Crédit immobilier bloqué pour le RN : le RN dénonce un « deux poids, deux mesures » des banques françaises

Par Renaissance 09/05/2026 à 14:09
Crédit immobilier bloqué pour le RN : le RN dénonce un « deux poids, deux mesures » des banques françaises

Le RN dénonce des « difficultés majeures » pour obtenir un prêt bancaire destiné à financer sa campagne présidentielle de 2027. Une situation qui révèle les obstacles financiers et politiques opposés à l’extrême droite en France.

Crédit immobilier bloqué pour le RN : le RN dénonce un « deux poids, deux mesures » des banques françaises

Un eurodéputé du Rassemblement national, Matthieu Valet, a révélé samedi 9 mai 2026, lors d’un entretien avec France Info, que son parti rencontrait des difficultés majeures pour obtenir un prêt bancaire destiné à financer sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Une situation qui illustre, selon lui, une discrimination systémique à l’encontre de l’extrême droite dans l’accès au crédit.

Un financement de campagne en péril malgré des garanties solides

Matthieu Valet a insisté sur le fait que le RN disposait de garanties financières solides, rappelant que Marine Le Pen avait atteint le second tour des présidentielles en 2017 et 2022, avec des scores dépassant les 35 %. « On a la volonté de démarcher encore des banques pour obtenir ce prêt de dix millions et demi d’euros, c’est pour les Français, ce n’est pas pour nous », a-t-il déclaré. Pourtant, malgré ces atouts, les établissements financiers français, traditionnellement liés à des réseaux politiques ou économiques spécifiques, ferment leurs portes aux candidats du RN.

Cette situation rappelle les déclarations de Daniel Baal, président du Crédit Mutuel, qui avait récemment proposé que l’État garantisse ou avance les fonds pour lever les réticences des banques. Une mesure que le RN pourrait solliciter, mais qui soulève des questions sur l’ingérence politique dans le secteur bancaire.

Un contexte politique sous haute tension

L’interview de Matthieu Valet s’est déroulée dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par des tensions croissantes avec l’Algérie et une gestion controversée des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF). Le député européen a critiqué la politique d’Emmanuel Macron, qu’il accuse de soumission aux régimes autoritaires, notamment en Afrique du Nord.

« Emmanuel Macron met un genou à terre devant l’Algérie, alors qu’on n’a rien obtenu », a-t-il lancé, évoquant le cas du journaliste Christophe Glaze, incarcéré arbitrairement depuis un an. Valet a également pointé du doigt les accords franco-algériens de 1968 et 1986, qu’il juge déséquilibrés et nuisibles à la souveraineté française.

L’OQTF : un outil de politique migratoire sous-utilisé

Sur le front de l’immigration, Matthieu Valet a défendu une ligne dure, dénonçant l’inefficacité des politiques menées jusqu’ici. Il a rappelé que sur 21 000 OQTF délivrées à des Algériens en 2024, seules une centaine avaient été exécutées. « Avec Bruno Retailleau, il n’y avait aucun retour d’OQTF. Monsieur Retailleau a voulu nous copier, mais il ne nous a pas égalés », a-t-il souligné, sous-entendant que la droite traditionnelle manquait de fermeté.

Valet a salué l’adoption récente par l’Union européenne d’un nouveau règlement migratoire, permettant notamment de garder jusqu’à deux ans en centre de rétention les étrangers dangereux et d’organiser des « hubs de retour » vers des pays tiers sûrs. Une mesure qu’il attribue indirectement à l’influence de Jordan Bardella, président du groupe RN au Parlement européen, et à François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains.

Une enquête du Parquet européen contre le RN : propagande ou justice ?

La polémique autour du financement du RN a été relancée par une enquête du Parquet européen, ouverte après une plainte de l’association AC!! Anti-Corruption. Cette dernière accuse le parti d’avoir détourné des fonds européens pour financer des formations médiatiques destinées à Jordan Bardella pendant la campagne présidentielle de 2022. Une accusation que le RN balaie d’un revers de main, dénonçant une campagne de désinformation orchestrée par des militants anti-RN.

« Ce sont des menteurs. La mitraillette à fake news, il faut arrêter. Ces prestations ont été validées par les services du Parlement européen et interrompues avant la campagne de 2022 », a réagi Matthieu Valet.

Le RN dénonce également une instrumentalisation politique de la justice, évoquant une « cellule anti-RN » au sein des médias et une complicité entre l’exécutif et certains parquets pour affaiblir le parti avant 2027. Une stratégie qui, selon Valet, vise à verrouiller le système administratif et à empêcher toute alternance politique.

Un parti prêt à en découdre, mais conscient des obstacles

Malgré les difficultés financières et les pressions judiciaires, le Rassemblement national assure être serein et déterminé. Matthieu Valet a rappelé que le parti disposait d’une solide base militante, avec de nombreux élus locaux et parlementaires. « Nous ne construisons pas notre campagne par rapport aux autres candidats. Si la droite pique nos idées, c’est qu’elles portent », a-t-il affirmé, soulignant que Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient su convaincre sur les thèmes de la sécurité, du pouvoir d’achat et de la lutte contre l’immigration.

Florent Philippot, figure de la droite souverainiste, a récemment annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Une décision que le RN juge sans conséquence, rappelant qu’il dispose déjà d’un réseau électoral structuré et d’une base militante bien plus large. « Personne ne nous fait peur. Le seul objectif, c’est de se soumettre au suffrage du peuple français », a conclu Valet.

Un système bancaire et politique à deux vitesses

La question du financement de la campagne du RN met en lumière une inégalité structurelle dans l’accès au crédit pour les partis politiques. Alors que les grands partis traditionnels bénéficient d’un soutien tacite ou explicite des banques et des institutions, l’extrême droite se heurte à un mur invisible, alimentant les suspicions de collusion entre le pouvoir économique et les élites politiques.

Cette situation interroge sur la démocratie française et son fonctionnement. Faut-il craindre une marginalisation croissante des forces politiques non alignées sur le système ? Ou bien cette exclusion est-elle le signe d’un système en crise, où les mécanismes de financement échappent au contrôle citoyen ?

Alors que la présidentielle de 2027 se profile à l’horizon, le RN devra non seulement convaincre les électeurs, mais aussi démonter les barrières financières qui lui sont opposées. Une bataille qui pourrait bien déterminer l’avenir de la démocratie française.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (5)

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B

Ben_440

il y a 6 jours

En comparant avec d'autres pays : en Allemagne, l'AfD a aussi eu des difficultés à se financer via les banques privées après 2017, mais pas pour les mêmes raisons. Ici, c'est clairement politique. Les banques françaises ont peur des délocalisations de capitaux si le RN arrive au pouvoir ? Ou c'est juste la peur de la contagion électorale ? L'histoire nous dira si c'est du bluff ou pas.

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W

WaveMaker

il y a 6 jours

Les banques bloquent les prêts au RN ? 'Coupable' d'être l'extrême droite. Mais pour LFI ou le PS, rien. Deux poids deux mesures.

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G

GrayMatter

il y a 6 jours

Comme d'hab. Depuis 20 ans, les partis 'dangereux' ont toujours eu du mal à se financer. Rien de nouveau sous le soleil...

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E

Entropie

il y a 6 jours

@graymatter C'est pas tout à fait la même chose. Le PS et LFI ont des soutiens traditionnels (syndicats, associations). Le RN, c'est une machine à scandales depuis 40 ans...

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E

Etchecopar

il y a 6 jours

nooooon mais sérieux ??? les banques sont complice des élites ou quoi ??? on dirait un scénario de film... ptdr mdrr 😤🔥

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