fait un candidat crédible aux yeux d’une frange de l’électorat. Pourtant, son positionnement entre Place publique et le PS le place dans une position inconfortable. Un choix cornélien entre loyauté et ambition personnelle.

« On nous impose des parrainages, comme si nous étions des outsiders », déplore une source proche de l’eurodéputé. Une mesure qui, selon Place publique, vise à limiter l’accès à la primaire à une poignée de candidats triés sur le volet. Une logique qui rappelle les critiques contre les partis traditionnels, accusés de verrouiller le jeu politique.

Quelle place pour la gauche dans la présidentielle de 2027 ?

Alors que le président Emmanuel Macron achève son second mandat dans un contexte de tensions sociales et de défiance envers les élites, la gauche française se trouve à un carrefour. Entre divisions internes et montée des extrêmes, les stratégies de rassemblement s’imposent comme un impératif. Pourtant, les initiatives comme la primaire du PS peinent à convaincre, faute d’une vision claire et unifiée.

Dans ce paysage incertain, Raphaël Glucksmann incarne une alternative. Mais son hésitation à s’engager pleinement dans la primaire révèle les failles d’un système politique où les calculs de court terme priment souvent sur l’intérêt collectif. « La preuve avec la candidature de Ségolène Royal », rappellent ses soutiens, soulignant que même les figures historiques du PS n’ont pas toujours suivi les règles du parti.

Une chose est sûre : le temps des hésitations est compté. Dans moins d’un an, les Français se rendront aux urnes pour choisir leur prochain président. Et si la gauche ne parvient pas à présenter un front uni, les conséquences pourraient être désastreuses pour les cinq prochaines années.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (7)

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Loïc-29

il y a 3 minutes

Regardons du côté de l'étranger : en Allemagne, le SPD a connu des primaires très tendues avec Scholz vs. Laschet en 2021, mais le parti a su faire bloc pour battre la CDU. En France, le PS n'a même pas cette cohésion. La question n'est pas 'Glucksmann vs Royal', mais 'comment éviter l'effondrement ?'

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B

Bréhat

il y a 12 minutes

Et sinon, combien de temps avant que Royal ne soit à nouveau accusée de tous les maux ? 1 semaine ?

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F

FreeThinker

il y a 44 minutes

C'est ouf ce bordel dans le PS... ils savent pas ce qu'ils veulent maaaaan ! Glucksmann qui hésite, Royal qui veut à tout prix... genre le parti va se diviser en deux et après ils vont pleurer en disant 'c'est de la faute à untel'...

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M

max-490

il y a 50 minutes

La gauche française est un peu comme un bateau avec des trous : peu importe qui rame, il coule à pic... Pourquoi s'étonner ?

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F

Fab-49

il y a 1 heure

L'analyse est intéressante sur le plan stratégique : si Glucksmann et Royal s'affrontent en primaire, c'est le scénario 2017 revisité. À l'époque, Valls et Hamon s'étaient divisés, offrant à Macron une victoire facile. La différence en 2027 ? L'extrême droite sera encore plus forte qu'en 2017. Le PS a-t-il tiré les leçons de ses échecs passés ?

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N

Nocturne

il y a 1 heure

PS = Parti du Sabotage. C'est pas nouveau.

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C

corbieres

il y a 1 heure

Glucksmann qui hésite... NOOOON c'est pas possible ??? Ils vont encore nous faire le coup de la gauche divisée comme en 2002 ou 2017... mdr on va se retrouver avec Royal qui se présente toute seule et patatras... Macron va encore rigoler en regardant les sondages... pfff...

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