COP17 : La France pousse pour un sursaut mondial sur la biodiversité, mais l'inaction des puissants menace la planète

Par Aporie 22/10/2026 à 09:06
COP17 : La France pousse pour un sursaut mondial sur la biodiversité, mais l'inaction des puissants menace la planète

COP17 : La France tente d’impulser un sursaut mondial sur la biodiversité, mais les 200 milliards annuels nécessaires manquent cruellement. Entre promesses et inaction des puissants, l’humanité joue sa survie.

Un sommet sous tension : entre espoirs et réalités alarmantes

Alors que la COP17 sur la biodiversité, réunie depuis plusieurs jours à Erevan en Arménie, tente de dessiner les contours d’un avenir plus durable, les mots de Barbara Pompili, ambassadrice française déléguée à l’environnement, résonnent comme un cri d’alarme. Face à l’urgence climatique et à l’effondrement accéléré des écosystèmes, la France, portée par une diplomatie environnementale ambitieuse, se positionne en première ligne pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Mais derrière les discours volontaristes, les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’humanité joue désormais une partie à somme nulle avec la nature.

Pourtant, malgré l’ampleur des enjeux, cette COP17 reste dans l’ombre de sa célèbre cousine, la COP Climat. Moins médiatisée, moins glamour, mais tout aussi cruciale, elle cristallise pourtant les espoirs d’un monde enfin prêt à agir. « Certains pays qui n’étaient pas là sont désormais présents, car ils réalisent que ce qui s’y joue a des conséquences directes chez eux, y compris d’un point de vue économique », souligne Pompili. Une prise de conscience tardive, mais nécessaire, alors que les rapports scientifiques s’accumulent pour alerter sur l’imminence d’un effondrement sans précédent.

Le bilan mitigé de l’accord de Montréal : des promesses en suspens

Il y a quatre ans, à Montréal, un accord historique avait été signé sous les applaudissements : l’objectif « 30x30 », visant à protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030. Un engagement fort, salué comme une avancée majeure. Pourtant, aujourd’hui, le bilan est contrasté. Si plus de 190 pays ont engagé des travaux d’évaluation et mis en place des outils législatifs, les résultats concrets peinent à se matérialiser. « Il y a le verre à moitié plein, le verre à moitié vide », admet l’ambassadrice française, avant d’ajouter : « Mais ce que je vois, c’est un vrai engagement. »

Un engagement réel, mais insuffisant. Car malgré les 20 milliards de dollars annuels débloqués par les pays développés pour la protection de la biodiversité, les besoins réels sont estimés à 200 milliards. Un écart abyssal, qui révèle l’hypocrisie d’une communauté internationale prête à dépenser des milliards pour des guerres ou des subventions climaticides, mais réticente à financer la survie même de l’humanité.

La France en première ligne, mais face à un mur de résistance

Paris, sous l’impulsion d’un gouvernement déterminé à faire de l’écologie une priorité, mise sur une stratégie globale : attirer les investissements privés, « sources précieuses de financements », tout en appelant à une « planification écologique cohérente ». Une approche saluée par les observateurs, mais qui se heurte à des réalités politiques et économiques bien plus complexes. « Vous ne pouvez pas, d’un côté, protéger une forêt et, de l’autre, autoriser l’exploitation minière dans des conditions désastreuses », martèle Pompili. Un constat qui vise directement les lobbies industriels et les gouvernements complaisants, notamment ceux des États-Unis, de la Chine ou de la Russie, dont les politiques environnementales oscillent entre déclarations creuses et actions destructrices.

La France, elle, mise sur l’Union européenne pour porter ce combat. Avec des partenaires comme l’Islande, la Norvège ou le Canada, elle forme un bloc déterminé à faire pression sur les grandes puissances réticentes. Mais dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les nationalismes économiques, chaque avancée se heurte à des résistances farouches. Les subventions néfastes à la biodiversité, estimées à 500 milliards de dollars par an, restent un frein majeur. Qui osera les supprimer ?

« Il faut aussi réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an les subventions néfastes à la biodiversité », insiste Pompili. Une phrase qui résume à elle seule l’ampleur du défi : comment concilier croissance économique, justice sociale et préservation du vivant ?

L’urgence d’un sursaut collectif face à l’inaction des puissants

Alors que la planète subit une sixième extinction de masse, accélérée par l’activité humaine, les COP sur la biodiversité ne peuvent plus être des shows diplomatiques où l’on se congratule sans agir. La COP17 doit être un tournant. Mais pour cela, il faudrait que les grandes puissances – les États-Unis, la Chine, l’Inde – acceptent enfin de mettre fin à leurs politiques extractivistes et à leur soutien aux industries les plus polluantes.

L’Europe, elle, tente de montrer l’exemple. Avec des mécanismes comme le Green Deal, elle mise sur une transition écologique ambitieuse, malgré les critiques des souverainistes et des libéraux. Mais face à l’inaction de Washington, Pékin ou Moscou, chaque pas en avant devient un combat. La France, à travers sa diplomatie environnementale, joue un rôle clé dans cette bataille. Mais sans une mobilisation massive des citoyens et une pression sans relâche sur les décideurs, les engagements resteront lettre morte.

Dans les couloirs de la COP17, l’ambiance est à la fois tendue et déterminée. Les délégations s’affrontent sur des formulations, des chiffres, des calendriers. Les ONG, elles, multiplient les rapports accablants. Le temps presse. Et si la COP17 échoue, ce ne sera pas seulement un échec diplomatique – ce sera l’échec de l’humanité tout entière.

Que reste-t-il à sauver ?

Barbara Pompili évoque la nécessité de « sauver ce qu’il y a à sauver ». Une formulation qui en dit long sur l’état d’urgence. Car si certains écosystèmes peuvent encore être sauvés, d’autres sont déjà condamnés. Les récifs coralliens, les forêts primaires, les espèces menacées… Chaque année de retard aggrave la situation. Pourtant, malgré l’ampleur du désastre, des lueurs d’espoir subsistent. Des initiatives locales émergent, portées par des communautés autochtones ou des collectifs citoyens. Des juridictions comme celle de l’Union européenne ou du Brésil (malgré les pressions de Bolsonaro) montrent que des politiques ambitieuses sont possibles.

Mais ces avancées, aussi louables soient-elles, restent marginales face à l’inaction des géants économiques. La COP17 doit donc être bien plus qu’un sommet : ce doit être un moment de rupture. Un moment où les États accepteront enfin de sacrifier une partie de leur souveraineté au profit d’un bien commun. Un moment où les citoyens exigeront des comptes à leurs dirigeants. Sinon, les générations futures ne nous pardonneront pas.

La biodiversité, parent pauvre des priorités internationales

Pourquoi une COP sur la biodiversité passe-t-elle toujours après une COP Climat ? La réponse est simple : parce que les enjeux économiques priment sur la survie même de l’humanité. Les marchés financiers, les lobbies industriels et les gouvernements complaisants ont fait de la nature une variable d’ajustement, un coût à réduire plutôt qu’un patrimoine à préserver.

Pourtant, les chiffres sont accablants : plus de 60 % des écosystèmes mondiaux sont dégradés, selon l’IPBES. Un million d’espèces sont menacées d’extinction. Et pourtant, les dirigeants continuent de tergiverser, préférant les discours creux aux actes concrets. La COP17 doit être le début de la fin de cette hypocrisie.

La France, avec son statut de puissance moyenne mais influente, a un rôle à jouer. Elle peut servir de catalyseur, en poussant pour des mécanismes de financement innovants, en conditionnant ses partenariats économiques à des critères écologiques stricts, et en mobilisant l’opinion publique. Mais cela ne suffira pas sans une volonté politique forte au niveau international.

Dans les années à venir, le sort de la biodiversité se jouera autant dans les salles de négociation que dans les urnes. Car les citoyens, de plus en plus sensibles à ces questions, exigeront des dirigeants qu’ils agissent enfin. La COP17 doit marquer le début de cette prise de conscience collective. Sinon, l’humanité paiera le prix fort.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (2)

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P

Postulat

il y a 17 minutes

Comme d’hab. On signe des trucs à la COP, on se congratule, et trois mois après plus personne en parle. La biodiversité ? Connais pas. Déjà que l’accord de Paris... mouais.

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D

DigitalAge

il y a 50 minutes

Nooooon mais sérieux ??? On est en train de crever et les puissants font semblant de s’en soucier ??? C’est PATHÉTIQUE !!! ... Les générations futures vont nous haïr pour ça... jsp pk on se bat pas plus tt d’suite...

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