Une nouvelle ère de conflits : le désordre comme arme stratégique
Dans un entretien accordé ce vendredi 13 mars, le professeur émérite Bertrand Badie alerte sur une mutation profonde des conflits modernes. Selon lui, les guerres contemporaines ne visent plus la victoire traditionnelle, mais la création d'un désordre globalisé dont les coûts économiques et politiques finissent par forcer un arrêt des hostilités.
L'Iran et sa stratégie de chaotisation
La mort d'un soldat français dans la région d'Erbil, en Irak, s'inscrit dans cette logique. L'Iran, acteur clé de cette région, utilise désormais des tactiques de guerre asymétrique pour déstabiliser ses adversaires. "On ne gagne plus en mettant de l'ordre, mais en créant du désordre", explique Badie, pointant du doigt une rupture avec les principes clausewitziens.
Les conséquences économiques : un enjeu majeur pour la France
Le professeur met en garde contre les répercussions économiques de ces conflits, particulièrement sensibles dans un contexte de tensions autour du pétrole. "Le jeu circulaire autour des ressources énergétiques coûte très cher aux États-Unis et à l'économie mondiale", souligne-t-il, évoquant indirectement les pressions sur le gouvernement français.
La France face à un dilemme stratégique
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu doit composer avec un contexte international tendu, la question de l'engagement militaire français se pose avec acuité. La stratégie du désordre adoptée par l'Iran et ses alliés complique toute réponse militaire conventionnelle, poussant les démocraties à repenser leur approche sécuritaire.
Un avertissement pour l'Europe
Badie rappelle que cette nouvelle forme de guerre n'épargne aucun acteur, y compris les puissances occidentales. "Dans un monde globalisé, le désordre finit par se retourner contre tous", conclut-il, appelant à une coopération européenne renforcée pour faire face à ces défis.