Chili : l'ombre de Pinochet plane sur l'investiture de Kast, entre héritage nazi et violences d'État

Par Mathieu Robin 10/03/2026 à 19:05
Chili : l'ombre de Pinochet plane sur l'investiture de Kast, entre héritage nazi et violences d'État

José Antonio Kast, futur président chilien, assume son admiration pour Pinochet mais tait l'héritage nazi de son père et les violences de son clan en 1973.

Un héritage controversé au cœur du pouvoir

Alors que le Chili s'apprête à investir José Antonio Kast comme nouveau président, les questions sur son passé familial et ses liens avec les fantômes de la dictature pinochetiste refont surface. Admirateur affiché du régime militaire, Kast reste discret sur le parcours de son père, ancien soldat de la Wehrmacht, et sur le rôle joué par sa famille durant les exactions commises dans leur fief de Plaine lors du coup d'État de 1973.

Un passé familial encombrant

Les archives historiques révèlent que Miguel Kast, père du futur président, a servi dans les rangs de l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien que les détails de son engagement restent flous, cette affiliation soulève des interrogations sur les valeurs transmises au sein de la famille Kast. « L'histoire ne doit pas être occultée, surtout quand elle influence les choix politiques d'un dirigeant », souligne un historien chilien.

Plaine, un symbole des violences d'État

La commune de Plaine, fief familial des Kast, a été le théâtre de violences systématiques après le coup d'État de 1973. Des témoignages recueillis par des ONG locales décrivent des disparitions forcées et des tortures orchestrées par des milices pro-Pinochet.

« La famille Kast a fermé les yeux sur ces crimes, voire les a soutenus »,
affirme un survivant, aujourd'hui militant des droits de l'homme.

Un président aux positions clivantes

José Antonio Kast, figure de l'extrême droite chilienne, a toujours assumé son admiration pour Augusto Pinochet. Son programme politique, marqué par un autoritarisme assumé et une répression des opposants, inquiète les observateurs internationaux. « Son élection est un recul démocratique pour le Chili », estime un diplomate européen en poste à Santiago.

Réactions internationales et enjeux régionaux

En France, où le gouvernement Lecornu II suit de près l'évolution politique en Amérique latine, on exprime des réserves face à l'arrivée au pouvoir de Kast. « La démocratie chilienne mérite mieux qu'un héritier des dictatures », a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay. Du côté des pays progressistes, comme le Brésil ou le Canada, les critiques sont vives, tandis que la Hongrie et la Russie, traditionnellement complaisantes envers les régimes autoritaires, saluent son élection.

Un héritage qui pèse sur l'avenir

Alors que Kast s'apprête à prêter serment, les Chiliens restent divisés. Pour ses partisans, il incarne la stabilité et la lutte contre le chaos. Pour ses détracteurs, il représente un danger pour les libertés. « L'histoire jugera, mais le peuple chilien doit rester vigilant », conclut un éditorialiste local.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (8)

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QuantumLeap61

il y a 5 jours

Encore un qui veut réécrire l'histoire. Kast = Pinochet 2.0, mais en moins charismatique. Le Chili mérite mieux, mais bon, les électeurs sont ce qu'ils sont. Bref.

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Gavroche

il y a 5 jours

Mdr les Chiliens votent pour un type qui kiffe Pinochet... Genre c'est quoi le problème ??? Ils ont oublié les disparus ??? Ptdr

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N

NightReader93

il y a 5 jours

@gavroche Ou alors ils pensent que Kast va les sauver de la crise. Mais bon, après tout, la mémoire est sélective. Vous avez des sources sur les violences de son clan en 73 ?

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S

Solstice

il y a 5 jours

Kast est le produit d'une droite latino qui n'a jamais vraiment fait son deuil de la dictature. En France, on a eu des nostalgiques de Vichy, mais au moins ils étaient dans l'opposition. Là, c'est le président élu...

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Tirésias

il y a 5 jours

Bon... Kast assume Pinochet, mais pas le nazisme de son père. La cohérence, c'est pas son truc. En même temps, en politique, qui l'est vraiment ?

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Malo du 40

il y a 5 jours

@tiresias La cohérence, c'est pas son truc, mais c'est surtout un problème de mémoire historique. On a vu ce que ça donne quand on minimise les crimes de dictature...

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evercurious47

il y a 5 jours

Nooooon sérieux ??? Un président qui admire Pinochet ??? Mais c'est quoi ce délire ??? Le Chili va finir en mode dictature 2.0 !!!

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F

Fragment

il y a 5 jours

L'histoire se répète... Kast incarne cette tendance inquiétante des droites latino-américaines à réhabiliter les dictatures. En France, on a connu ça avec Le Pen père, mais au moins il n'avait pas d'héritage nazi dans sa famille. Le Chili devrait se méfier.

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