Un plan B qui prend forme
Alors que le procès en appel de l'affaire des assistants d'eurodéputés du Rassemblement National entre dans sa troisième semaine, une hypothèse fait son chemin au sein du parti : celle d'une candidature de Jordan Bardella à l'élection présidentielle de 2027, en remplacement de Marine Le Pen.
Une succession organisée
Si la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale est à nouveau condamnée à une peine d'inéligibilité supérieure à deux ans, elle ne pourra pas se présenter une quatrième fois à l'Élysée. Elle l'a elle-même confirmé : elle passerait alors le relais à son dauphin. Une perspective qui, selon les observateurs, a désormais fait son chemin dans les esprits, y compris parmi les plus sceptiques.
"Il y a une forme de fatalité vis-à-vis de la décision de justice qui attend Marine Le Pen", reconnaît un proche du président du RN.
Ce qui est nouveau, c'est que même les plus fervents défenseurs de Marine Le Pen semblent se résigner. "Tout le monde se rangera derrière lui. Si c'est Bardella le candidat, on fera campagne pour Bardella", confie un fidèle. Une évolution notable, alors que certains cadres du parti considéraient encore récemment le jeune président du RN comme "trop inexpérimenté".
Une stratégie de rassemblement
Jordan Bardella a multiplié les efforts pour rallier à lui les députés avec qui il ne travaille pas au quotidien. Sa présence régulière aux réunions de groupe hebdomadaires, ainsi que ses rencontres informelles avec des parlementaires, ont permis de "réconcilier" les quelques élus qu'il s'était mis à dos, selon un gradé du parti. "Il est assez astucieux pour savoir qu'il a besoin de tout le monde", ajoute ce dernier.
Pourtant, certains marinistes s'inquiètent de cette situation, qui pourrait nuire à Marine Le Pen. "Si on fait passer le message qu'il y a deux candidats, on joue avec le feu", estime un député influent. "C'est un miracle que Marine Le Pen soit encore aussi haut dans les sondages", ajoute-t-il.
Un argument juridique affaibli
Avec Jordan Bardella comme plan B, Marine Le Pen ne peut plus arguer que sa condamnation priverait les Français d'un candidat. Un argument qu'elle utilise pourtant devant la cour pour contester son inéligibilité. Une situation qui pourrait affaiblir sa défense dans ce procès crucial pour l'avenir du RN.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, cette crise interne au RN s'inscrit dans un contexte plus large de "guerre des droites" en France, où chaque parti cherche à se positionner pour 2027.