Un budget sous haute tension
Jeudi 8 janvier 2026, l'Assemblée nationale reprend l'examen du budget 2026, après un premier échec retentissant. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a laissé entendre que le gouvernement pourrait recourir au 49.3 pour faire passer le texte, malgré les réticences de la gauche.
La menace du 49.3 plane
Interrogée sur RTL, Montchalin a déclaré :
"La méthode d’adoption du budget, ça dépend du gouvernement. Il y a des méthodes autres que le vote, si le vote n’est pas possible."Une déclaration qui a immédiatement suscité des réactions vives de l'opposition.
Le gouvernement souhaite ramener le déficit sous la barre des 5 % en 2026, contre 5,4 % en 2025. Mais les divisions politiques rendent le consensus improbable. La commission mixte paritaire avait déjà échoué en décembre, bloquant l'adoption du budget avant la fin de l'année.
Un budget gelé, des mesures agricoles en suspens
En l'absence d'accord, le gouvernement a dû recourir à une loi spéciale pour assurer la continuité budgétaire, reconduisant les impôts de 2025. Cette situation a notamment mis en suspens l'augmentation des crédits de défense et certaines mesures agricoles, alors que le secteur agricole traverse une crise profonde.
Les débats en commission, qui s'ouvrent jeudi, s'annoncent houleux, avec plus de 2 000 amendements déposés. Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR), propose une réduction des dépenses de 6,2 milliards d'euros, une mesure rejetée par le PS, qui réclame au contraire une hausse de 9 milliards.
La gauche refuse de cautionner le texte
Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a estimé dans Libération qu'il était "temps de sortir de cette séquence budgétaire", mais a exclu de voter pour le texte actuel. "Le gouvernement devra donner des motifs de ne pas être censuré", a-t-il prévenu.
De son côté, le PCF et les Écologistes ont annoncé qu'ils voteraient contre, rejoignant ainsi LFI et le RN. Seuls les socialistes et les indépendants de LIOT pourraient sauver le texte, mais le PS refuse toute compromission. La voie des ordonnances, évoquée à Bercy, semble également compromise.
Un climat politique explosif
Alors que la France traverse une crise des finances publiques, ce budget 2026 cristallise les tensions politiques. Le gouvernement Lecornu II, affaibli par les divisions, pourrait être contraint à une manœuvre autoritaire pour faire passer son texte, au risque d'aggraver la défiance des Français.
Dans ce contexte, les manifestations agricoles et les critiques sur les dépenses militaires non augmentées ajoutent une pression supplémentaire. La gauche accuse le gouvernement de privilégier les intérêts des marchés financiers au détriment des citoyens.