Révélations Mediapart sur Bardella : le RN contre-attaque en niant toute preuve

Par Decrescendo 12/10/2026 à 10:15
Révélations Mediapart sur Bardella : le RN contre-attaque en niant toute preuve

Affaires Bardella, primaire de la gauche : RN et Glucksmann s’affrontent sur fond de scandales et de divisions. La présidentielle 2027 sous tension.

Affaires et contre-feux : le Rassemblement national sous pression après les révélations de Mediapart

Dans un climat politique déjà tendu à quelques mois de l’échéance présidentielle, le Rassemblement national fait face à une nouvelle polémique. Le journal Mediapart, connu pour ses enquêtes fouillées, a publié des documents laissant entendre que Jordan Bardella, figure montante du parti et potentiel futur Premier ministre si Marine Le Pen accède à l’Élysée, aurait tenu des propos antisémites durant sa jeunesse. Une accusation qui, si elle était avérée, pourrait sérieusement entacher la crédibilité du RN, déjà en tête des intentions de vote selon les derniers sondages.

Interrogé ce matin sur les ondes de France Télévisions, Laurent Jacobelli, député de Moselle et porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, a adopté une posture défensive sans précédent. « C’est à Mediapart de prouver que ses affirmations reposent sur quelque chose », a-t-il lancé, balayant d’un revers de main les accusations portées contre le jeune leader du RN. Une stratégie de communication qui interroge, alors que les réseaux sociaux s’embrasent et que l’opposition, de la gauche modérée à l’extrême droite, attend des réponses claires.

Une défense qui en dit long sur les méthodes du RN

Pour le député mosellan, les révélations de Mediapart ne seraient qu’un « clapotis médiatique » destiné à nuire à la campagne de Marine Le Pen. « Va-t-on continuer à faire campagne sur des rumeurs, sur des ragots ? », s’est-il insurgé, avant d’ajouter : « Jordan Bardella n’a pas à exposer ses conversations. Il affirme ne pas être l’auteur des propos. J’en suis convaincu. »

Cette position tranchée illustre la stratégie adoptée par le RN face aux affaires : nier en bloc, attaquer la source plutôt que le fond, et refuser tout débat sur les faits. Une méthode qui, selon les observateurs, vise à détourner l’attention des électeurs des questions de fond, comme le pouvoir d’achat ou la souveraineté nationale, pourtant au cœur des préoccupations des Français.

Pourtant, les éléments avancés par Mediapart semblent accablants. Le journal affirme avoir récupéré des données issues d’un ancien compte Facebook, associées à une adresse mail datant des années 2010, période où Bardella était encore adolescent. Le Canard enchaîné, autre titre de la presse d’investigation, a de son côté révélé que le jeune homme aurait effacé certaines données de son compte entre le 28 septembre et le 2 octobre, soit juste après la publication des premières révélations. Un timing qui, pour beaucoup, ressemble étrangement à une tentative de dissimulation.

Interrogé sur ce point, Jacobelli a balayé l’argument d’un geste de la main : « Ce n’est pas Edwy Plenel et sa bande de militants d’extrême gauche qui vont décider de qui fait campagne au Rassemblement national. C’est Marine Le Pen qui décide. »

Une réponse qui en dit long sur la chaîne de commandement au sein du parti. Si Marine Le Pen, candidate déclarée à l’élection présidentielle, continue de soutenir Bardella contre vents et marées, c’est que le RN mise sur sa jeunesse et son image pour séduire un électorat en quête de renouveau. Pourtant, les sondages montrent que 61 % des Français ne sont pas convaincus par sa défense, un chiffre qui monte à 88 % chez les sympathisants du RN. Un paradoxe qui interroge : comment un parti qui se targue de représenter « le peuple » peut-il ignorer à ce point l’opinion publique ?

La gauche en ordre dispersé, mais unie contre l’extrême droite

Alors que le RN se concentre sur sa défense, la gauche française semble enfin trouver un semblant d’unité. Dimanche 11 octobre, les adhérents socialistes ont plébiscité Raphaël Glucksmann comme candidat unique à la présidentielle, avec 66 % des voix dès le premier tour. Une victoire qui marque un tournant dans la primaire de la gauche, après des années de divisions entre socialistes, écologistes et insoumis.

Pour Laurent Jacobelli, cette nomination est loin d’être une bonne nouvelle. « La gauche a choisi son candidat, celui de Saint-Germain-des-Prés », a-t-il raillé, avant d’ajouter : « Maintenant, il va falloir proposer des choses pour la France. J’entends beaucoup M. Glucksmann parler d’Europe, d’écologie punitive et de nouvelles taxes. En revanche, je ne l’entends pas parler du coût de l’énergie, du pouvoir d’achat, de la vie quotidienne des Français. »

Le porte-parole du RN semble oublier que Glucksmann, ancien député européen, défend un programme pro-européen et écologiste, deux thèmes que les Français plébiscitent dans les enquêtes d’opinion. Pourtant, Jacobelli préfère se concentrer sur les « méthodes des journaux de gauche », accusant Mediapart et Libération de mener une « campagne de désinformation » contre le RN.

Pourtant, la gauche n’est pas en reste dans les polémiques. Dimanche soir, Glucksmann a été la cible d’un jet de farine lors de sa victoire à la primaire. Un acte condamné par Jacobelli, qui a rappelé l’importance du débat d’idées : « M. Glucksmann défendra, j’imagine, un programme, et c’est sur ce terrain que nous devrons lutter pied à pied. En revanche, aucune agression ne doit être tolérée. »

Un revirement de ton qui contraste avec les attaques répétées contre Glucksmann, qualifié de « candidat hors sol » par Jacobelli. Une rhétorique qui rappelle les méthodes du RN, habitué à diaboliser ses adversaires plutôt qu’à débattre avec eux.

Dissolution d’Égalité et Réconciliation : le gouvernement agit-il enfin ?

Dans un autre registre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé le lancement d’une procédure de dissolution contre Égalité et Réconciliation, une association proche de l’essayiste Alain Soral, connu pour ses positions antisémites et conspirationnistes. Une décision saluée par le RN, qui a toujours défendu la lutte contre l’extrémisme, du moins en théorie.

Interrogé sur ce point, Laurent Jacobelli n’a pas hésité à donner son aval : « Si le ministre de l’Intérieur dispose d’éléments montrant qu’une dissolution est nécessaire, oui, bien sûr. Nous avons toujours été très clairs sur ce point : tous les mouvements qui véhiculent des idées contraires à la loi et à nos valeurs doivent être dissous. »

Un revirement qui interroge, alors que le RN, lui-même accusé de complaisance avec l’extrême droite, a longtemps été critiqué pour son refus de condamner clairement certaines dérives. Pourtant, face à la menace que représente la montée des extrémismes, le gouvernement semble enfin agir. Une avancée qui, si elle est confirmée, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la haine en ligne et les discours de division.

Alors que la campagne présidentielle s’accélère, les Français se retrouvent face à un choix cornélien : d’un côté, une gauche divisée mais en quête de renouveau, de l’autre, une extrême droite en tête des sondages mais minée par les scandales. Entre les deux, le pouvoir en place, affaibli et impopulaire, tente tant bien que mal de survivre jusqu’à l’échéance de 2027.

Dans ce contexte, une question reste en suspens : la France est-elle prête à voter pour un parti qui, malgré ses dénégations, continue de traîner derrière lui le poids des vieilles polémiques ?

Marine Le Pen et Jordan Bardella : un duo sous le feu des projecteurs

Alors que les révélations sur Bardella occupent le devant de la scène, Marine Le Pen, candidate déclarée à la présidentielle, reste en retrait. Pourtant, c’est bien elle qui a le dernier mot sur la stratégie du RN. Interrogé sur la possibilité que Bardella soit écarté de la campagne, Laurent Jacobelli a été catégorique : « Ce n’est pas Edwy Plenel et sa bande de militants d’extrême gauche qui vont décider de qui fait campagne au Rassemblement national. C’est Marine Le Pen qui décide. »

Une réponse qui montre à quel point le RN fonctionne comme une machine de guerre politique, où les décisions sont centralisées entre les mains d’une poignée de fidèles. Pourtant, si Marine Le Pen mise sur Bardella pour incarner la modernité de son parti, les dernières semaines ont montré que le RN reste rattrapé par son passé. Entre les affaires de complaisance avec l’extrême droite, les accusations d’antisémitisme et les divisions internes, le parti d’extrême droite peine à se défaire de son image sulfureuse.

Pourtant, dans les sondages, Marine Le Pen et Jordan Bardella trustent le haut du classement. Selon une récente enquête, la candidate RN est considérée comme la seule à même de régler les problèmes de la France. Une perception qui interroge : comment un électorat aussi large peut-il ignorer les controverses qui entourent le parti ?

La réponse réside peut-être dans le mécontentement généralisé face à un quinquennat Macron perçu comme un échec. Dans un pays où le pouvoir d’achat s’effrite, où les services publics se dégradent et où l’Europe semble plus lointaine que jamais, le RN propose une alternative simple : la rupture avec le système. Quitte à fermer les yeux sur les excès de ses propres troupes.

Un gouvernement en survie face à l’échéance présidentielle

En coulisses, l’exécutif de Sébastien Lecornu tente de tenir bon. Avec seulement quelques mois avant la présidentielle, le gouvernement est en mode survie, jonglant entre les réformes urgentes et les coups politiques. Pourtant, les marges de manœuvre sont étroites : Macron, affaibli et impopulaire, a perdu une grande partie de son autorité politique.

Dans ce contexte, les affaires qui touchent le RN pourraient bien rebattre les cartes. Si les révélations sur Bardella s’avèrent fondées, le parti d’extrême droite pourrait voir sa crédibilité entamée. À l’inverse, si la stratégie de déni paie, le RN pourrait profiter de l’image de victime pour mobiliser son électorat.

Une chose est sûre : la campagne qui s’annonce sera l’une des plus tendues de la Ve République. Entre les divisions de la gauche, la montée de l’extrême droite et l’affaiblissement du pouvoir en place, les Français s’apprêtent à vivre une élection présidentielle sous haute tension.

Et si le RN finissait par incarner, malgré lui, le symbole d’une France en crise ?

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (4)

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GrayMatter

il y a 4 minutes

Comme d’hab, comme d’hab… On a déjà vu ça en 2014 avec un autre parti. La stratégie du déni systématique marche toujours, apparemment. Ou alors on est juste devenus plus naïfs.

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Ainhoa

il y a 1 heure

Comme d’hab. Coups de com’ et dénis en mode automatique. Ça change.

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evercurious47

il y a 1 heure

mdr les mecs du RN qui nient TOUTES les preuves ??? sérieux ??? jsp pk ils font ça mais c’est tellement gros que ça fait pitié... ou alors ils ont raison et Mediapart est une secte ??? aidez-moi...

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Tmèse

il y a 35 minutes

@evercurious47 Ptdr tu devrais lire les docs avant d’affirmer que c’est une secte 😂. Après c’est vrai que le RN a l’habitude de balayer sous le tapis… mais là c’est un peu gros même pour eux.

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