Colombie : le nouveau président fait couler le sang dès son premier week-end

Par Apophénie 10/08/2026 à 09:27
Colombie : le nouveau président fait couler le sang dès son premier week-end

Colombie : six membres de groupes armés tués en 48h par le nouveau président pro-Trump. Escalade répressive contre les FARC et les cartels, mais craintes de dérives autoritaires et de violences collatérales.

Un virage autoritaire en Colombie : six morts en 48 heures

Dès son investiture vendredi, le président colombien Abelardo de la Espriella a envoyé un signal fort à ses détracteurs : la répression sera sans pitié. Deux jours plus tard, six membres de groupes armés gisaient déjà au sol, abattus lors d’opérations militaires ciblées. Une démonstration de force qui inquiète les défenseurs des droits humains et relance le débat sur la stratégie sécuritaire en Amérique latine.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, le chef d’État a revendiqué ces exécutions, précisant que quatre rebelles, dont un « deuxième commandant » d’une dissidence des FARC, avaient été tués dans la jungle amazonienne du Meta. Deux autres membres du Clan del Golfo, le cartel le plus redouté du pays, ont également péri dans des affrontements dans le département d’Antioquia. « Ils n’ont nulle part où se cacher », a-t-il lancé, confirmant sa volonté de détruire toute opposition armée par la force.

Ces opérations surviennent alors que la Colombie traverse une crise sécuritaire sans précédent depuis des décennies. Les vagues de violence, exacerbées par le narcotrafic et les divisions internes des guérillas, ont poussé le nouveau président à tourner définitivement le dos aux négociations de paix engagées par son prédécesseur, Gustavo Petro, figure de la gauche latino-américaine.

Un gouvernement aligné sur Washington, au mépris des droits humains

Élève appliqué de l’administration Trump, Abelardo de la Espriella a fait du « narcoterrorisme » sa priorité absolue. Dès son discours d’investiture, il a exclu toute possibilité de dialogue avec les groupes armés, qualifiant leur action de « menace existentielle » pour la Colombie. Ses méthodes s’inspirent ouvertement des recettes répressives en vigueur au Salvador – où des mégaprisons ont été érigées pour écraser les gangs – et prévoient un renforcement des frappes aériennes, avec le soutien logistique des États-Unis et d’Israël.

« Ce n’est pas une guerre contre des idéologies, mais une croisade contre le crime organisé. Ceux qui choisissent la violence paieront le prix fort. »
— Abelardo de la Espriella, président de la Colombie

Pourtant, les premières 48 heures de son mandat ont été marquées par des violences collatérales. Samedi, un drone chargé d’explosifs a frappé un poste de police dans le nord du pays, faisant un mort parmi les forces de l’ordre. Une attaque revendiquée par un groupe dissident des FARC, qui a immédiatement servi de prétexte à une escalade répressive. Les ONG locales dénoncent déjà des opérations menées sans discernement, risquant de nourrir un cycle de représailles interminable.

L’Europe observe avec inquiétude : entre fermeté et craintes humanitaires

La communauté internationale suit avec attention l’évolution de la situation. Si certains gouvernements européens saluent « l’engagement contre le crime organisé », d’autres s’alarment des risques de dérives autoritaires. La France, en pleine crise politique interne, a choisi une position prudente, tandis que des organisations comme Amnesty International appellent à la retenue.

L’Union européenne, déjà fragilisée par les tensions avec les États-Unis sur la question migratoire, craint que cette stratégie ne dégrade davantage la stabilité régionale. « La Colombie est un partenaire clé pour l’Europe en Amérique latine, mais la répression aveugle ne peut être une solution durable », a réagi un haut responsable de la Commission européenne, sous couvert d’anonymat.

Les observateurs notent par ailleurs que l’alliance entre Bogotá et Washington s’inscrit dans un alignement géopolitique dangereux. Depuis son arrivée au pouvoir, Abelardo de la Espriella a multiplié les gestes en direction de l’administration américaine, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’extrader des militants de gauche vers les États-Unis sous des prétextes fallacieux. Une posture qui rappelle les heures les plus sombres de la guerre froide en Amérique centrale.

Un héritage empoisonné pour l’Amérique latine

Le revirement politique opéré par Abelardo de la Espriella marque un tournant dans l’histoire récente de la Colombie. En rompant avec la politique de paix de Gustavo Petro, il enterre définitivement les espoirs de réconciliation nationale et rouvre la porte à une guerre sans fin. Les analystes s’interrogent : cette stratégie, calquée sur le modèle salvadorien, peut-elle fonctionner sans plonger le pays dans un bain de sang ?

Alors que les premières bombes pleuvaient sur les camps rebelles, des voix s’élèvent pour rappeler que la Colombie a déjà payé le prix fort de la guerre. Dans les années 1990, les escadrons de la mort et les paramilitaires avaient semé la terreur, avant que les négociations de paix ne permettent une accalmie relative. Aujourd’hui, avec un président déterminé à écraser l’ennemi sans négociation, le spectre de la violence généralisée plane à nouveau sur le pays.

Les prochaines semaines seront cruciales. Entre répression méthodique et résistance armée, la Colombie semble condamnée à revivre les erreurs du passé. Et si l’Europe détourne les yeux, les États-Unis, eux, observent – et comptent bien en tirer profit.


Contexte : la Colombie à l’heure des choix

Depuis l’échec des accords de paix de 2016 avec les FARC, la Colombie n’a cessé de s’enfoncer dans un conflit larvé. Les dissidences armées, les cartels et les groupes paramilitaires se disputent le contrôle des territoires, tandis que l’État peine à imposer son autorité. Dans ce contexte, le discours de Abelardo de la Espriella séduit une partie de la population, lasse de l’insécurité chronique.

Pourtant, les chiffres rappellent l’ampleur du défi : selon l’ONG Indepaz, plus de 140 dirigeants sociaux ont été assassinés en 2025, et les déplacements forcés ont atteint des niveaux records. « La violence n’est pas une solution, elle est un cercle vicieux », souligne un chercheur colombien de l’Université nationale.

Face à cette situation, l’Europe pourrait jouer un rôle modérateur. Mais avec un président colombien aligné sur les positions les plus dures de Washington, et des partenaires européens divisés, la marge de manœuvre semble étroite. La question est désormais : combien de morts faudra-t-il encore pour que la Colombie trouve une issue ?

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (4)

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Enlightenment

il y a 12 minutes

Mouais. Un président qui fait couler le sang dès son premier week-end... Original. Après, en politique, la violence c’est comme le ketchup : ça se dose. Ni trop, ni trop peu. Là, il a mis trois fois la dose. Dommage.

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Nolwenn de Nivernais

il y a 2 heures

Ce qui m’inquiète le plus, c’est la rapidité de cette escalade. En 2016, les accords de paix avec les FARC avaient réduit les violences de 50% en un an. Là, on revient à la case départ en quelques jours. Les ONG parlent déjà de risques de guerre civile régionale. On est bien partis...

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Tmèse

il y a 1 heure

@nolwenn-de-nivernais Tu exagères un peu non ? Les FARC c’est une milice qui a tué 200 000 personnes en 60 ans, dont des enfants. Si ce type veut les buter, je vois pas où est le problème. C’est pas comme si y’avait des victimes collatérales innocentes dans leurs rangs...

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Avocat du diable 2023

il y a 3 heures

Six morts en 48h et on en fait tout un foin ? En Colombie, c'est comme ça que ça se passe depuis 50 ans, mais bon, cette fois c'est 'fasciste' parce que c'est un pro-Trump. Et nous on fait quoi ? On regarde TF1 en mangeant nos chips.

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