L'Europe mobilisée face aux menaces américaines
Alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et l'Union européenne s'intensifient, Emmanuel Macron a brandi dimanche 18 janvier l'arme de l'outil anti-coercition, un mécanisme de dissuasion adopté en 2023 pour contrer les pressions économiques extérieures.
Un outil inédit pour protéger les 27
Cet instrument, jamais utilisé jusqu'à présent, permet de riposter contre les restrictions commerciales imposées à l'un des membres de l'UE. Les représailles envisagées incluent le gel des marchés publics, le blocage des investissements et des restrictions d'accès aux services.
"C'est un outil parfaitement adapté à la situation actuelle. Il faut ne pas hésiter à l'utiliser si nécessaire." — Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale
Un signal fort envoyé à Washington
La menace de surtaxes douanières de Donald Trump, couplée à ses ambitions territoriales sur le Groenland, a provoqué une réaction unanime en Europe. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a souligné l'importance de défendre les intérêts stratégiques européens, tandis que des manifestations ont éclaté à Nuuk, la capitale groenlandaise, sous le slogan "Nous ne sommes pas à vendre".
L'UE en première ligne
L'adoption de cet outil nécessiterait l'approbation de 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population européenne. Une majorité qui, selon les experts, pourrait être atteinte rapidement face à l'urgence de la situation.
"Si on ne l'utilise pas aujourd'hui, pourquoi l'avoir voté ?" s'interroge Sébastien Jean, professeur au Conservatoire national des Arts et des Métiers. Une question qui résonne alors que l'accord commercial avec les États-Unis, conclu l'été dernier, n'a toujours pas été ratifié.
Un enjeu géopolitique majeur
Au-delà des questions économiques, c'est la souveraineté européenne qui est en jeu. Le Groenland, territoire autonome danois, suscite depuis des années les convoitises des grandes puissances, notamment des États-Unis, attirés par ses ressources naturelles et sa position stratégique en Arctique.
Face à cette menace, l'Union européenne, sous l'impulsion de la France, se positionne comme le dernier rempart contre les dérives protectionnistes de l'administration Trump.