Une transition politique sous haute surveillance
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a affirmé mercredi 14 janvier que son pays entrait dans « une nouvelle ère politique » après l'arrestation surprise de Nicolas Maduro le 3 janvier lors d'une opération militaire américaine. Une déclaration qui intervient alors que le régime vénézuélien tente de se rapprocher des États-Unis, malgré les critiques persistantes sur les libertés fondamentales.
Des libérations de prisonniers contestées
Dans un discours devant la presse depuis le palais présidentiel de Miraflores, Mme Rodriguez a annoncé la libération de 406 prisonniers politiques depuis décembre 2025. Un chiffre contesté par l'ONG Foro Penal, qui n'en recense que 180. « Ce processus n'est pas encore terminé, il reste ouvert », a-t-elle précisé, tout en excluant les « délits graves » comme l'homicide ou le narcotrafic.
Parmi les libérés figurent 17 journalistes et employés de presse, selon le syndicat SNTP et Foro Penal. Une mesure saluée par les défenseurs des droits humains, mais qui reste insuffisante pour les opposants, qui dénoncent des arrestations arbitraires sous Maduro pour « incitation à la haine » ou « trahison à la patrie ».
Un rapprochement avec les États-Unis, mais un dialogue européen encore fragile
Ancienne vice-présidente de Maduro, Delcy Rodriguez a signé des accords pétroliers avec Washington et plaide désormais pour « ouvrir des voies de dialogue » avec l'Europe. Une initiative qui pourrait apaiser les tensions, alors que l'Union européenne n'avait pas reconnu la réélection de Maduro en 2024 et soutenait l'opposante Maria Corina Machado.
Pourtant, les sanctions européennes restent en place, et Bruxelles observe avec méfiance cette transition politique. « La démocratie ne se construit pas par des déclarations, mais par des actes concrets », a rappelé un diplomate européen sous couvert d'anonymat.
Un pays toujours sous tension
Le Venezuela tente de se réinsérer sur la scène internationale, comme en témoigne la réouverture partielle du réseau social X, bloqué pendant plus d'un an sous Maduro.
« Nous reprenons contact par cette voie… Restons unis, avançons vers la stabilité économique, la justice sociale et l'Etat-providence auquel nous méritons d'aspirer ! », a écrit Mme Rodriguez sur son compte.
Mais les défis restent immenses : crise économique, répression politique et divisions idéologiques. « Une nouvelle ère » ? Les Vénézuéliens attendent des preuves.