Un budget sous haute tension
Alors que le gouvernement engage sa responsabilité via le 49.3, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente une dernière fois de convaincre les parlementaires de voter le projet de budget 2026. Dans une lettre adressée aux élus, il défend un texte qu'il présente comme le fruit d'un compromis, bien loin des ambitions initiales du gouvernement.
Un budget « amélioré » selon Lecornu
« Ce budget est meilleur que celui présenté initialement par le gouvernement », affirme le chef du gouvernement. Une déclaration qui sonne comme un aveu de faiblesse, alors que le texte a été profondément amendé sous la pression des oppositions. Lecornu insiste sur un compromis qui aurait permis de « rassembler autour de priorités claires ».
« La France doit avoir un budget. Avant la fin du mois de janvier. Je m'y étais engagé. »
Des promesses sociales sous conditions
Le Premier ministre met en avant des mesures censées protéger les plus fragiles, comme la revalorisation des prestations sociales. Il assure que le budget permettra « que le travail paie davantage », une promesse récurrente dans les discours gouvernementaux. Les bourses étudiantes et les moyens des universités seraient également maintenus, mais les observateurs soulignent que ces engagements restent bien en deçà des attentes des syndicats et des associations.
Un budget sous le signe de l'austérité
Malgré les déclarations rassurantes, le texte prévoit des économies structurelles dans les ministères, à l'exception des régaliens et des Outre-mer. Les collectivités territoriales devront participer à l'effort, une mesure qui pourrait alimenter les tensions avec les élus locaux. Lecornu assure qu'il n'y aura « aucune augmentation d'impôts », mais les oppositions dénoncent une fiscalité déraisonnable qui pèse déjà sur les ménages.
Un gouvernement en sursis
Alors que les motions de censure se multiplient, le gouvernement joue sa survie sur ce budget. Les critiques viennent de tous bords : la gauche dénonce un texte insuffisant, tandis que la droite et l'extrême droite y voient une capitulation. Dans ce contexte, le 49.3 apparaît comme un aveu d'impuissance, alors que le président Emmanuel Macron avait promis une gouvernance apaisée.
Un budget « pour les Français » ?
Lecornu martèle que ce projet doit devenir « le budget des Françaises et des Français ». Une affirmation qui sonne creux pour beaucoup, alors que les inégalités sociales continuent de se creuser. Les promesses de transition écologique et de soutien à la jeunesse sont accueillies avec scepticisme, dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions.