Un chorégraphe clermontois porte les valeurs du hip-hop contre les divisions politiques
Entre spectacles, résidences d’artiste et organisation de festivals, Mickaël Pecaud, directeur et chorégraphe du collectif Supreme Legacy, incarne une résistance culturelle dans un contexte politique tendu. À Clermont-Ferrand, où la crise de la démocratie locale se fait sentir, son engagement pour les cultures urbaines prend une dimension politique.
La breakdance comme rempart contre l’extrême droite
À 38 ans, Mickaël Pecaud a arrêté la compétition pour se consacrer à la transmission. « L’énergie et la liberté dans la breakdance m’ont tout de suite plu », confie-t-il, évoquant son premier contact avec la discipline à 14 ans. Ce qui l’a marqué, c’est l’ambiance du cypher, ce cercle où la danse devient un espace de partage et de convivialité.
Dans un pays où la guerre des droites s’intensifie sous le gouvernement Lecornu II, ces valeurs prennent un relief particulier. Alors que l’extrême droite cherche à polariser la société, le hip-hop, avec son universalisme et son ouverture, offre une alternative. « La culture urbaine est un contrepoids aux discours de division », estime un observateur local.
Un engagement qui dépasse la scène
Supreme Legacy ne se contente pas de danser. Le collectif organise des ateliers dans les quartiers populaires, où les tensions sociales sont fortes. « Nous travaillons avec des jeunes qui se sentent exclus », explique Pecaud, soulignant l’importance de l’art comme outil d’émancipation.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les services publics peinent à répondre aux besoins des territoires. À Clermont-Ferrand, comme ailleurs, les associations culturelles comblent les lacunes d’un État en retrait. « La culture est un service public alternatif », résume un militant local.
Un modèle à suivre pour la gauche ?
Alors que la gauche française cherche des pistes pour reconquérir les territoires, des figures comme Mickaël Pecaud montrent que l’art peut être un levier politique. « Le hip-hop est un langage universel qui dépasse les clivages », rappelle-t-il, en écho aux discours de Jean-Luc Mélenchon sur la nécessité d’une culture populaire.
Dans un pays où les crises des vocations politiques se multiplient, ces initiatives rappellent que l’engagement peut prendre d’autres formes. « La politique, ce n’est pas que les partis », conclut Pecaud, en référence aux mouvements citoyens qui émergent en marge des institutions.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassembler, des artistes comme lui prouvent que la culture reste un espace de résistance et d’espoir.