Un budget sous haute surveillance politique
Alors que le gouvernement Lecornu II s'apprête à présenter le budget 2026, les tensions entre la majorité présidentielle et les partis de l'opposition se font plus vives. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a tenté de rassurer sur franceinfo, affirmant que les négociations avec les députés de la majorité absolue touchaient à leur fin.
Un compromis fragile entre gauche et droite
Le texte budgétaire, qui doit être adopté avant l'élection présidentielle, tente de concilier les positions divergentes du Parti socialiste et des Républicains. "Un budget qui ne conviendra pas complètement aux différents groupes politiques mais qui prend en compte les sensibilités des uns et des autres", a souligné Maud Bregeon.
Les socialistes, représentés par Olivier Faure, ont obtenu des concessions, notamment sur les questions sociales, tandis que la droite, incarnée par Bruno Retailleau, a obtenu des garanties sur le coût du travail. "Ce n'est pas spécifiquement des demandes de la gauche", a défendu la porte-parole du gouvernement, en réponse aux critiques de la droite.
Des impôts ciblés pour financer la défense
Le gouvernement a confirmé que les ménages ne subiraient aucune hausse d'impôts, mais les très grandes entreprises devront contribuer davantage. "Il y aura une stabilité totale pour plus de 99 % des entreprises", a précisé Maud Bregeon, avant d'ajouter que "les ETI seront sorties de cette surtaxe".
Cette mesure, qui vise 300 grandes entreprises, permettra de financer en partie l'effort de défense, porté à 6,5 milliards d'euros cette année.
"C'est aussi une forme d'appel patriotique que de demander à ceux qui le peuvent le plus de contribuer à cet effort de réarmement", a justifié la porte-parole.
La droite accuse le gouvernement de céder aux socialistes
La droite républicaine, menée par Laurent Wauquiez, dénonce un budget trop influencé par la gauche. "Certains patrons disent que c'est quasiment Olivier Faure qui dirige le budget aujourd'hui", a-t-on pu entendre dans les couloirs de l'Assemblée.
Maud Bregeon a répondu à ces critiques en rappelant que "ceux qui gouvernent, c'est l'ensemble des groupes politiques". Elle a également souligné que "l'alternative aurait été de discuter avec le Rassemblement national", une perspective que le gouvernement a visiblement voulu éviter.
Un déficit contenu à 5 %
Malgré les tensions, le gouvernement assure que le déficit public restera contenu à 5 %, un critère jugé "impératif". Les mesures sociales et la hausse des dépenses de défense devront donc être financées sans alourdir la dette.
Alors que la campagne présidentielle se profile, ce budget 2026 pourrait bien devenir un enjeu majeur, reflétant les fractures politiques d'une France divisée.