Quand l'État laisse agir les milices d'extrême droite sous l'œil des CRS

Par Éclipse 26/10/2026 à 23:08
Quand l'État laisse agir les milices d'extrême droite sous l'œil des CRS

Des brassards blancs censés défendre les commerçants, mais qui agressent manifestants : la police a-t-elle laissé agir l'ultradroite en toute impunité ce week-end ? Enquêtes et témoignages accablants.

Des brassards blancs aux allures de milices : l'étrange passivité policière face à l'ultradroite

Dans une France sous haute tension sociale, alors que le gouvernement Lecornu II peine à maintenir l'ordre public, des images glaçantes ont circulé ce week-end. Des groupuscules se réclamant de mouvements identitaires, arborant ostensiblement des brassards blancs censés incarner une « défense des commerçants », ont semé la violence dans au moins quinze villes de l'Hexagone. Pourtant, sous les yeux des forces de l'ordre, ces individus ont pu agresser des manifestants, jeter des projectiles et commettre des exactions… sans être inquiétés. Une passivité policière qui interroge, alors que le ministère de l'Intérieur tente de minimiser les faits.

Des provocations annoncées, des violences tolérées

L'appel à mobilisation lancé par des figures de l'ultradroite, dont un influenceur fitness connu pour ses prises de position extrémistes, avait pourtant de quoi alerter. Sur les réseaux sociaux, des messages d'une violence inouïe circulaient en amont, comme cette phrase glaçante : *« RDV samedi pour casser du bougnoule »*. À Nice, où les tensions ont dégénéré, onze militants ont finalement été interpellés, mais seulement après des heures de débordements. Pourtant, dans d'autres villes, la présence de ces groupes n'a donné lieu à aucune arrestation immédiate.

À Montpellier, les images sont accablantes. Des individus masqués, certains brandissant des chiffons blancs comme paravent, frappent un homme à terre. Les CRS interviennent, mais se contentent d'emmener la victime, laissant son agresseur s'éloigner sans être inquiété. Un photographe présent sur place, interrogé par nos soins, livre un témoignage édifiant : *« C'est un systématisme. À plusieurs reprises, on les a vus agiter leurs petits chiffons blancs et passer au milieu des CRS sans problème. Il y avait pas mal de signes de complicité. »*

À Clermont-Ferrand, Rouen ou encore dans la capitale, les mêmes scènes se répètent. Des militants d'extrême droite, organisés en petits groupes mobiles, profitent de la confusion des cortèges pour semer la terreur. Pourtant, aucune coordination apparente avec les forces de l'ordre n'a été établie. Aucune preuve, en tout cas, ne vient étayer les accusations de complicité active. Mais l'absence d'action, elle, est flagrante.

Un gouvernement sous pression, des explications évasives

Face à l'ampleur du scandale, le ministre de l'Intérieur a tenté de calmer le jeu. Lundi, sur les ondes d'une radio nationale, il a balayé d'un revers de main les accusations de complaisance : *« Je veux couper court à ces rumeurs. À aucun moment, évidemment, la police n'a protégé [ces militants]. À aucun moment, ils n'ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes, bien évidemment. »* Des déclarations qui peinent à convaincre, alors que les images parlent d'elles-mêmes.

Pourtant, le gouvernement Lecornu II se retrouve une fois de plus sous le feu des critiques. Dans un contexte où la gauche dénonce une « dérive autoritaire » et où l'extrême droite occupe l'espace médiatique, cette affaire tombe au plus mal. Déjà fragilisé par des tensions internes au sein de la majorité présidentielle, Sébastien Lecornu doit désormais justifier l'attitude de ses forces de l'ordre. Des enquêtes ont été ouvertes à Rouen et Montpellier, tandis qu'à Nice, les premiers procès pour association de malfaiteurs sont prévus dès mardi.

Mais au-delà des responsabilités individuelles, c'est la stratégie globale de maintien de l'ordre qui est remise en cause. Comment expliquer que des individus clairement identifiés comme dangereux puissent agir en toute impunité, alors que des manifestants pacifiques sont systématiquement dispersés au moindre incident ? La question mérite d'être posée, d'autant que les tensions sociales ne faiblissent pas.

Une mouvance en embuscade, une démocratie en danger

Derrière ces brassards blancs se cache une réalité bien plus inquiétante : celle d'une extrême droite structurée, prête à en découdre dans l'espace public. Certains de ces groupes, comme celui repéré à Nice, affichent ouvertement des intentions racistes et xénophobes. Leurs discours, relayés par des réseaux parallèles comme Telegram, appellent à la violence contre les minorités. Pourtant, ces appels ne semblent pas suffire à déclencher des interpellations préventives.

La présence de ces milices improvisées pose une question fondamentale : jusqu'où l'État est-il prêt à laisser s'installer un climat de violence tolérée ? En France, terre des droits de l'homme, une telle passivité interroge sur les priorités réelles du pouvoir en place. Alors que la gauche alerte depuis des mois sur la montée des extrémismes, cette affaire révèle une nouvelle fois les failles d'un système qui peine à protéger ses citoyens des dérives les plus sombres.

Les enquêtes en cours devront faire la lumière sur ces dysfonctionnements. Mais en attendant, une chose est sûre : la confiance entre les forces de l'ordre et une partie de la population s'en trouve durablement érodée. Et dans un pays où les fractures sociales n'ont jamais été aussi profondes, cette affaire ajoute une nouvelle pierre à un édifice déjà bien fragile.

Les réactions politiques : entre déni et indignation

Comme souvent en pareille situation, les responsables politiques se sont emparés du sujet pour en tirer avantage. À gauche, les critiques pleuvent. *« C'est la preuve d'une complaisance inacceptable envers l'extrême droite »*, tonne un député socialiste. *« Le gouvernement préfère regarder ailleurs plutôt que d'agir »*, renchérit un élu écologiste, pour qui *« cette passivité policière est un aveu de faiblesse »*.

À l'inverse, les voix de la droite et de l'extrême droite minimisent l'affaire. *« Il s'agit d'incidents isolés »*, déclare un porte-parole des Républicains, tandis que Marine Le Pen, interrogée sur le sujet, se contente d'un laconique *« La police fait son travail »*. Une réponse qui en dit long sur la stratégie de normalisation de l'extrême droite, désormais bien ancrée dans le paysage politique français.

Quant au Rassemblement National, il préfère mettre en avant les violences commises par des « casseurs d'ultragauche », comme pour mieux occulter les exactions de ses propres militants. Une stratégie de diversion classique, qui ne trompe plus grand monde.

Des images qui en disent long : la preuve d'une stratégie calculée ?

Les vidéos diffusées ces derniers jours ne laissent aucun doute : dans plusieurs villes, les forces de l'ordre ont fait preuve d'une retenue troublante face aux agissements des groupes d'ultradroite. À Montpellier, un individu masqué frappe violemment un manifestant à terre, sous les yeux des CRS. Ces derniers interviennent, mais se contentent d'emmener la victime, laissant l'agresseur s'éloigner sans être inquiété. À Rouen, des militants identitaires insultent et bousculent des passants, avant de disparaître dans la foule sans être interpellés.

Ces scènes, répétées dans plusieurs villes, posent une question cruciale : s'agit-il d'un simple manque de moyens, d'une stratégie délibérée, ou d'une incapacité à identifier correctement les menaces ? Le ministère de l'Intérieur évoque un *« contexte très dur de gestion de l'ordre public »*, une explication qui peine à convaincre quand on voit des groupes organisés agir en toute impunité.

Les enquêtes ouvertes devront déterminer si des consignes particulières ont été données aux forces de l'ordre. Mais déjà, l'opacité des autorités alimente les soupçons. *« On nous demande de croire que c'est une coïncidence si ces groupes passent entre les mailles du filet à chaque fois ? »*, s'interroge un ancien haut fonctionnaire de police, sous couvert d'anonymat.

L'extrême droite, nouvelle force de l'ombre

Derrière ces brassards blancs se cache une réalité bien plus inquiétante : celle d'une extrême droite organisée, prête à en découdre dans l'espace public. Certains de ces groupes, comme celui repéré à Nice, affichent ouvertement des intentions racistes et xénophobes. Leurs discours, relayés par des réseaux parallèles comme Telegram, appellent à la violence contre les minorités. Pourtant, ces appels ne semblent pas suffire à déclencher des interpellations préventives.

La présence de ces milices improvisées pose une question fondamentale : jusqu'où l'État est-il prêt à laisser s'installer un climat de violence tolérée ? En France, terre des droits de l'homme, une telle passivité interroge sur les priorités réelles du pouvoir en place. Alors que la gauche alerte depuis des mois sur la montée des extrémismes, cette affaire révèle une nouvelle fois les failles d'un système qui peine à protéger ses citoyens des dérives les plus sombres.

Les enquêtes en cours devront faire la lumière sur ces dysfonctionnements. Mais en attendant, une chose est sûre : la confiance entre les forces de l'ordre et une partie de la population s'en trouve durablement érodée. Et dans un pays où les fractures sociales n'ont jamais été aussi profondes, cette affaire ajoute une nouvelle pierre à un édifice déjà bien fragile.

« On nous demande de croire que c'est une coïncidence si ces groupes passent entre les mailles du filet à chaque fois ? »
— Un ancien haut fonctionnaire de police, sous couvert d'anonymat

Ce que révèle cette affaire sur l'état de la démocratie française

Cette passivité policière face à l'ultradroite n'est pas un simple incident isolé. Elle s'inscrit dans une tendance plus large, où l'extrémisme gagne du terrain dans l'espace public, tandis que l'État semble incapable – ou unwilling – de réagir avec fermeté. Les images de Montpellier, Clermont-Ferrand ou Nice ne sont pas seulement des preuves de violences non réprimées. Elles sont le symptôme d'une démocratie en danger, où les groupes les plus violents se sentent autorisés à agir en toute impunité.

La question n'est plus seulement de savoir si le gouvernement Lecornu II a failli dans sa mission de protection des citoyens. Elle est de savoir jusqu'où la société française est prête à accepter que des milices privées, aux relents fascistes, puissent prospérer sous ses yeux. Les enquêtes en cours devront apporter des réponses. Mais une chose est déjà certaine : la France de 2026, fracturée et tendue, ne peut plus se permettre de fermer les yeux sur ces dérives.

Dans l'attente, les citoyens, eux, continuent de filmer, de témoigner, et de demander des comptes. Car une démocratie qui tolère la violence d'extrême droite a déjà perdu une partie de son âme.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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