Une révolution symbolique en marche
Rue Simone-Veil, square Rosa-Parks, école Simone-de-Beauvoir... Les noms de femmes s'affichent désormais sur les plaques des nouvelles voies françaises. Une tendance qui s'impose dans les villes dirigées par la gauche, tandis que les municipalités de droite traînent des pieds.
Paris, pionnière d'une lutte inachevée
C'est en 2001, sous la mairie socialiste de Bertrand Delanoë, que Paris a pris l'initiative de féminiser l'espace public. Une démarche saluée par les associations féministes, mais qui reste insuffisante face à l'héritage patriarcal des noms de rues.
« Il encourageait les élus d'arrondissement à faire des propositions pour féminiser les noms des rues et des équipements publics »
Un bilan contrasté
Si certaines villes comme Lyon ou Marseille ont suivi le mouvement, d'autres, souvent dirigées par la droite, peinent à s'y mettre. Les Décodeurs révèlent que seulement 3% des voies françaises portent le nom d'une femme, un chiffre qui cache de fortes disparités territoriales.
La gauche en première ligne
Les municipalités dirigées par la gauche, souvent soutenues par des mouvements féministes locaux, multiplient les initiatives. À Clichy-sous-Bois, la piscine Rosa-Parks symbolise cette volonté de rendre visibles les figures féminines trop souvent oubliées.
Des actions militantes pour accélérer le changement
Face à la lenteur des institutions, des collectifs recourent à des actions symboliques, comme le recouvrement des plaques de rues par des noms de femmes. Une stratégie qui a permis de faire bouger les lignes, notamment après l'enquête choc de Soroptimist en 2014.
Un enjeu démocratique et européen
Cette féminisation des espaces publics s'inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des droits des femmes. La France, souvent critiquée pour son retard en matière d'égalité, tente de se rattraper. Une avancée qui pourrait inspirer d'autres pays européens, à l'heure où la droite radicale tente de freiner ces progrès.
Alors que le gouvernement Lecornu II multiplie les déclarations sur la modernisation de la société, la question de la parité dans l'espace public reste un marqueur fort des divisions politiques françaises.