Bruno Retailleau promet une révolution libérale pour briser le « social-étatisme »

Par Renaissance 20/02/2026 à 08:27
Bruno Retailleau promet une révolution libérale pour briser le « social-étatisme »

Bruno Retailleau promet une révolution libérale pour briser le « social-étatisme » et réindustrialiser la France. Un programme économique radical qui divise.

Un programme économique radical pour la droite française

À Verdelot, en Seine-et-Marne, Bruno Retailleau, président des Républicains, a présenté jeudi 19 février son plan pour réindustrialiser la France. Dans les locaux de l’entreprise Moulins Bourgeois, spécialisée dans la fabrication de baguettes, le sénateur de Vendée a mis en avant l’innovation technologique comme levier de compétitivité.

Une visite symbolique dans une meunerie familiale

Devant les fours à baguettes, Retailleau a souligné l’importance de l’intelligence artificielle pour contrôler l’étanchéité des sacs de farine. « On peut être une entreprise enracinée dans la même commune depuis bientôt 130 ans et adopter le meilleur de la technologie », a-t-il déclaré, illustrant ainsi sa vision d’une France à la fois ancrée dans son terroir et ouverte à la modernité.

Un programme économique axé sur la déréglementation

Intitulé « Produire plus pour vivre mieux », le deuxième volet du programme économique de Retailleau dresse un constat alarmant : la France se désindustrialise « plus vite et plus profondément que ses partenaires européens ». Le candidat LR accuse les « boulets des normes et des charges » d’étouffer l’économie française.

« Il doit prendre de la distance avec le parti », confiait un proche de Retailleau la semaine dernière.

Pour sortir du « social-étatisme », Retailleau propose une rupture « très fondamentale avec la bureaucratie, les normes, la réglementation et la fiscalité ». Une position qui s’inscrit dans la lignée des thèses libérales de la droite française, souvent critiquées pour leur mépris des services publics et des protections sociales.

Une stratégie de campagne en rupture avec LR

Depuis l’annonce de sa candidature à l’Élysée, Retailleau semble vouloir marquer une distance avec son parti. En janvier, il avait présenté ses propositions sur le travail depuis le siège des Républicains, avec une présentation PowerPoint jugée « un peu techno » par ses soutiens. Cette fois, il a choisi un cadre plus symbolique, loin des cercles traditionnels du pouvoir.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de crise des vocations politiques, où les partis traditionnels peinent à séduire un électorat en quête de renouvellement. Retailleau tente de se positionner comme un modernisateur, tout en défendant des valeurs conservatrices.

Un projet économique contesté

Les propositions de Retailleau s’opposent frontalement aux politiques menées par le gouvernement Lecornu II, qui mise sur une régulation renforcée pour garantir la transition écologique et sociale. « La déréglementation promise par Retailleau risque d’aggraver les inégalités et de fragiliser les travailleurs », dénoncent les syndicats.

Par ailleurs, son discours sur la réindustrialisation contraste avec les réalités économiques actuelles, marquées par une crise industrielle et une dépendance croissante aux importations. Les critiques soulignent que ses solutions, inspirées du modèle américain, pourraient accentuer la précarité des emplois.

Un contexte politique tendu

Alors que la France traverse une période de tensions politiques, avec une crise des services publics et une montée des extrêmes, Retailleau tente de se positionner comme une alternative crédible. Cependant, son programme libéral pourrait le marginaliser face à un électorat de plus en plus sensible aux questions sociales.

Dans un paysage politique fragmenté, où la gauche et l’extrême droite dominent les débats, Retailleau mise sur un discours technologique et anti-bureaucratique pour séduire les électeurs. Reste à savoir si cette stratégie suffira à convaincre dans un contexte économique et social de plus en plus incertain.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (4)

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Elizondo

il y a 4 heures

Le discours de Retailleau rappelle étrangement celui de Thatcher dans les années 80. Sauf qu'en France, la culture du compromis social est bien plus ancrée. Les réformes libérales radicales ont toujours échoué ici, et pour cause : la population n'est pas prête à accepter une telle rupture. D'ailleurs, même aux États-Unis, où le libéralisme est roi, les inégalités explosent. Bref, c'est un pari risqué.

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Buse Variable

il y a 6 heures

Retailleau en mode 'libéralisme sauvage'. La France va adorer les licenciements en masse et les usines à 1€.

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Claude54

il y a 5 heures

@buse-variable Exactement. Et après ils viendront pleurer quand les gens voteront pour les extrêmes. Franchement, c'est du niveau 'on a rien compris'.

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TrailBlazer

il y a 7 heures

Nooooon mais sérieux ??? Une révolution libérale ??? Ils veulent nous faire régresser en 1920 ou quoi ??? Le social-étatisme c'est genre notre sécurité sociale, nos hôpitaux, nos écoles... Ptdr ils sont en mode 'on va tout privatiser' ??? Mais pk pas directement dire 'on veut que les riches soient encore plus riches' ???

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