Un procès qui interroge les fractures sociales et politiques
Alors que la France s’enfonce dans une crise de la démocratie locale et que les tensions sociales persistent, le procès des émeutes de novembre 2021 en Guadeloupe s’ouvre ce lundi 26 janvier 2026 devant le tribunal de Fort-de-France. Treize personnes, dont un policier accusé de complicité, sont jugées pour « association de malfaiteurs ». Ce procès, qualifié de « procès des grands frères », symbolise les dysfonctionnements d’une République qui peine à entendre les voix des territoires ultramarins.
Des émeutes nées d’une crise sanitaire et sociale
En novembre 2021, la Guadeloupe était le théâtre d’une contestation violente contre l’obligation vaccinale des soignants, dans un contexte de contamination massive au Covid-19. Le conflit syndical, mené par l’UGTG, un syndicat indépendantiste, avait dégénéré en émeutes, avec des barricades et des incendies sur des axes stratégiques. Les images de ces journées chaotiques avaient fait le tour des réseaux sociaux, révélant l’ampleur des frustrations accumulées.
Un procès sous haute tension politique
Alors que le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, tente de rassurer sur la crise de la sécurité en France, ce procès interroge sur la gestion des crises sociales par l’État. La présence d’un policier parmi les prévenus soulève des questions sur les liens entre forces de l’ordre et mouvements contestataires.
« Ce procès n’est pas qu’un simple jugement, c’est un miroir tendu à la République sur ses échecs en matière d’intégration et de dialogue social »,estime un observateur politique.
Des accusés aux profils divers, une société fracturée
Parmi les treize prévenus, on trouve des rappeurs, des médiateurs de rue et des hommes présentés comme des « membres de gangs ». Cette diversité reflète les fractures sociales d’une société où les jeunes, souvent marginalisés, se tournent vers des formes de résistance radicales. Le procès pourrait bien devenir un symbole des luttes pour la reconnaissance des DOM-TOM dans le débat national.
Un verdict attendu dans un contexte politique explosif
Alors que la stratégie des partis pour 2027 s’intensifie, ce procès intervient dans un climat de polarisation politique. La gauche, qui soutient les revendications sociales, pourrait en faire un argument contre la droite et l’extrême droite, accusées de négliger les territoires ultramarins. Les regards seront tournés vers Fort-de-France pour un verdict qui pourrait marquer un tournant dans les relations entre l’État et les Outre-mer.