Un outsider trouble la campagne municipale bordelaise
Alors que les élections municipales approchent à grands pas, Bordeaux s'apprête à vivre un scrutin historique. Philippe Dessertine, économiste libéral et figure inattendue de la campagne, s'est imposé comme le troisième homme face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic et au candidat de droite Thomas Cazenave. Son ascension fulgurante interroge sur l'avenir de la démocratie locale et la crise des vocations politiques.
Un meeting qui fait date
Lundi 23 février, le Théâtre Femina, d'une capacité de 1 100 places, a été comble pour écouter l'universitaire sexagénaire. Une performance rare, de mémoire de Bordelais, seulement égalée par Jean-Luc Mélenchon en son temps. Une arrivée de star, sur la musique emblématique des Girondins, a marqué les esprits. Sans notes, Dessertine a captivé son auditoire pendant une heure et demie, défendant un projet « citoyen » et « hors système ».
Une liste éclectique et transpartisane
À la tête d'une liste « citoyenne », Dessertine rassemble des figures variées : l'international de rugby Cameron Woki, l'ancien footballeur Johan Micoud, ou encore le fondateur du World Impact Summit Nicolas Pereira. Mais aussi, et c'est là que le bât blesse, des soutiens issus du Parti socialiste et des Républicains, venus « à titre personnel », selon les dires de l'économiste.
Un scrutin qui pourrait basculer
Dans un contexte de crise de la démocratie locale, Philippe Dessertine incarne une alternative aux partis traditionnels.
« Nous voulons un projet incarné, en dehors des partis traditionnels »,a-t-il déclaré. Une posture qui séduit une partie de l'électorat, lassé des clivages politiques traditionnels.
Un enjeu national
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à rassembler, cette élection municipale pourrait servir de laboratoire pour la stratégie des partis en vue de 2027. Si Bordeaux bascule, cela pourrait marquer un tournant dans la guerre des droites et la montée des figures anti-système.