Un bouclier pour les hauts fonctionnaires, une provocation pour l'opposition
Alors que la France traverse une crise des finances publiques sans précédent, le gouvernement Macron-Lecornu II s'apprête à renforcer la protection des hauts fonctionnaires mis en cause devant la Cour des comptes. Une mesure qui suscite l'indignation à droite, où l'on dénonce une impunité organisée au sommet de l'État.
Une réforme controversée
La ministre de l'action et des comptes publics, Amélie de Montchalin, a confirmé en décembre dernier sa volonté de mieux protéger les décideurs publics. Une réponse qui intervient après les critiques virulentes des sénateurs LR, notamment Mathieu Darnaud, qui avait alerté sur les dérives du nouveau régime de responsabilité financière.
Instauré en 2023, ce régime vise à sanctionner plus sévèrement les manquements des gestionnaires publics. Pourtant, la réforme a été perçue comme une menace par une partie de la fonction publique, qui craignait des poursuites abusives. Le gouvernement tente aujourd'hui de rassurer en limitant les poursuites aux fautes les plus graves et en exigeant un préjudice financier significatif.
La droite accuse : « Un privilège de plus pour l'élite administrative »
Pour l'opposition de droite, cette mesure est une provocation. « On protège les amis du pouvoir pendant que les Français subissent les conséquences de la mauvaise gestion », dénonce un élu LR sous couvert d'anonymat. Marine Le Pen a quant à elle évoqué un scandale démocratique, accusant le gouvernement de favoritisme.
Du côté de la majorité, on se défend en rappelant que cette réforme vise à moderniser la gestion publique. « Il est normal de protéger les fonctionnaires qui agissent dans l'intérêt général », argue un proche du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Un débat qui s'inscrit dans un contexte explosif
Cette polémique intervient alors que la France est en pleine crise de la démocratie locale, avec des collectivités territoriales en grande difficulté financière. Les critiques portent aussi sur le manque de transparence dans la gestion des finances publiques, un sujet sensible depuis les révélations sur les dépenses opaques de certains ministères.
Alors que l'exécutif tente de rassurer, l'opposition promet de monter au créneau lors des prochaines sessions parlementaires. La question de la responsabilité financière des gestionnaires publics pourrait bien devenir un enjeu majeur de la campagne pour 2027.