Fabien Roussel enflamme la crise sociale : « Mobilisations monstres » et plan choc contre Lecornu II

Par Aporie 03/11/2026 à 14:01
Fabien Roussel enflamme la crise sociale : « Mobilisations monstres » et plan choc contre Lecornu II

Fabien Roussel, candidat PCF à 2027, appelle à des « mobilisations monstres » contre Lecornu II et propose nationaliser TotalEnergies, augmenter les pensions de 15 % et bloquer les prix des carburants. La gauche divisée face à une crise sociale historique.

Fabien Roussel radicalise son offensive contre Lecornu II : « On ne gouverne pas contre le peuple indéfiniment »

Alors que le gouvernement Lecornu II vacille sous le poids d’une impopularité record et d’une crise sociale aux dimensions historiques, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF) et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, a durci son discours ce mardi 3 novembre sur franceinfo. Dans une séquence politique où la colère populaire ne cesse de monter, le leader communiste a transformé son appel en une déclaration de guerre économique et sociale, exigeant des « mobilisations monstres » pour faire plier un exécutif sourd aux revendications des classes populaires. « Tant que le gouvernement n’entend pas ce cri de souffrance, de douleur, de colère des retraités, des salariés, des travailleurs et même des chefs d’entreprise, il faudra continuer la mobilisation », a-t-il lancé avec une fermeté qui tranche dans le paysage politique actuel.

Face à une inflation persistante et à un pouvoir d’achat laminé, Roussel dénonce une politique gouvernementale réduite à des « miettes », incapable de répondre à l’ampleur de la crise. Ses propositions, désormais assorties d’un calendrier de mobilisation serré, visent à transformer la colère en force politique avant 2027. « La rue est en train de remplacer les urnes », martèle-t-il, rappelant que les gouvernements successifs ont « mis des années à comprendre que le peuple n’était pas dupe ». Une analyse partagée par le philosophe Tristan Garcia, qui estime que « les lycéens et étudiants n’ont pas l’espoir d’être entendus par le pouvoir », dans un contexte où les blocages de lycées se multiplient à l’approche de la rentrée post-vacances.

« Une manifestation, ça doit se voir. » — Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT

Éducation en lambeaux : une génération sacrifiée sur l’autel de l’austérité

Fabien Roussel a réservé une attention particulière aux lycéens et étudiants, dont les mobilisations, parties de la mi-septembre, s’intensifient depuis le retour des vacances. Pour le candidat communiste, ces mouvements ne sont pas un phénomène passager, mais le symptôme d’une jeunesse « privée d’espoir ». « Les jeunes souffrent de ces années de politique extrêmement dure », dénonce-t-il, citant des lycéens expliquant pourquoi ils bloquent toujours leur établissement au retour des vacances. « Ce que le gouvernement a mis sur la table, ce sont des miettes », insiste-t-il, avant de plaider pour un plan d’urgence éducatif financé par l’État, avec des moyens accrus pour les établissements scolaires. « Il faut mettre de l’argent dans le panier de l’Éducation nationale », exige-t-il, alors que les dernières projections de l’INSEE confirment une dégradation alarmante des conditions de vie pour les ménages modestes. Selon lui, ces blocages sont le signe d’une « génération en colère » qui refuse de se contenter de promesses creuses.

Interrogé sur l’essoufflement possible de ces mouvements après les vacances, Roussel rétorque que la colère sociale ne se démentira pas tant que les revendications ne seront pas entendues. « On ne gouverne pas contre le peuple indéfiniment », rappelle-t-il, reprenant une formule devenue leitmotiv de son discours. Une analyse que partage Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, pour qui « les mobilisations doivent être visibles » et s’inscrire dans la durée. Les dernières déclarations de lycéens, recueillies par franceinfo, révèlent une détermination intacte : « On bloque parce qu’on n’a plus rien à perdre. »

Carburants et pouvoir d’achat : l’État « impuissant » face à la flambée des prix

Sur le front économique, Fabien Roussel s’attaque frontalement à la hausse des prix de l’énergie, pointant du doigt l’inefficacité criante des mesures gouvernementales. Il juge insuffisant le déstockage de dix millions de barils de gazole sur trois mois, estimant que cela ne représente qu’un « plein d’essence passé de 100 à 90 euros », un montant « toujours hors de prix » pour les ménages modestes. « L’État se montre impuissant », assène-t-il, avant d’appeler à une baisse immédiate de la TVA sur les carburants, le gaz et l’électricité. Les prix des carburants, après une légère baisse, restent en effet inaccessibles pour une partie de la population, comme le confirment les dernières données disponibles : en moyenne, un plein coûte désormais 92 euros, un niveau jugé intolérable par les associations de consommateurs.

Le candidat communiste va plus loin en proposant la nationalisation de TotalEnergies, accusant son PDG, Patrick Pouyanné, de « se faire les poches sur le dos des Français ». Une mesure phare de son programme économique, qui s’inscrit dans une logique de redistribution des richesses. « Nous sommes le deuxième pays au monde à distribuer le plus de dividendes après les États-Unis. Où est passé cet argent ? Dans les poches des actionnaires, pas dans les salaires », rappelle-t-il, citant des chiffres qui illustrent l’écart croissant entre profits des entreprises et pouvoir d’achat des salariés. Cette proposition s’inscrit dans un contexte où la colère contre les grands groupes énergétiques ne cesse de grandir, comme en témoignent les cyberattaques récentes contre les frigos des supermarchés en Europe, attribuées à des militants écologistes.

Retraités et salariés : un plan choc pour sauver les pensions et les salaires

Face à la colère des retraités, dont le pouvoir d’achat s’érode depuis des années, Fabien Roussel propose une augmentation immédiate des pensions, à négocier dans le cadre d’une conférence sociale élargie. « Il faut se saisir des débats budgétaires pour augmenter les pensions », martèle-t-il, tout en exigeant une hausse générale des salaires, avec un Smic revalorisé de 15 %. « On ne peut pas continuer à faire porter le chapeau aux travailleurs pendant que les grandes fortunes prospèrent », dénonce-t-il, s’appuyant sur les dernières projections de l’INSEE montrant une dégradation alarmante des conditions de vie pour les ménages modestes. Ces propositions s’accompagnent d’une critique acerbe de la politique économique du gouvernement, qu’il accuse de « gérer la crise par l’austérité » plutôt que par la justice sociale. « Les retraités et les salariés méritent mieux que des miettes budgétaires », insiste-t-il.

« Le jour où l’Élysée comprendra que l’on ne peut pas gouverner contre le peuple indéfiniment, peut-être sera-t-il trop tard. » — Fabien Roussel

Scénarios pour 2027 : Roussel refuse toute idée de désistement, la gauche en quête de leadership

Alors que certains élus de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, appellent à l’union pour barrer la route à l’extrême droite, Fabien Roussel récuse toute idée de désistement. « J’irai jusqu’au bout », déclare-t-il, insistant sur le fait que sa candidature reflète la diversité de la gauche et permet de « convaincre ceux qui doutent ». Avec des intentions de vote estimées entre 2 % et 3 %, le candidat communiste mise sur une dynamique de terrain pour peser dans le débat. « Je souhaite que la gauche, par sa diversité, puisse aller convaincre ceux qui cherchent une alternative », explique-t-il, tout en excluant toute alliance avec le Rassemblement National.

Cette position ne fait pas l’unanimité à gauche, où certains craignent que la radicalité de Roussel ne contribue à fragmenter encore davantage le camp progressiste. Pourtant, dans un paysage politique fragmenté, où la gauche peine à se reconstruire entre divisions internes et ascension de l’extrême droite, Roussel incarne une voix claire pour les classes populaires. « La rue est en train de remplacer les urnes », répète-t-il, soulignant que les mobilisations actuelles pourraient redessiner les rapports de force politiques avant 2027. Une analyse que certains commentateurs politiques résument par une question : 2027 : la rue est-elle en train de remplacer les urnes ?

Réactions et perspectives : une gauche en quête de leadership face à la montée des tensions

L’appel de Fabien Roussel à des « mobilisations monstres » a suscité des réactions contrastées. Si certains lui reconnaissent le mérite d’incarner une voix claire pour les classes populaires, d’autres lui reprochent un discours « trop radical » ou « irresponsable » en temps de crise économique. « Roussel a le mérite de parler aux oubliés, mais son discours ne propose pas de solutions concrètes pour sortir de la crise », analyse une économiste proche du PS, rappelant que les propositions communistes peinent à convaincre au-delà de leur base militante.

Pourtant, force est de constater que le candidat PCF capte une partie de l’attention médiatique dans un paysage politique français où la gauche peine à se reconstruire. Entre les divisions internes, l’ascension de l’extrême droite et l’essoufflement du macronisme, les forces progressistes cherchent désespérément un leader capable de fédérer. Fabien Roussel en fait-il partie ? La réponse pourrait venir des rues… ou des urnes. Dans ce contexte explosif, les prochaines semaines s’annoncent déterminantes, entre mobilisations sociales qui s’amplifient et débats budgétaires qui s’annoncent houleux.

« Les lycéens et étudiants n’ont pas l’espoir d’être entendus par le pouvoir. » — Tristan Garcia, philosophe

Contexte : un gouvernement Lecornu II en survie face à une colère populaire sans précédent

Dans ce climat de défiance généralisée, le gouvernement Lecornu II, en place depuis moins d’un an, tente tant bien que mal de maintenir la cohésion nationale. Pourtant, les indicateurs économiques sont au rouge : inflation persistante, pouvoir d’achat en berne, et une jeunesse de plus en plus désenchantée. Les dernières projections de l’INSEE confirment une dégradation alarmante des conditions de vie pour les ménages les plus modestes, tandis que les grandes fortunes continuent de prospérer. Selon les dernières estimations, 78 % des Français estiment que leur situation économique s’est dégradée en 2026, un chiffre record.

Face à cette situation, les appels à la démission du Premier ministre se multiplient, y compris au sein de la majorité présidentielle. Certains commentateurs n’hésitent plus à évoquer un « gouvernement en survie », dont les marges de manœuvre s’amenuisent chaque jour. « On ne peut pas gouverner contre le peuple indéfiniment », rappelle Fabien Roussel, avant de conclure : « Le jour où l’Élysée comprendra ça, peut-être sera-t-il trop tard. »

Alors que les mouvements sociaux s’intensifient et que les blocages de lycées reprennent à l’approche de la rentrée, la France semble plus que jamais à un tournant. Entre les mobilisations qui s’amplifient et les débats budgétaires qui s’annoncent houleux, le pays pourrait bien écrire une nouvelle page de son histoire politique dans les semaines à venir.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (13)

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H

HGW_304

il y a 5 minutes

franchement... Roussel il parle bien, mais après ? En 2022 il était déjà là à gueuler contre les 49.3... et aujourd'hui on a toujours les mêmes problèmes. À quoi bon voter ?

0
G

Gavroche

il y a 13 minutes

nooooon mais vous avez vu les prix des courses ??? à 50 ans t'es encore en train de nourrir tes parents ET tes gosses et t'as 1200€ de retraite... C'EST QUOI CETTE VIE DE MERDE ???

0
L

Léo-79

il y a 28 minutes

La colère sociale ? Elle est justifiée. La solution ? Des élections. Mais bon, avec des candidats comme Roussel qui promettent des trucs irréalistes, on va où ?

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M

Megève

il y a 44 minutes

Comment vous expliquez que les bloqueurs de lycées soient toujours les mêmes qui hurlent contre l'État quand il faut payer les impôts ? Double discours quand tu nous tiens.

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E

Eva13

il y a 1 heure

Si on compare avec l'Allemagne, où les syndicats ont obtenu une hausse des salaires de 10% dans l'industrie l'an dernier, la France fait pâle figure. Le gouvernement français a peur des conflits sociaux, contrairement à ce qu'on pourrait croire.

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R

Reporter citoyen

il y a 1 heure

@eva13 Tu as raison, mais en Allemagne ils ont aussi une culture du compromis différente. En France, dès qu'on parle de taxation des superprofits, les patrons sortent le gros mot : 'risque de fuite des entreprises'. Pourtant, en 2022, les 100 plus grosses boîtes ont versé 0€ d'impôt sur les sociétés. Alors ?

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T

tregastel

il y a 1 heure

Bon... encore une fois on va parler des mêmes sujets pendant 3 mois et à la fin y'aura que des promesses oubliées. Quelqu'un a déjà vu un ministre qui payait son essence 2€ le litre ?

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F

FreeThinker

il y a 2 heures

ptdr... "le gouvernement écrase les travailleurs"... ben écoutez le gouvernement : le smic est à 1766€, l'inflation est à 5%, et les factures d'électricité explosent. Il a raison sur le fond, mais avec quel plan ???

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J

julien-sorel-3

il y a 1 heure

@freethinker Le problème c'est pas le plan, c'est que même avec un Smic à 2200€, si t'as 3 gosses et un loyer à 1200€ en région parisienne, tu crèves toujours. Faut aussi des HLM et des crèches gratuites. Après, je suis d'accord sur le fond : le gouvernement nous méprise.

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C

Claude54

il y a 2 heures

2200€ ? Et après, il va nous proposer de manger des macarons ? La France est un pays riche, mais visiblement y'a plus personne pour compter l'argent.

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H

Hugo83

il y a 2 heures

Ce que Roussel dit sur la taxation des superprofits, c'est exactement ce que je pense depuis que Total a annoncé 20 milliards de bénéfices l'an dernier. Après, faut pas croire que ça changera grand chose hein, mais bon...

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E

EdgeWalker3

il y a 2 heures

Encore un qui tape sur le gouvernement... comme d'hab. La prochaine fois, il proposera de nationaliser les boulangeries, ça fera tilt chez les Gilets jaunes.

4
I

Ironiste patenté 2022

il y a 3 heures

mdr !!! Roussel il joue les héros mais même son parti il est à 2%... sérieuux ??? On va tous mourir en espérant un smic à 2200€... ouiiii

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